Commentaires : Rétrogaming : « Le plaisir de jouer sur de vraies consoles va devenir de plus en plus rare »

nintendo
nesminiclassic
retrogaming
japanexpo
Tags: #<Tag:0x00007f92099f5ba8> #<Tag:0x00007f92099f59f0> #<Tag:0x00007f92099f5770> #<Tag:0x00007f92099f5608>

#1

À quelques mètres du brouaha qui entoure les bornes de jeu vidéo du stand Nintendo de Japan Expo, l’association MO5 propose elle aussi aux visiteurs de jouer sur l’une de ses consoles. Mais ici, pas de Switch ni de PS4 : on joue plutôt sur N64, Neo-Geo ou SNES. Et pour cause : l’association française milite, depuis sa création en 1993, pour préserver le patrimoine vidéoludique, qu’il s’agisse de consoles, de PC ou de jeux. Hervé Le Bouler, membre de MO5, nous explique…. Publié sur http://www.numerama.com/pop-culture/274242-retrogaming-le-plaisir-de-jouer-sur-de-vraies-consoles-va-devenir-de-plus-en-plus-rare.html par Alexis Orsini


#2

on perd des jeux, on ne sait plus les fabriquer parce qu’on n’a plus leur code source ou qu’on a tout perdu.

Quelqu'un sait comment se passe la "règle des 70 ans" pour le droit d'auteur français avec les logiciels ? En effet si ces derniers peuvent tomber dans le domaine public il faut qu'ils y tombent avec leurs codes sources (afin de permettre de la modification).


#3

Ces consoles vont finir par casser : certaines ont plus de 40 ans. Elles avaient une électronique robuste à l’époque, mais, en l’occurrence sont les consoles les plus récentes qui cassent, dès qu’il y a un lecteur de CD-Rom en fait…

De toutes façons, dès qu’on y met un élément mécanique, c’est l’obsolescence programmée. Lecteurs de disquettes, de galettes, disques durs… même le SSD qui n’est pas mécanique est limité par le nombre d’écritures (faut y aller quand-même).

La cartouche, c’est un roc en comparaison de tout ça. Ma Jaguar fonctionne encore avec ses cartouches aussi. Le seul problème, c’est de trouver un écran de salon avec entrée péritel…

On préfère au maximum oui, car on retrouve les écrans cathodiques et la madeleine de Proust.

Justement tiens, les cathodiques. Ecoutez, c’est encombrant comme pas permis aujourd’hui, c’est clair (et niveau écologique, c’est pas top).

Mais il y a un petit quelque-chose qu’on a perdu avec le LCD à 60Hz : la netteté dans la fluidité du mouvement. C’est peut-être subjectif, mais je n’ai jamais bien compris pourquoi je n’ai pas retrouvé ça depuis que je consomme du LCD. Même avec des CRT (cathodiques) avec des rémanences de dingue, c’était ultra net. Le LCD n’est net qu’en image statique.


#4

Si personne physique, 70 ans après la mort de l'auteur
Si personne morale, 70 ans après la publication (en comptant à partir du 1er janvier qui suit)

A noter qu'une personne morale ne peut pas être "auteur", mais est "'investie des droits de l'auteur", dans le cas de logiciel publié sous son nom. Ca peut légèrement changer la donne sur certains points.

Pas du tout.
Le code source, c'est le "plan". C'est comme si tu disais qu'un tableau ou un livre dans le domaine public doit aussi fournir les travaux en amont ayant permis sa réalisation.
L’œuvre, c'est la version" compilée", publiée. tu peux la modifier sans les sources (c'est beaucoup plus chiant)


#5

Merci pour la précision.

En effet il est possible de modifier un binaire mais comme vous l’avez dit c’est beaucoup plus complexe.

C’est donc pour moi un non sens que le logiciel n’ouvre pas son code lors de sa chute dans le domaine public.
De toutes façons ces lois mériteraient un dépoussiérage “21éme siècle”.


#6

Bah pour moi, le droit d'auteur actuel détourne complétement l'esprit pour lequel il existe.

