Dans une enquête, plusieurs employés ont dénoncé les conditions de travail imposés chez Epic Games. Certains affirment travailler jusqu'à 100 heures par semaine sur Fortnite.

Fortnite est indéniablement un des plus grands succès de l’industrie du jeu vidéo de ces dernières années. Une réussite qui aurait malheureusement un coût, comme le révèle une enquête publiée par Polygon. Le média a réalisé une douzaine d’interviews auprès d’employés (anonymes) d’Epic Games qui décrivent des conditions de travail très difficiles. « Je travaille 70 heures par semaine en moyenne », explique l’un d’eux. « Il doit y avoir 50 à 100 autres personnes chez Epic qui travaillent autant. J’en connais qui atteignent 100 heures par semaine. »

L’univers coloré de Fortnite ne reflète apparemment pas la vie des employés d’Epic Games // Source : Epic Games

Dans l’industrie du jeu vidéo, ces horaires de travail ne sont pas rares, surtout pendant le « crunch ». Ce terme désigne une période (généralement le bouclage d’un jeu) durant laquelle le travail est très intense. Dans le cas de Fortnite cependant, le développement n’est jamais terminé puisque des nouveautés sont constamment ajoutées au Battle Royale, ce qui en fait une des raisons de son succès. Les conditions de travail difficiles sont liées à ce statut de jeu améliorable à l’infini, selon un employé : « Le problème, c’est qu’on développe des patchs tout le temps. Les chefs veulent que Fortnite reste populaire le plus longtemps possible, surtout avec l’arrivée de nouveaux concurrents. »

Un travail officieusement obligatoire

Epic Games affirme que « les situations extrêmes, comme les 100 heures de travail par semaine, sont très rares » et que le studio « cherche à éviter qu’elles se reproduisent. » En théorie, les employés ne sont en effet pas obligés de faire des heures supplémentaires. S’ils décident d’en faire, un « très bon système de bonus » est mis en place, selon certains salariés. Dans les faits, travailler au-delà des horaires classiques serait en réalité une obligation officieuse.

Un développeur d’Epic Games face à sa semaine de travail // Source : YouTube/GhostNinja

La masse de travail imposée par Epic Games ne permettrait pas aux employés de prendre les jours de pause auxquels ils ont droit. C’est ce que souligne un des témoignages :  « Je connais des gens qui ont refusé de travailler le weekend. On a loupé une deadline parce que leur travail n’était pas fini et ils ont été renvoyés. » En prenant un jour de pause, les développeurs n’auraient donc pas le temps d’atteindre les objectifs fixés par le studio. Si les employés veulent éviter d’être licenciés et de faire prendre du retard au projet, le crunch est obligatoire (sans être imposé officiellement).

On notera, toujours selon Polygon, que certaines personnes affirment n’avoir « jamais expérimenté de crunch chez Epic. » Le travail intensif ne serait donc pas nécessaire dans toutes les divisions d’Epic Games, mais concernerait tout de même une bonne partie du studio.

Plus d’employés et plus de travail

Au vu des différents témoignages, les employés d’Epic Games semblent débordés par le travail nécessaire pour garder Fortnite sous le feu des projecteurs. Epic Games a donc « triplé le nombre de personne travaillant sur le battle royale Fortnite depuis sa sortie. » L’arrivée massive de nouvelles mains n’a cependant pas résolu le problème, puisque certains employés continuent de vivre le « crunch » au quotidien.

Cela peut s’expliquer par l’ampleur prise par le jeu. En devenant de plus en plus populaire, Fortnite a demandé de plus en plus de nouveautés pour continuer à intéresser les joueurs et joueuses. Des patchs plus complets ont dû être créés et les équipes d’Epic Games n’ont donc pas vu leur charge de travail être allégée.

Récemment, le « crunch » intensif nécessaire pour finir Anthem a aussi été mis en avant. // Source : Electronic Arts

Le problème du « crunch » a souvent été abordé ces derniers mois, que ce soit avec Red Dead Redemption 2 ou Anthem. Contacté par nos soin, le studio n’a pas encore fait de commentaire concernant les révélations de Polygon.

À lire sur Numerama : «  100 heures de travail par semaine  »  : pourquoi la petite phrase de Rockstar Games ne passe plus

Crédit photo de la une : Epic Games

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