La CNIL annonce la mise en demeure de Vectaury, une société spécialisée dans le ciblage publicitaire via les applications mobiles. Elle lui reproche de collecter des données sans recueillir correctement le consentement des utilisateurs.

Teemo, Fidzup, Singlespot… : les mises en demeure contre des sociétés opérant du ciblage publicitaire non consenti s’enchaînent. La dernière action en date enclenchée par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) est survenue le 9 novembre. Elle vise cette fois l’entreprise Vectaury.

Comme pour les précédentes affaires, c’est l’absence du recueil d’un consentement valide des personnes pour le traitement de leurs données de géolocalisation qui est en cause. Ce traitement est opéré à des fins de ciblage publicitaire par le biais des applications mobiles.

« Les vérifications de la CNIL ont permis de constater que le consentement n’est pas valablement recueilli », déclare l’autorité administrative. Elle exige de Vectaury qu’elle change ses procédures pour collecter correctement le feu vert des usagers et qu’elle efface les données collectées indûment.

Le ciblage publicitaire. Allégorie. // Source : Pixabay

Un outil utilisé par des applis populaires

Selon le suivi effectué par Exodus Privacy, un collectif spécialisé dans la confidentialité et l’évaluation des applications mobiles, la technologie développée par Vectaury figure dans des applications de premier plan, comme Skyrock, Télé Star, Météo France, Closer, VDM Officiel, Auto Plus, NRJ, Chérie FM, Nostalgie et Rire & Chansons.

La CNIL observe que la collecte des données, notamment de géolocalisation, « est activée par défaut », et que les informations données à l’utilisateur « n’expliquent pas que ses données seront utilisées […], ni qu’elles seront ensuite conservées en vue de la définition d’un profil commercial ».

Dans certains cas, ces traitements « présentent un risque particulier au regard de la vie privée », note la CNIL, puisqu’ils révèlent des déplacements des personnes et de leurs habitudes de vie. Ils sont opérés « sans que les personnes concernées n’en soient conscientes », ajoute-t-elle, les privant de l’exercice de leurs droits.

Trois mois pour se mettre en conformité

Dans ces conditions, il est nécessaire que Vectaury change le plus vite possible ses pratiques. La CNIL lui accorde trois mois pour rentrer dans le rang, sans risquer une amende administrative. Au-delà de ce délai, la Commission enclenchera une procédure de sanction.

Et la CNIL de lancer un avertissement : Vectaury ne sera certainement pas la dernière société dans le domaine publicitaire à être dans son collimateur. L’autorité entend en effet porter une « attention particulière aux différents intervenants de la chaine d’acteurs » de ce secteur.

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