Les quelques pays qui avaient résisté au déferlement Pokémon Go lors de la sortie du jeu en réalité augmentée il y a un an et demi sont aujourd’hui un peu moins nombreux à continuer à refuser l’arrivée du titre développé par le studio Niantic pour le compte de Nintendo et The Pokémon Company. En effet, après la Corée du Sud début 2017, la Chine est le second État réfractaire à revoir sa politique.

Telle est l’annonce que John Hanke, le directeur de Niantic, a faite au Financial Times le mardi 2 janvier 2018. C’est une étape déterminante pour Pokémon Go car l’Empire du Milieu est de très loin le premier marché de la téléphonie mobile dans le monde — rien d’étonnant avec une population qui avoisine les 1,3 milliard d’habitants. C’est un tremplin inespéré pour relancer un jeu qui a fini par s’essouffler.

Attrapez-les tous !

Un succès rapide mais temporaire

À sa sortie, mi-2016, Pokémon Go avait connu un succès hallucinant. Dans le monde entier, tout au long de l’été, des joueurs et des joueuses de tous les âges ont envahi de longues semaines les rues, les parcs et les autres espaces publics pour essayer de capturer un maximum de ces monstres virtuels. Le jeu a ainsi connu une popularité aussi fulgurante qu’imprévisible, en tout cas dans ces proportions.

Mais avec le temps, l’engouement a fini par s’estomper petit à petit. Si John Hanke jure qu’il existe toujours une communauté forte dans Pokémon Go, celle-ci a fondu comme neige au Soleil avec la lassitude mais aussi des saisons moins clémentes pour jouer dehors. Cependant, il reste toujours un noyau dur de fidèles qui continue de chasser ces créatures imaginaires.

La Chine succombera-t-elle à son tour ?

Un marché-clé

La Chine constitue donc une occasion formidable pour Niantic pour activer un nouveau levier de croissance. Le vivier de joueurs potentiels en Chine est vaste, très vaste, et les beaux jours vont revenir. Une sortie avant l’été — la date de lancement n’est pas encore connue — est certainement un objectif que vise Niantic et son partenaire chinois, NetEase, un éditeur de jeux vidéo de premier plan dans le pays.

Maintenant, il s’agit de voir si la Chine accueillera Pokémon Go avec la même ardeur que les autres pays. On peut se risquer à prophétiser un même schéma pour l’Empire du Milieu, avec une adoption foudroyante du jeu en réalité augmentée, sur quelques semaines, avant que la hype ne dégonfle progressivement, relancée parfois par des mises à jour majeures mais sans réussir à atteindre les mêmes sommets.

Mise à jour ajoutant la météo.

L’autorisation prochaine de Pokémon Go en Chine constitue un revirement, puisque au début de l’année 2017, l’administration avait mis en avant des arguments pour refuser le jeu dans le pays, incluant les risques d’accidents de la circulation (les joueurs font preuve d’inattention en jouant) et les craintes sur la confidentialité des données géographiques (le jeu utilise la géolocalisation).

Aujourd’hui, le jeu vidéo phénomène est disponible dans la majorité des pays du monde. Parmi ceux ne veulent toujours pas en entendre parler figurent l’Iran (qui a évoqué très tôt des risques d’espionnage menés secrètement par les États-Unis via le jeu), l’Arabie saoudite (pour des motifs religieux) et la Corée du Nord (le pays vit pratiquement coupé du monde).