Un journaliste a publié sur Twitter une blague sur Pôle Emploi. Il a reçu quelques semaines plus tard une convocation auprès de la police judiciaire, pour ce motif.

Le 23 janvier 2019, Olivier Cyran, journaliste, publie sur son compte Twitter une banale blague. Parodiant un article sur les formations au «  savoir-être » de Pôle Emploi, il écrit : « On aimerait mieux être formé au savoir-brûler son Pôle Emploi  ». Quelques semaines plus tard, il a appris qu’une enquête préliminaire avait été ouverte à cause de son tweet par le Parquet de Paris. Une procédure judiciaire est en cours.

Le tweet de la discorde. // Source : Capture d’écran Twitter / Olivier Cyran

Une blague « sans doute de qualité moyenne »

L’enquête a été ouverte pour le motif suivant : « Provocation publique à la commission des destructions, dégradations et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes », explique-t-il.

Lorsqu’il a appris la nouvelle, le journaliste est tombé de haut. Il ironise en expliquant que sa blague était « sans doute de qualité moyenne » et que « s’il y avait une loi punissant les vannes pas terribles », il pourrait comprendre qu’on le poursuive en justice.

Pôle Emploi
Pôle Emploi. // Source : Julien Faure

Selon lui, la  « vraie bonne blague » est d’avoir considéré son tweet comme une phrase sérieuse. Olivier Cyran explique qu’il souhaitait seulement tourner en ridicule certaines formations de Pôle Emploi et la  « prétention à inculquer du savoir-être » de l’organisme.

Il risque pourtant jusqu’à cinq ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende. Il nous explique par message privé avoir appris lors d’un entretien à la police judiciaire que c’est Pôle Emploi qui aurait déposé plainte. Pôle Emploi nie ceci. L’organisme dit à Numerama avoir seulement signalé le tweet au Parquet de Paris, qui s’est ensuite lui-même saisi et a décidé d’ouvrir une procédure.

Des blagues qui tournent mal

Au mois d’avril, 5 personnes avaient été convoquées au commissariat suite à un tweet parodiant des affiches de consignes de sécurité. Il avait été publié sur le compte de la Maison de la grève, une association politique rennaise.

Ces affiches font l’objet de nombreux détournements sur les réseaux sociaux, surtout depuis 2016. Celui de la Maison de la grève qui mettait en scène des Gilets jaunes attaquant dans l’une des vignettes des forces de l’ordre n’a pas été bien reçu. Plusieurs membres de l’association ont été convoqués pour «  provocations non suivies d’effet à s’en prendre à l’intégrité physique des personnes, aux vols, à la dégradation  », a rapporté le site militant Lundi.am.

La procédure serait toujours en cours, d’après un membre de la Maison de la grève. Par email, il nous a indiqué que les personnes qui avaient été convoquées n’avaient pas eu de nouvelles depuis leur audition, « ce qui semble suggérer un abandon des poursuites à leur encontre. » Ils ignorent qui est à l’origine de la procédure. Twitter n’a par ailleurs pas supprimé le tweet incriminé.

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