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Quand la participation à une attraction vous oblige à céder vos droits photographiques

La nouvelle compilation hebdomadaire des dérives de la propriété intellectuelle est là, toujours préparée par Lionel Maurel et Thomas Fourmeux, spécialistes de la question du copyright.

Cette semaine, le Copyright Madness revient sur DC Comics en lutte avec le club de foot de Valence pour une histoire de chauve-souris, des vidéastes obligés de chanter faux dans leurs vidéos pour échapper aux strikes et un petit malin qui a accumulé 666 brevets sur la blockchain ! Bonne lecture et à la semaine prochaine !

Copyright Madness

Cacophonie. L'application de playback Tik Tok a beaucoup de succès, ce qui a donné l'idée à des vidéastes de reprendre des séquences pour en faire des commentaires humoristiques. Mais ce n'est pas si simple, car le robot de YouTube détecte les musiques qui passent en fond et bloque les vidéos. Du coup, certains usagers ont trouvé une parade originale : ils interprètent eux-mêmes les morceaux, mais en chantant le plus faux possible. Et ça suffit visiblement pour duper ContentID... On en arrive donc à l'absurdité où pour arriver à diffuser une musique, il faut la massacrer. On n'arrête pas le progrès...

https://www.numerama.com/pop-culture/472473-pour-eviter-les-strikes-lies-au-droit-dauteur-des-youtubeurs-ont-trouve-une-technique-imparable.html

Chapardage. La ville de New York vient d'inaugurer une nouvelle attraction artistique géante, intitulée The Vessel. Il s'agit d'une création architecturale prenant la forme d'escaliers et de passerelles s'élevant sur plusieurs étages. Pour visiter ce monument, il faut prendre un ticket indiquant que l'on accepte automatiquement des conditions renvoyant à un document de plusieurs pages. Parmi ces clauses, on en trouve une qui prévoit que tous les droits sur les photos que les personnes pourront prendre au cours de la visite seront automatiquement transférés à une compagnie qui se réserve la possibilité d'en faire un usage commercial. Les apparences sont trompeuses, car ce monument est en réalité... un aspirateur à copyright !

https://www.youtube.com/watch?v=Gy4Sg6cWGgc

Trademark Madness

Dark Knight. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il existe un rapport entre la ville de Valence en Espagne et Gotham City. Valence a en effet pour symbole historique la chauve-souris, qui figure sur ses armoiries. C'est ce qui a poussé le club de foot de Valence à enregistrer comme marque un nouveau logo représentant cet animal. Problème : les juristes de DC Comics, qui détient les droits sur le personnage de Batman, y voient un risque de confusion pour le public. Ils estiment que le logo ressemble trop au fameux Bat-signal employé par le super héros. Le club de Valence fait remarquer de son côté que ses joueurs portent l'emblème de la chauve-souris depuis sa création en 1919, alors que le personnage de Batman n'a été créé qu'en 1939 ! Tant qu'à faire, DC Comics devrait aussi attaquer tous les fabricants de cartes à jouer qui impriment des jokers !

Onomatopée. Les stars nous ont habitués à des dépôts de marques assez loufoques. Taylor Swift s'est déjà distinguée par exemple en protégeant des phrases, puis de simples mots tirés de ses chansons. Mais la rappeuse Cardi B a décidé de repousser les limites un peu plus loin encore. Elle a en effet effectué une demande de dépôt de marque sur « okurrr », qui n'est même pas un mot, mais un son bizarre -- proche d'un roucoulement -- devenu l'une des signatures de la star. Prudente, elle a déposé « okurrr » avec trois "r", mais aussi avec deux seulement pour anticiper les contrefaçons. On attend à présent avec impatience qu'une de ces divas dépose un jour le son d'un éternuement !

Patent Madness

Satanique. La création du Bitcoin, qui repose sur le concept de blockchain (chaîne de blocs), reste auréolée de mystère, l'identité de Satoshi Nakamoto -- la personne supposément à l'origine de la monnaie électronique - n'ayant jamais été révélée. Mais cela n'a pas empêché certaines personnes d'affirmer qu'elles étaient à l'origine de cette invention, comme l'Américain Craig Wright. À la tête de la société Nchain, ce petit malin dépose depuis des brevets à la pelle autour de la blockchain, de manière à essayer de contrôler un maximum des applications de cette technologie. Cette semaine, Craig Wright a fièrement publié un communiqué annonçant qu'il venait d'atteindre le chiffre de 666 brevets déposés. 666, le chiffre de la bête ! On ne sait pas si cela suffira à invoquer Satan en personne, mais il est possible que Wright soit déjà possédé par le démon de la cupidité...

Le Copyright Madness vous est offert par :

Lionel Maurel

Thomas Fourmeux

Merci à celles et ceux qui nous aident à réaliser cette chronique, publiée sous licence Creative Commons Zéro, notamment en nous signalant des cas de dérives sur Twitter avec le hashtag #CopyrightMadness !