Entre autre, la durée de protection avant de passer dans le domaine publique devrait rester une "courte" période, permettant de donner l'exclusivité d'exploitation, variant selon le type de produit (par exemple, 5 ans après la première diffusion pour un jeux vidéo, un film ou une musique), et non transférable (c'est pas une "propriété", c'est un droit, ça s'éteint par principe avec la personne qui le possède si elle meure avant sa fin d’utilisation)

Après, dans le cas des "vieux" vidéos, légalement, ce sont les programmes informatiques datant des années 50 qu'on pourrait commencer à utiliser bientot.... Les jeux des années 80-90, c'est pas avant les années 2050. Mais dans la plupart des cas, les studios ont disparus, n'ont pas été racheté, donc y'a personne pour gueuler. Pour certains titres phares ou des cas particuleirs (genre lucas), y'a toujours des ayants droits dessus, bien pret à défendre leur steak..... Un lode runner des années 1980, y'a toujours des remakes / franchises vendues, même si dans l'absolue, ce sont des œuvres différentes....


#7

Merci de se référer aux normes au lieu d’inventer
ISO/CEI 12207 : Logiciel = Ensemble des programmes, des procédures et de la documentation et des données éventuellement associées.

Donc le logiciel, c’est le code source, le code exécutable, la documentation technique (conception, administration, exploitation), la documentation utilisateur, les procédures de mise en oeuvre et les données. Dans l’hypothèse de la tombée dans le domaine public évoquée par @Eiffel-fl, c’est tout cet ensemble qui est disponible.


#8

Une norme n’est pas la loi.
(par exemple, l’interface graphique peut etre protégé, mais pas par le droit d’auteur du logiciel concerné, les procédures non plus)
Par exemple:

La loi reconnait que le code source et le code " objet" (pas dans le sens programmation objet, dans le sens “compilé en gros”) sont 2 formes d’expressions différente d’un même programme, chacun protégé parallèlement par son propre droit d’auteur (et non ensemble)

Donc 70 ans après la publication de ton logiciel, il tombe dans le domaine public… Ton tu prends le code compilé, t’en fait à peu près ce que tu veux, cool. Concernant le code source, qui a sa propre protection, bah merde, le code source n’a jamais été publié, il ne peut donc pas tomber dans le domaine public…


#9

Si le code source n'a jamais été publié, 70 ans après, il aura beau être dans le domaine public, il y a de grand risque qu'il n'en existe même plus une trace.


#10

Mais il y a un petit quelque-chose qu’on a perdu avec le LCD à 60Hz : la netteté dans la fluidité du mouvement.


#11

Mais il y a un petit quelque-chose qu’on a perdu avec le LCD à 60Hz : la netteté dans la fluidité du mouvement.

Ayant moi même une petite collection de consoles et micros “rétros” je ne les branche que sur CRT, précisément parce que comme tu l’as remarqué, l’image est meilleure.
Pourquoi ? Voici quelques éléments de réponses.

  • La résolution des écrans LCD est bien supérieure à ce que sort ta console, il y a donc un upscale plus ou moins bien fait.
  • Il y a une convertion du signal analogique vers du numérique. Là encore, en fonction de l’écran, ce sera plus ou moins bien fait. Comme tu branches en peritel, le pire cas étant si l’écran LCD utilise le signal composite (Pal) et non le signal RGB comme l’aurait fait une télé des années 90. Les deux signaux sont présents sur une peritel
  • Toujours concernant la conversion du signal en entrée, les consoles envoient 2 demis images à 50Hz en Pal. Le convertisseur en entrée de ton LCD combine peut-être ces deux images pour en former une complète, ce qui peut induire un lissage. Surtout si au final il affiche à 60Hz et non 50…
  • Enfin le hardware des machines tirait parti des défauts des CRT et des normes de télévision de l’époque.

#12

En ce qui concerne les pannes des machines, si la panne ne concernent pas un circuit intégré propriétaire, c'est en général réparable assez facilement, même sans être un pro du fer à souder.

Mais oui, à terme, il est certain que l'on sera obligé d'utiliser des émulateurs. D'où l'importance de mettre l'accent sur l'utilisation d'émulateurs les plus fidèles possibles.
Car certains mettent uniquement l'accent sur la compatibilité avec les jeux et "trichent" pour y arriver rapidement . Au prix d'un éloignement par rapport aux comportements de la machine émulée.


#13

Tu as raison. Une norme internationale est de niveau supérieur à une loi.

Rien de cela ne s'applique au code source. Le code source n'est ni une idée, ni une procédure, ni une méthode de fonctionnement, ni un concept mathématique.

