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Gilets jaunes, cyberharcèlement : la France est 32e du classement RSF sur la liberté de la presse

Le classement 2019 de Reporters Sans Frontières place la France à la 32e place dans le monde en matière de liberté de la presse. RSF pointe les difficultés des journalistes face aux trolls sur Internet, au mouvement des gilets jaunes et aux propos incendiaires de responsables politiques comme Jean-Luc Mélenchon.

Ce jeudi 18 avril, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) a dévoilé son classement mondial de la liberté de la presse pour 2019. Il montre que la France se trouve à la 32e place sur les 180 États qui ont été passés en revue. L'Hexagone a progressé d'un rang par rapport à 2018. C'est d'ailleurs le classement le plus élevé du pays depuis 2013 : auparavant, il se situait entre les 37e et 45e places.

Mais le classement de la  France est-il le résultat d'une amélioration des conditions des journalistes ou est-ce que parce que d'autres pays font pire et dégringolent à des rangs plus bas encore ? Selon un tableau dans lequel plus la note est élevée, plus la situation est dégradée, la France a un score de 22,55. Elle a pris +0,34 point par rapport à 2018 (22,21). En 2017, la note était de 22,24.

De façon générale, la France reste un pays dans lequel la liberté de la presse reste « plutôt bonne ». Attention néanmoins : avec un score de 22 points, elle s'approche du seuil à partir duquel un pays bascule dans une « situation problématique ». Les autres niveaux sont « bonne situation » (0 à 15 points), « situation difficile » (35,01 à 55 points) et « situation très grave » (55,01 à 100 points).

Bolloré, Mélenchon, gilets jaunes...

Pour cette année, Reporters Sans Frontières observe en France « une haine croissante contre les journalistes ». Outre les soucis habituels, qui vont des procédures judiciaires abusives, dites « procédures bâillons » (menacer un journaliste de procès onéreux pour le pousser à l'auto-censure), dont est familier le groupe Bolloré, aux propos irresponsables de certains dirigeants politiques, comme Jean-Luc Mélenchon, il y a aussi une hostilité venant de la population.

RSF évoque ainsi le mouvement des gilets jaunes, qui a entraîné « un niveau inédit de violences lors des manifestations [...], au point que nombre d’équipes de télévision n’osent plus afficher leur logo ni couvrir les manifestations sans être accompagnées de gardes du corps ». Des centres d'impression de journaux ont été bloqués, tandis que des journalistes ont été attaqués par des manifestants.

Une hostilité en ligne

Cette malveillance envers la presse se retrouve aussi en ligne. Toujours à propos de la France, RSF note que « les journalistes n’échappent pas au harcèlement en ligne et deviennent une cible privilégiée des trolls en tout genre dissimulés derrière leurs écrans et leurs pseudos ». Ce problème est particulièrement marqué pour les femmes.

RSF s'interroge aussi sur la loi dite « anti fake news ». Celle-ci a pour objectif louable de combattre la désinformation massive et délibérée en période électorale, mais elle a, parmi ses dispositions, « Certains mécanismes comme le référé judiciaire ont été largement critiqués car extrêmement difficiles à mettre en pratique, et le cas échéant contre-productifs. »

Le classement de RSF prend en compte la performance de chaque pays en matière de pluralisme médiatique, d'indépendance, d'environnement et d'autocensure, de cadre légal, de transparence et de qualité des infrastructures soutenant la production de l'information. Il implique en particulier le traitement des réponses à un questionnaire adressé à des professionnels des médias (journalistes, juristes, chercheurs…) sélectionnés par RSF, dans le monde entier.