Dans le cadre de l'Alliance solaire internationale, le président de la République a annoncé un engagement plus fort de la France en faveur de l'énergie solaire. Le pays triple le montant de sa contribution, pour atteindre un total d'un milliard d'euros

La France mobilisera d’importantes sommes d’argent pour favoriser l’accès des pays du Sud à l’énergie solaire. En effet, il a été annoncé lors du sommet inaugural de l’Alliance solaire internationale, qui s’est tenu le 11 mars à New Delhi, un engagement supplémentaire de 700 millions d’euros de la part de l’Hexagone. C’est Emmanuel Macron qui a fait cette annonce, alors qu’il achève sa visite d’État en Inde.

Avec cette somme, l’effort total de la France dans l’énergie solaire depuis la création de l’Alliance solaire internationale s’élève à un milliard d’euros. L’Hexagone avait déjà mobilisé 300 millions d’euros au moment de la création de cette Alliance. Ces sommes prendront la forme de dons ou de prêts, débloqués par l’Agence française de développement afin de financer des projets ciblés.

« Les pays qui ont le plus de potentiel solaire ont souvent le plus besoin d’énergie, mais ne représentent qu’une faible part de la production d’électricité. Avec ce sommet, nous rapprochons les capacités des besoins », observe le chef de l’État. Il ajoute : « Il n’est plus acceptable que les solutions de rupture technologiques ne soient accessibles qu’à quelques États. L’ASI doit permettre de sortir de ce dogme ».

Crédits : ASI

60 pays signataires

L’Alliance solaire internationale est née dans le cadre de la Conférence de Paris sur le climat, qui a eu lieu du 30 novembre au 12 décembre 2015. Portée conjointement par la France et l’Inde, l’initiative vise à regrouper les États situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne pour agir efficacement dans le domaine de l’énergie solaire. En tout, 121 pays sont concernés.

Aujourd’hui, l’accord-cadre a été signé par soixante pays et trente d’entre eux l’ont ratifié, ce qui lui permet d’entrer en vigueur. « Il y a sept mois, quand le Premier ministre Narendra Modi est venu à Paris, nous avons tout fait pour que le sommet de l’Asi, qui était un accord de principe, devienne une réalité. C’est aujourd’hui fait », s’est félicité le président de la République.

L’objectif affiché est de « donner accès à l’énergie solaire dans le monde ». Pour Paris et New Dehli, cela passe par un élargissement et un approfondissement de projets et de programmes concrets impliquant  l’Alliance, précise l’Élysée, en vue de mobiliser des financements abordables au service d’un déploiement massif de l’énergie solaire. Plus de 100 projets issus de 36 pays ont été recensés.

Outre l’enjeu du financement et la recherche de pistes innovantes en faveur de l’énergie solaire, il est aussi question d’une coopération technologie dans le domaine des sources d’énergie renouvelables. Dans ce domaine, la France et l’Inde entendent renforcer leur collaboration, indique la présidence de la République, celle-ci étant perçue comme une « priorité commune ».

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CC Karsten Würth

1 000 milliards de dollars à trouver

L’Inde montre beaucoup d’allant sur le dossier des sources d’énergie renouvelables. En effet, le pays compte produire 57 % de son électricité — largement plus de la moitié, donc — par ce biais d’ici 2027. L’énergie solaire occupe une place importante dans ce plan, en témoigne la mise en route, fin 2016, d’une immense centrale photovoltaïque, ou la mise en place de panneaux solaires sur le toit des trains.

À long terme, l’objectif de l’Alliance est de mobiliser 1 000 milliards de dollars d’ici à 2030. Outre la contribution des États, des investissements venant du secteur privé sont aussi très attendus pour déployer aussi largement que possible l’usage de l’énergie solaire mais aussi pour améliorer son rendement et imaginer des usages innovants permettant de se passer des énergies fossiles.

Il faut dire qu’il y a une opportunité énorme dans les pays concernés par l’Alliance : les 121 pays situés entre les deux tropiques bénéficient de plus de 300 jours d’ensoleillement par an. Or, on ne trouve que 23 % des capacités photovoltaïques mondiales dans ces États. Il s’agit donc de donner un énorme coup de collier dans ce domaine, afin d’atteindre une capacité de 1 000 gigawatts en 2030.

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