Sur Internet, nous travaillons tous, et la pénibilité de ce travail est invisible


#1

Derrière nos loisirs numériques se cache un bouleversement majeur, mondial, de la façon dont nous produisons de la valeur. De manière plus ou moins invisible, plus ou moins insidieuse, la Silicon Valley nous a tous mis au travail.

[…]

C’est un concept que la communauté scientifique appelle le digital labor, c’est-à-dire un travail du clic, composé de plusieurs petites tâches, réalisé sur des plates-formes, qui ne demande pas de qualification et dont le principal intérêt est de produire des données.

[…]

Nos smartphones, nos montres connectées, mais aussi nos télévisions, nos ampoules ou nos thermostats connectés produisent de la donnée qui est ensuite exploitée. Nos maisons se transforment en usine à données, et cette production converge vers les immenses serveurs de Google ou d’Amazon.

[…]

ces entreprises font appel à des ruses pour nous convaincre de travailler pour elles. Pour commencer, la production de données est la plus simple possible. En 2011, Mark Zuckerberg affirmait qu’un partage sur Facebook devait se faire « sans aucune résistance ». On cherche à fluidifier la production de données.

[…]

En faisant de la production un jeu, et donc en la sortant de la transaction économique, on minimise le risque que les gens s’organisent, prennent conscience qu’ils sont en train de travailler et, finalement, demandent de l’argent. C’est pour cette raison qu’il est très difficile d’organiser une prise de conscience collective : tout est fait pour que l’utilisateur soit mis en dehors de la logique contractuelle ou salariale.


#2


#3

Il faut arrêter de jouer avec les mots.
Que les entreprises se servent de nos données pour gagner de l'argent, c'est certain.

Mais parler de "nous mettre au travail", c'est franchement exagéré.
Et parler de "pénibilité", là c'est carrément indécent vis-à-vis de ceux qui ont véritablement un travail pénible.


#4

Et sinon, tu comptes lire l’article maintenant que tu as commenté, histoire que l’on puisse avoir une vraie discussion ?


#5

Et sinon, tu es derrière mon dos pour savoir si je lis ou pas l’article ?

Quand je vais au cinéma, je travaille : en effet, je fais gagner de l’argent au producteur du film et je lui indique quel type de film j’aime.

Quand je lis que liker sur Facebook c’est travailler, c’est absolument n’importe quoi.


#6

Non, personnellement, j'en ai rien à foutre.
Par contre je préférerais discuter du sujet plutôt que de chose sans rapport.

Dans tes deux messages tu es à côté du propos de l'article, donc j'ai supposé que tu ne l'avait pas lu.

Mais si je me trompe, je veux bien que tu m'explique comment tu en es arrivé à tes conclusions, parce que vraiment, elles semblent à se réduire au titre.


#7

Le dernier type, enfin, ce sont les plates-formes sociales. Ecrire un post, formuler un tweet, filmer une vidéo pour la partager, mais aussi faire circuler des contenus, signaler ceux qui sont choquants ou inappropriés, c’est du travail, même s’il y a un côté jeu, un côté qui procure du plaisir.

La seconde ruse, qui rend le travail invisible à nos yeux, c’est la
« ludification » ; on fait de la production un jeu, ce qui permet aux
gens de tirer un plaisir du fait de passer des heures et des heures connectés à des systèmes qui, pourtant, ne cessent de leur adresser des injonctions : clique ici, « like » cette vidéo, commente ton expérience, etc.

Tu as lu l'article ?


#8

Le coté travail est argumenté et ça ne parle pas de pénibilité mais au contraire de plaisir.

La pénibilité, elle est abordée à juste titre plus loin :

Dans ce cas, le « digital labor » n’est-il pas un travail heureux ?

La vraie question n’est pas celle du bonheur ou du plaisir, mais celle de la pénibilité du travail, qui devient invisible. D’autres que nous se tapent les tâches pénibles, les visionnages de contenus méprisables, affreux, terribles, et font marcher le trafic organique dans Facebook. Les personnes qui filtrent les vidéos des égorgements de l’organisation Etat islamique sont aux Philippines, au Mexique, ailleurs. On a délocalisé la pénibilité.

On est très loin de la caricature de ton premier message et je ne vois pas le rapport avec aller au cinéma (relation a sens unique fournisseur -> consommateur, rien ne remonte au réalisateur) de ton second message.


#9

Et les pompiers qui ramassent des morceaux de corps après un accident de la route ?
Et les flics qui trouvent le corps en décomposition d'un mec éventré depuis plusieurs jours.
Et les ambulanciers qui le ramasse ?
Et l'entreprise de nettoyage qui va éponger les restes de cervelle explosés sur les murs ?

C'est bon le misérabilisme à deux balles...

Ah bon ? Rien ne remonte au réalisateur ?
C'est donc purement un hasard si en ce moment la mode est aux films de super-héros ?
Rien n'est remonté aux réalisateurs sur les goûts du public, sur les fréquentations des salles ?


#10

Je ne savais pas que c'était un concours.

En tout cas, c'est pas moi qui leur fourni les infos.
Toi tu leurs fait un rapport complet après chaque film ?