Texte de loi ?

Il y a même de fortes chances que l'éditeur n'existe plus.
Il y a également énormément de chances qu'on ne trouve ni environnement logiciel, ni environnement matériel pour le faire fonctionner. Ou alors en déployant de sacrés efforts.
Tu imagines récupérer le code source de Wordstar dans 30 ans...


#14

Soyons plus précis

A) La définition officielle du logiciel

  • Arrêté du 22 décembre 1981 sur l’enrichissement de la langue française définit le terme « logiciel » :« Ensemble des programmes, procédés et règles, et éventuellement de la documentation, relatifs au fonctionnement d’un ensemble de traitement de données. »

  • Livre vert européen – juin 1988 – définit le “programme d’ordinateur” :« A computer program is a set of instructions the purpose of which is to cause an information processing device, a computer, to perform its functions. » (Un programme d’ordinateur est un ensemble d’instructions qui a pour but de faire accomplir des fonctions par un système de traitement de l’information appelé ordinateur).

B) Le logiciel en tant qu’œuvre de l’esprit au sens du droit d’auteur

  • Article L112-2 13ème CPI (Code de la propriété intellectuelle) : « Sont considérés notamment comme œuvres de l’esprit au sens du présent code : (…) 13. Les logiciels, y compris le matériel de conception préparatoire. » Les logiciels sont donc expressément protégés par le droit d’auteur.

  • Article 1.1 directive de 1991 : « Conformément aux dispositions de la présente directive, les États membres protègent les programmes d’ordinateur par le droit d’auteur en tant qu’œuvres littéraires au sens de la convention de Berne pour la protection des œuvres littéraires et artistiques. Le terme « programme d’ordinateur », aux fins de la présente directive, comprend le matériel de conception préparatoire. »

  • Article 4 traité de l’OMPI (Organisation Mondiale de la propriété intellectuelle) : « Les programmes d’ordinateur sont protégés en tant qu’œuvres littéraires au sens de l’article 2 de la Convention de Berne. La protection prévue s’applique aux programmes d’ordinateur quel qu’en soit le mode ou la forme d’expression »

  • Article 10.1 des Accords ADPIC (Accords sur les aspects des droits de propriété intellectuelle) sur les logiciels : « Les programmes d’ordinateur qu’ils soient exprimés en code source ou en code objet, seront protégés en tant qu’œuvres littéraires en vertu de la convention de Berne. »

  • Cour de Cassation - Assemblée Plénière - 7 mars 1986 (3 arrêts, dont l’arrêt Pachot) : L’arrêt Pachot prévoit que le logiciel est bien une œuvre de l’esprit protégeable par le droit d’auteur, malgré son caractère scientifique. La protection du logiciel doit donc être examinée dans son ensemble. Extrait : « Après avoir, par motifs adoptés, justement relevé que le caractère scientifique des programmes informatiques n’était pas un obstacle à leur protection par le droit d’auteur et exactement retenu qu’il y a lieu de voir dans l’organigramme la composition du logiciel, et dans les instructions rédigées, quelle qu’en soit la forme de fixation, son expression, la Cour d’appel ainsi fait ressortir que le programme d’ordinateur ne constitue pas une simple méthode, et que sa protection doit être examinée dans son ensemble. »

https://www.app.asso.fr/informer/droit-du-logiciel/preliminaires-les-logiciels-et-le-droit-d-auteur.html

C'est bon ? On peut clore le débat ou tu veux continuer à inventer ton monde ?


#15

Je suis plutôt un joueur micros, et c’est un fait que j’ai remarqué même sur les jeux PC récents où on peut généralement régler la résolution (je choisis pratiquement toujours la résolution native de l’écran sur LCD, ça n’y change rien). D’ailleurs, je ne savais même pas qu’il existait des LCD avec entrée peritel…

Non, la plupart des jeux SNES fonctionnaient en mode progressif à 60hz, pas entrelacé. C’était au choix du dev, et il ne se souciait pas de savoir si ça tournait à 50hz en PAL au final, pas son problème (si ce n’est qu’avec les techniques de l’époque, on synchronisait 99% du code avec la v-blank, donc tout le jeu était ralenti de 6/5 et tant pis pour ces crétins d’européens). On avait 2 fois moins de ligne en progressif et un bon moniteur supportait ce mode (pas les TV trop vieilles).

