L'association Sherpa a annoncé le dépôt d'une plainte visant la maison mère et la filiale française de Samsung. Le document évoque des « pratiques commerciales trompeuses », incluant le travail d'enfants de moins de 16 ans dans ses usines.

Alors que le parquet vient juste d’ouvrir une enquête préliminaire sur Apple pour « obsolescence programmée », à la suite d’une plainte déposée par l’association HOP, c’est désormais au tour de son concurrent coréen d’être pointé du doigt, en raison de ses pratiques éthiques.

Ce jeudi 11 janvier 2018, l’association Sherpa et la fédération ActionAid France Peuples Solidaires a fait connaître son intention de déposer une plainte à l’encontre de Samsung pour « pratiques commerciales trompeuses » devant le tribunal de grande instance de Paris.

« Des violations des droits fondamentaux »

La plainte vise à la fois la maison mère de la firme, dont le siège social est en Corée du Sud, et sa filiale Samsung Electronics France.

« Les éléments versés à la plainte, dont de nouveaux rapports d’enquêtes très documentés de l’ONG China Labor Watch qui s’est infiltrée dans les usines Samsung, dévoileraient des violations des droits fondamentaux », écrit l’association Sherpa dans un communiqué.

CC Dennis M2

Des mineurs dans ses usines

Les organisations à l’origine de la plainte évoquent plusieurs types de violations, parmi lesquelles « l’emploi d’enfants de moins de seize ans, des horaires de travail abusifs, l’absence d’équipements appropriés aux risques encourus, des conditions de travail et d’hébergement incompatibles avec la dignité humaine ».

Sherpa ajoute que l’utilisation de benzène — un liquide inflammable et cancérogène — et de méthanol dans les usines du fabricant serait à l’origine de maladies incurables chez plusieurs employés.

L’association reproche à Samsung l’écart entre les principes éthiques affichés par la marque et la réalité des conditions de travail observées sur le terrain par des ONG.

Sherpa enquête depuis 2013 sur Samsung ; une première plainte de l’association avait été classée sans suite l’année suivante. En 2012, un rapport accusait déjà l’entreprise de faire travailler des enfants. Samsung s’était alors empressé d’assurer qu’aucun mineur de moins de 16 ans ne travaillait dans ses usines.

La firme traverse par ailleurs une crise interne depuis plusieurs mois, qui a conduit fin 2017 au départ du CEO de la filiale Electronics.

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