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#CopyrightMadness : sosie de Johnny Hallyday, péril sur le domaine public au Canada...

Chaque week-end, c'est la compilation de l'actualité de la propriété intellectuelle et de ses dérives, concoctée par Lionel Maurel et Thomas Fourmeux, spécialistes de la question du copyright.

Cette semaine, le Copyright Madness revient sur le domaine public au Canada qui va être amputé de 20 ans, un sosie de Johnny Hallyday qui pourrait finir par avoir des soucis ou encore Cadbury qui essaie encore désespérément de s'approprier une nuance de violet. Bonne lecture et à la semaine prochaine !

Copyright Madness

Sans voix ! La propriété intellectuelle, c'est comme les poupées russes, quand ouvre la boîte, il y en a plusieurs autres à l'intérieur . C'est ce que nous montre l'anniversaire de la mort de Johnny Hallyday. L'article révèle qu'un sosie de la voix du rockeur a été repéré dans un télé-crochet. À la lecture du papier, on apprend qu'il n'y a pas de cadre particulier concernant l'activité de sosie. On aurait pu penser que le sosie de voix pourrait être accusé de contrefaçon ou de plagiat, mais il n'en est rien. La seule condition est que le sosie ne doit pas porter atteinte ni à l'image ni à la mémoire de Johnny.  L'article nous apprend au passage que Johnny Hallyday est devenu une marque. Par sécurité, le sosie ne se présente pas comme le sosie de Johnny Hallyday mais comme la voix de Johnny.  La propriété intellectuelle laisse sans voix et est souvent sans issue...

Boomerang. Cela fait des mois et des mois que les opposants à la réforme du droit d'auteur en Europe disent que c'est une très mauvaise idée d'imposer un filtrage automatique sur les plateformes, car cela fait très longtemps que de gros acteurs comme YouTube savent utiliser ces technologies (qu'ils ont même inventées !). La directive risque donc juste de renforcer la position dominante de ces acteurs en entravant le développement des entreprises européennes. Et bien, figurez-vous que c'est exactement la conclusion à laquelle arrivent des fédérations sportives et des entreprises audiovisuelles, qui ont adressé cette semaine un courrier aux autorités de l'Union pour exprimer leurs craintes. Si même des ayants droit le disent, peut-être serait-il temps d'écouter et de mettre fin à cette folie avant qu'il ne soit trop tard...

Amputation. La nouvelle année arrive à grands pas. Si c'est l'occasion de prendre des résolutions, c'est aussi l'occasion d'accueillir et de célébrer de nouveaux auteurs entrant dans le domaine public.  La durée des droits d'auteur varie en fonction des différentes législations nationales. Jusqu'à présent le Canada sortait un peu du lot, car il faisait partie des quelques pays qui ont une durée des droits patrimoniaux qui expirent 50 ans après la mort de l'auteur. Mais c'en est fini, la durée va passer à 70 ans, comme en Europe.  Les atteintes au domaine public se multiplient et l'accès et la circulation des savoirs en sont les premières victimes. Avec les maximalistes de la propriété intellectuelle, le domaine public est comme un corps gangrené dont on coupe des membres jusqu'à ce qu'il ne reste plus rien.

https://twitter.com/bibliomancienne/status/1068931364794368000

Trademark Madness

Effrayant. Sport et propriété intellectuelle font souvent des ravages. Quand ce n'est pas une histoire de tatouages, c'est souvent à cause d'une chorégraphie ou d'un geste de victoire. Cette semaine, c'est le basketteur Terry Rozier qui est impliqué dans une affaire pour violation de marque. Le joueur a été baptisé Scary Terry par les fans suite à une action de sa part qui a permis à son équipe d'arracher la victoire à quelques secondes de la fin du match. Face au buzz que ce nouveau surnom a suscité, il a publié une photo sur Instagram le mettant en scène avec un masque effrayant emprunté au film Scary Movie. De likes en likes et de partages en partages, la situation a dérapé et des goodies reprenant le nouveau surnom et un dessin du basketteur avec le masque ont été commercialisés. Ça a été le geste de trop. La société Fun World qui a élaboré le masque utilisé par le film d'horreur a attaqué pour violation de sa marque et tentative de dilution. En réagissant de cette façon, on s'interroge sur le nom de l'entreprise. Ça doit sûrement être du second degré...

Purple Rain. Cela fait maintenant des années que l'entreprise Cadbury cherche à protéger comme marque la nuance de violet qu'elle utilise pour les emballages de ses confiseries. Après de multiples décisions de justice, l'affaire est revenue devant un tribunal en Angleterre, qui a rendu une décision... toute en nuance justement ! Les juges ont estimé que la couleur pouvait être considérée comme une marque, mais uniquement si elle couvre bien l'intégralité de la surface du produit. Cadbury est en rage, car pour lui, cette fameuse couleur est si distinctive qu'il voudrait pouvoir en protéger la moindre gouttelette. Après Cinquante Nuances de Gris, voici cinquante nuances de violet, mais aucune nuance dans le délire, car on rappelle que le bon sens voudrait que l'usage des couleurs reste libre...

Patent Madness

Overkill. Aux États-Unis, le prix des médicaments devient un véritable problème de société, surtout avec un système de santé publique qui prend mal en charge le remboursement des traitements. Certains pointent du doigt la responsabilité des brevets déposés par les firmes pharmaceutiques. C'est le cas par exemple pour le Lantus Solostar, un médicament à base d'insuline utilisé dans le traitement du diabète. Un malade sur quatre n'arrive pas à s'en procurer pour des raisons financières, alors qu'il n'y a pas vraiment de substitut. Sanofi, le laboratoire qui l'a développé, empoche pas moins de 15 millions de dollars par jour grâce aux ventes. Pour protéger ce pactole, il a déposé pas moins de... 70 brevets différents, créant un véritable entrelacs de brevets rendant le sujet inapprochable par ses concurrents. Les brevets, c'est bon pour la santé, mais surtout pour celle des entreprises !

Copyright Wisdom

Partage. L'industrie du cinéma nous a souvent habitués à une guerre infernale et relativement inefficace contre le téléchargement illégal, ais cette stratégie ne fait pas toujours l'unanimité et des réalisateurs vont parfois à contre-courant. C'est le cas de Lee Gardner qui fait des films indépendants. ne bénéficiant pas de la machine marketing de l'industrie cinématographique pour faire la promotion de son dernier film, il a décidé de diffuser son film sur des réseaux BitTorrent juste avant la sortie officielle de son film. Il espère que le film circule en P2P et rencontre un public qui pourrait en devenir les VRP et inciter les amateurs de cinéma à aller le voir grâce au bouche-à-oreille. Ce choix est suffisamment rare pour être signalé. Il est aussi la preuve que les vilains pirates ont des pratiques cultures diverses et complémentaires. Ceux qui téléchargent des films dans le cadre d'échanges non marchands vont aussi au cinéma !

Le Copyright Madness vous est offert par :

Lionel Maurel

Thomas Fourmeux

Merci à tous ceux qui nous aident à réaliser cette chronique, publiée sous licence Creative Commons Zéro, notamment en nous signalant des cas de dérives sur Twitter avec le hashtag #CopyrightMadness !