A noter qu’il n’y avait aucune contrainte strictement technique là-dedans, ce n’était pas plus couteux de faire un CRTC qui pouvait générer un signal progressif NTSC ou PAL selon la météo (mon Atari ST le faisait très bien). La plaie, c’étaient les constructeurs de consoles avec leur connerie de zonage. Nintendo en l’occurence ne cessait d’utiliser des stratagèmes pour renforcer le zonage (physique ou électronique, quelques exemples ici dans la section qui va bien), donc ils ont profité aussi de cette division des normes continentales. Là où c’est nul, c’est qu’à la base, leur CRTC était tout à fait capable de faire les deux, le blocage était purement artificiel.

Encore une fois, tous ces jeux rétro ne sont en aucun cas limités à 50hz. Ils se synchronisent sur la V-Blank, toute la nuance est là. C’est le CRTC qui donne la cadence de la VBL, pas l’écran. Si mon employeur n’avait eu que des moniteurs PAL à me refiler pour taffer au jour le jour quand je bossais sur SNES, j’aurais sérieusement gueulé (trop fatiguant pour les yeux, argument sanitaire, hop là).

D’autre part, je n’imagine pas un développeur sérieux optimiser son moteur pour qu’il tourne dans la trame sur un écran PAL 50hz, faut être sacrément ignorant pour ne pas comprendre que ça risque fort d’être catastrophique une fois qu’un gus le lance à 60hz… alors qu’en bossant en NTSC (60hz), ce n’est plus un soucis (en l’occurence, si tu as de rares moments où le frame-rate saute à 60hz, tu peux être sûr que ça ne sautera jamais à 50hz).


#16

Non, je maintiens ce que j’ai dit. Mais je crois que sur la plupart des points on est d’accord en fait. :wink:

D’ailleurs, je ne savais même pas qu’il existait des LCD avec entrée peritel

Je pensais avoir lu que tu branchais directement une péritel sur ton écran LCD. J’avais mal compris. Mais dans tout les cas, tu as forcément une étape de conversion analogique -> numérique de plus ou moins bonne qualité. Dans ton cas, le pire serait de brancher la sortie composite (entrée encore présente sur nombre de LCD) de la Jaguar. De base elle est pourrie, alors qu’à l’époque tu devais certainement pouvoir profiter de la sortie RGB via la Péritel.

On avait 2 fois moins de ligne en progressif et un bon moniteur supportait ce mode.

Je pense qu’on est d’accord là dessus, je m’étais peut être mal exprimé.
Effectivement les développeurs ne n’avaient rien de spécial à gérer et produisaient des images “pleines”. Mais comme tu le dis, elles étaient en demi-résolution. Donc ce sont bien des demi-trames qui étaient envoyés à la télé. Si pour le développeur cela ne changeait rien par rapport à du “progressif” en 1/2 résolution, au final ce sont des images entrelacées qui étaient affichées par le téléviseur.
D’une “frame” à l’autre, l’image était décalée d’une ligne.

C’était la même chose avec ton Atari ST. Mais certains jeux nécessitant de lire beaucoup de texte (et généralement pas des jeux d’action) ne tournaient qu’à 25FPS en envoyaient consécutivement deux fois la même image. Ce qui pourrait s’apparenter à du “progressif” au sens moderne du terme. Si tu passais en haute résolution, ce n’était plus possible. Du coup, ces modes étaient effectivement appelés “entrelacés” et faisaient bien mal à la tête !

Encore une fois, tous ces jeux rétro ne sont en aucun cas limités à 50hz. Ils se synchronisent sur la V-Blank, toute la nuance est là.

Exactement. Et le V-Blank sur une télé CRT PAL ou SECAM est à 50Hz. Tout dérive de notre courant alternatif à 50Hz et non 60Hz comme aux USA et au Japon. Pour le développeur c’est transparent, mais il a tout de même la possibilité d’afficher une image plus grande en PAL.

alors qu’en bossant en NTSC (60hz), ce n’est plus un soucis (en l’occurence, si tu as de rares moments où le frame-rate saute à 60hz, tu peux être sûr que ça ne sautera jamais à 50hz)

Et oui on avait le droit à la double peine : le nombre de lignes du NTSC avec le framerate du PAL.