En attendant le lancement très attendu de Red Dead Redemption 2, il est temps de s'offrir une piqûre de rappel de ce qu'était le premier opus.

Rejouer à des vieux jeux et vous partager nos émotions dans une ère bien éloignée de leur première sortie, parfois positives, parfois nostalgiques, parfois pleines de déception : voilà tout l’objectif de cette chronique.

Il paraît que Red Dead Redemption 2 sort en fin d’année — si tout va bien. Il paraît aussi que Red Dead Redemption, premier du nom, est jouable sur Xbox One (grâce à la rétrocompatibilité), sur PlayStation 4 (merci le PlayStation Now) et même sur PC, où il n’est pourtant jamais sorti (merci le PlayStation Now bis). Autant dire qu’il y a suffisamment de bonnes raisons de se (re)plonger dans le western sauce GTA de Rockstar Games, studio phare touché par la grâce de l’immunité.

À titre purement personnel, et pour être tout à fait franc, je découvre Red Dead Redemption dans le sens où je ne suis pas un grand fan des jeux de Rockstar et, qu’à l’époque de son lancement, mon expérience en sa compagnie aura duré à peine 20 minutes — le temps de pester sur les phases à cheval et d’abandonner sans jamais avoir le courage d’y revenir. Mais toujours est-il que le blockbuster revendique un score de 95 % sur Metacritic, soit un gage d’excellence certain. Est-ce toujours d’actualité huit ans après ? J’y ai rejoué globalement sans déplaisir — et avec un peu d’indulgence — sur Xbox One X.

La solitude du cow-boy

D’aucuns pourront aisément taxer Red Dead Redemption de GTA relooké avec les vêtements d’un cow-boy. Ils auront raison puisqu’on y retrouve finalement la même structure, en l’occurrence un vaste terrain de jeu avec des missions — principales comme annexes — à remplir et la possibilité de semer la zizanie (gare aux chasseurs de prime) ou de s’adonner à des mini-jeux multiples et variés (pour gagner de l’argent). Le constat est d’autant plus autorisé que Rockstar a tenu à appliquer un savoir-faire similaire au moment d’accoucher d’une histoire prenante et d’un casting fort en gueule. Prenons le héros Marston : un hors-la-loi qui doit faire le toutou pour le gouvernement s’il veut obtenir l’absolution et trouver la paix auprès de sa famille. Pour cela, il devra traquer ses anciens compagnons d’armes. Tout un programme.

Mais alors que Red Dead Redemption, successeur de Red Dead Revolver, repose sur un enjeu dramatique majeur pétri de séquences fortes, il n’oublie pas de dresser le portrait d’une époque dont on connaît les codes sur le bout des doigts. En résulte une ambiance brillante, immersive, savamment travaillée et ne trahissant rien, jusqu’à nous imprégner et encourager à se balader confortablement installé sur le dos d’un cheval — malgré la prise en main atroce rappelons-le. Volontairement contemplatif et bavard, RDR assoit sa volonté d’offrir une liberté à son héros et, par extension, au joueur. Grâce à laquelle on passerait volontiers son temps à admirer les décors désertiques, parfois vides, parfois animés, se découvrant sous nos yeux. Tel un vieux loup solitaire, l’épi de blé dans la bouche.

RDR assoit sa volonté d’offrir une liberté à son héros et, par extension, au joueur.

Ce sera toujours mieux que certains objectifs consistant à aider la veuve et l’orphelin au sein des villes traversées au moyen de tâches parfois simplistes pour un mercenaire (exemple : s’improviser en vrai cow-boy pour rentrer des vaches dans un enclos). Certes, ces missions de temps à autre ingrates et moins intéressantes accouchent d’une certaine richesse dans le gameplay et assurent la cohérence de l’ensemble. Un mal nécessaire.

Red Dead Redemption. Rockstar Games

Quelques soucis de gameplay

Cette ambition de retranscrire de la manière la plus réaliste possible un univers est bouleversée quand l’action reprend ses droits et qu’il faut sortir les armes pour affronter des ennemis (zéro pitié quand on parle de western, genre où tout le monde se méfie de tout le monde). Problème, quand il faut tirer, Red Dead Redemption affiche des limites qui en étaient déjà en 2010 — et qui en sont toujours dans GTA V, d’ailleurs. Simplistes et n’offrant que peu de défis, les gunfights deviennent très vite risibles. Sans sensation ni feeling des armes. Un sentiment qui s’accentue avec le pouvoir dead eye, lequel ralentit le temps et permet de vider son chargeur en ayant pris soin d’ajuster des cibles auparavant. Le système de couverture tente d’apporter un peu de piment mais rien n’y fait. Et pour mourir dans RDR, il faut vraiment le vouloir.

À l’instar des autres productions développées par Rockstar Games, Red Dead Redemption apparaît un chouïa surestimé dans le sens où ses immenses qualités indéniables parviennent à masquer des griefs de gameplay que l’on ne pardonnerait pas nécessairement à d’autres titres. En espérant que, huit ans plus tard, Red Dead Redemption 2 parvienne à nous les faire oublier. Au regard du savoir-faire du studio, on peut bel et bien y croire.

Sont également sortis en 2010 :

  • Darksiders  ;
  • Castlevania : Lords of Shadow  ;
  • Mass Effect 2  ;
  • BioShock 2  ;
  • God of War III  ;
  • Super Mario Galaxy 2. 

Red Dead Redemption est disponible sur PS3 et Xbox 360

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