#11

Pas plus que tu ne fournis d’info quand tu likes un copain qui a annoncé qu’il a fait des merguez au barbecue hier midi.
C’est donc particulièrement stupide de parler de travail quand tu postes un tweet ou que tu likes un message sur Facebook.

Il ne s’agit pas de concours. Il s’agit d’un mec qui découvre toute la misère du monde à travers le prisme déformant du numérique.
Faut il à chaque fois rappeler que le monde existe ailleurs que sur les images d’un écran ?

Mon Dieu quelle horreur ! Le philippin qui regarde des photos de décapitation. Par contre, rien à foutre que le philippin quand il sort du boulot, c’est pas des photos de décapitation qu’il voit, c’est des attentats sur le marché en bas de chez lui, le sang, les tripes et la merde de ses voisins ou de sa famille. Il ne s’agit pas de concours, il s’agit de mise en perspective. L’auteur, il veut surtout se donner bonne conscience quand il regarde Facebook en faisant semblant de se plaindre sur le sort du philippin qui modère Facebook. Mais dans la réalité, il n’en a rien à foutre de la pénibilité de la vie du Philippin.


#12

Pourtant facebook en tire des profils qu’il exploite pour en tirer une petite fortune (via la publicité).
Donc ça vaut bien plus que tu ne le dis.

Non, pas rien à foutre mais c’est totalement hors sujet.


#13

Relis mon premier post et tu verras ce que je dis ou ce que je ne dis pas à propos de la valeur.
Je dis que ce n’est pas du travail.
C’est compliqué à comprendre ?


#14

À partir du moment où tu accomplis une tache qui crée de la valeur, on peut considérer que c’est du travail.


#15

Le travail nécessite un effort.
Liker un post sur Facebook ne nécessite pas d’effort.

Activité humaine exigeant un effort soutenu, qui vise à la modification des éléments naturels, à la création et/ou à la production de nouvelles choses, de nouvelles idées (ATILF)

Labeur, application à une tâche, effort soutenu pour faire quelque chose; il se dit de l’Esprit comme du corps. (Académie Française)

Toute activité dont le produit a été obtenu par un effort ou sous la contrainte, même sans lien avec un besoin. (Dicophilo)

Peine qu’on prend pour faire quelque chose. Le travail du corps. Le travail de l’esprit. (Littré)


#16

Si tu lis l'article, je cite :

La seconde ruse, qui rend le travail invisible à nos yeux, c’est la « ludification » ; on fait de la production un jeu, ce qui permet aux gens de tirer un plaisir du fait de passer des heures et des heures connectés à des systèmes qui, pourtant, ne cessent de leur adresser des injonctions : clique ici, « like » cette vidéo, commente ton expérience, etc.


#17

L’auteur de l’article veut prouver que nous travaillons gratuitement quand nous likons. Il invente donc cette notion de travail invisible, incolore, inodore et sans saveur. Facile quand on veut adapter la réalité à notre thèse : on prend un cercle, on le déforme et on affirme qu’il s’agit d’une nouvelle forme de cercle : le cercle a 4 côtés.

Je ne nie pas que liker un message permet à Facebook d’engranger plus de bénéfices. Mais ce n’est pas un travail. Tout comme quand je vais au cinéma, j’apporte du bénéfice supplémentaire à tout un tas d’entreprises. Mais ce n’est pas un travail non plus.

Et puis il faut arrêter les conneries : tu connais des systèmes qui ne “cessent de t’adresser des injonctions” (sic) pour que tu likes ?


#18

Réflechis mieux.

  • A quoi ça te sert d’appuyer sur ce bouton ?
  • A quoi ça sert à Facebook que tu appuies sur ce bouton ?

#19

Réfléchis également.
A quoi ça te sert d'aller au cinéma ?
A quoi ça sert à une major américaine que tu ailles au cinéma ?

Et puis il faudrait savoir : d'un côté, on explique que quand c'est gratuit, c'est l'utilisateur le produit et de l'autre un type explique que l'utilisateur travaille sans s'en rendre compte. Faudrait savoir : travailleur à son insu ou produit à son insu ?

Pour ma part, mon opinion est simple : oui, Facebook exploite nos données et nos comportements pour mieux vendre ses produits ou les produits de ses clients. Mais c'est exactement comme n'importe quel commerçant qui va analyser les comportements de sa clientèle pour adapter son offre et augmenter ses bénéfices. Le moyen est certes technologiquement différent, mais le principe est strictement le même.
J'ai travaillé (il y a longtemps) pour un groupe de vente par correspondance : les achats des consommateurs sont analysés d'une manière globale pour faire évoluer l'offre, mais également de manière détaillée afin de lui proposer des produits connexes à ses achats. Tu vas expliquer que le consommateur travaille quand il achète 3 paires de chaussettes et 2 chemises ?


#20

Tu n’a pas répondu à mes questions.

Voici la navrante réalité :

Cliquer sur Like ne te sert à rien. Strictement à rien. Tout le monde s’en fout que tu aies cliqué sur Like. Ça ne t’apporte rien. Ça n’apporte rien aux gens que tu likes. Ça n’apporte rien à l’information likée. Ça n’apporte rien à l’univers entier EXCEPTÉ Facebook.