Commentaires : Pascal Nègre entrouvre la porte de la licence globale

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#1

Opposant historique à l\'abandon des DRM et à l\'adoption de la licence globale, le patron d\'Universal Music France Pascal Nègre met de l\'eau dans son vin. Après l\'abandon contre sa volonté des systèmes de protection le catalogue d\'Universal, l\'icône de la lutte contre le piratage évoque désormais la possibilité d\'en venir à une licence globale si les solutions commerciales n\'étaient pas viables. Ce qui risque fort d\'être le cas.

Ces dernières années les nombreux discours alarmistes d\'Universal Music ont pu laisser croire que la filiale du groupe Vivendi regardait passer le train du P2P comme un chien qui aboit au passage du facteur venu délivrer un avis de décès. Mais en moins de deux ans, la première maison de disques au monde a su tirer profit de sa puissance financière et de la crise du secteur pour améliorer ses parts de marché et négocier de multiples accords privés. Du partage de revenus publicitaires par ci (SpiralFrog, Deezer, Jiwa, MySpace Music...), de l\'intéressement sur des équipements mobiles par là (taxe sur le Zune, accord avec Nokia,...). La maison de disques a même finalement abandonné les DRM sur tous les services concurrents d\'iTunes pour les rendre enfin compatibles avec l\'iPod.
Elle n\'a pas oublié non plus son coeur de métier. Après s\'être concentrée dans un premier temps sur la musique la plus commerciale pour renflouer son chiffre d\'affaires avec des valeurs refuges (la variété et la télé-réalité), Universal a su développer de nouvelles signatures très rentables comme Amy Winehouse ou Tokio Hotel. Elle a en plus sorti le porte-monnaie pour réaliser quelques acquisitions stratégiques, BMG Publishing et Sanctuary en tête, et négocié des paiements de redevance en hausse dans différentes régions dont les Etats-Unis et la France.
Ce retroussage de manches fait illusion, pour le moment. A la publication des derniers résultats de Vivendi, la maison de disques affichait un chiffre d\'affaires de 257 millions d\'euros au premier semestre 2008, en hausse de 17,7 % par rapport à l\'an dernier.
Sans avoir abandonné d\'un iota la lutte contre le piratage, Universal paraît cependant se donner davantage le temps de la réflexion et y accorder moins d\'importance qu\'auparavant. Le label semble même se résigner à l\'idée de la licence globale si jamais les accords privés qu\'elle a soigneusement ficelés ces derniers mois étaient rattrapés par la réalité d\'un marché trop difficile à monétiser. Dans un entretien à Premier Cercle, le président d\'Universal Music France Pascal Nègre envisage ainsi la licence globale qu\'il a combattue comme un avenir possible de la distribution numérique. "J\'estime qu\'il faut d\'abord voir si les autres modèles marchent ou pas", prévient tout de même celui qui a attendu 10 ans de voir si les DRM marchaient avant de se décider à les abandonner.
Car pour le moment, les bons résultats d\'Universal Music reposent essentiellement sur des lancements de start-up avec leur lot habituel d\'injections de capital risque. Nul ne sait si ces paris seront réussis dans les prochaines années, et la crise financière qui secoue les investisseurs devrait fortement limiter les prises de risques dans les secteurs en crise comme la musique, pour plusieurs années.
"Si on en arrive [à envisager la licence globale], cela voudra dire qu\'on n\'a pas réussi à créer un véritable modèle économique", avertit encore Pascal Nègre. Mais il reconnaît pour la toute première fois que "pour la musique ça ira encore". Il avance même un premier calcul. "Avec une taxe de 10 milliards d\'euros par an on arrive à 6 ou 7 euros par mois par abonné", indique-t-il. "Mais que fait on du cinéma, qui connaît le même problème ? Pour le financer il faudra doubler le prix des abonnements Internet. Je ne crois pas que les abonnés seront d\'accord."
Effectivement, s\'il fallait doubler le prix de l\'abonnement à Internet, les abonnés ne seraient pas d\'accord. Mais heureusement, le calcul de Pascal Nègre est faux. S\'il fallait aujourd\'hui compenser 100 % du chiffre d\'affaire de la musique enregistrée en France, ça n\'est pas 10 milliards d\'euros par an qu\'il faudrait réunir (quelle gourmandise), mais environ 1 milliard d\'euro selon les chiffres du très sérieux Observatoire de la musique et de l\'institut Gfk. Or avec 17 millions d\'abonnements haut-débit en France, c\'est moins de 5 euros qu\'il faudrait prélever par mois et par abonné pour réunir le chiffre d\'affaire annuel de toute l\'industrie musicale. Or, rassurons-nous, comme le montre la progression du chiffre d\'affaires d\'Universal malgré un piratage toujours aussi présent et toujours largement impuni, une licence globale ne ferait pas s\'écrouler d\'un coup l\'entièreté du chiffre d\'affaires de l\'industrie musicale.
Ca n\'est donc pas 10 milliards, ni même 1 milliard d\'euros qu\'il faudrait réunir, mais beaucoup moins, pour assurer des revenus équivalents. Idem pour le cinéma, s\'il fallait adapter le même système à une industrie qui vit cependant plus facilement des revenus publicitaires et des entrées en salle que la musique.
Crédit photo : Jean Ber

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#2

[quote name=‘Kad Redal’ post=‘986661’ date=‘07/10/2008, 16:05’]Or, rassurons-nous, comme le montre la progression du chiffre d’affaires d’Universal malgré un piratage toujours aussi présent et toujours largement impuni, une licence globale ne ferait pas s’écrouler d’un coup l’entièreté du chiffre d’affaires de l’industrie musicale.
Ca n’est donc pas 1 milliard qu’il faudrait réunir, mais beaucoup moins, à revenus équivalents. Idem pour le cinéma, s’il fallait adapter le même système à une industrie qui vit cependant plus facilement des revenus publicitaires et des entrées en salle.[/quote]
Même à supposer qu’une licence globale fasse s’écrouler d’un coup l’entièreté du CA de l’industrie musicale, si l’on définissait un montant de licence globale permettant de générer la même manne financière, cela impliquerait alors une hausse très nette du bénéfice de la filière, les coûts étant alors largement réduits.

Pour faire simple : si une industrie fait un CA de 1 milliard, mais a des coûts de 900 millions (chiffres illustratifs), elle génère 100 millions. De fait, ce n’est pas 1 milliard qu’il faut générer pour compenser à un arrêt de cette industrie, mais 100 millions plus les coûts du système générant ce montant.

Toujours est-il qu’on peut interpréter les propos de Pascal Nègre de cette façon : “la licence de globale est la meilleure solution pour l’industrie, les artistes et les consommateurs, mais on préfère d’abord voir si on peut trouver des systèmes qui nous seraient aussi bénéfiques - peut-être un peu plus, peut-être moins - mais qui ne bénéficient pas aux artistes et aux consommateurs ; vous comprenez, on protège notre droit à enculer les autres rien que pour le plaisir même si ça ne nous rapporte rien de plus” ;)


#3

qu’est ce qui la fait changer d’avis comme cela,c’est pas vraiment son genre
une illumination?ou le krach financier?
mais si il veut bien faire le premier pas(on y croit) cela sera une très bonne idée


#4

Hum c'est bien beau tout ça mais moi j'ai pas envie de payer 5 euros par mois pour les ferraris de pascal negre

S'il y a une licence globale, cela devrait être facultatif. D'autant plus que si elle est obligatoire, les maisons de disques ont leur rente a vie sans obligation de fournir quoique ce soit.

Bref, évitons de parler au nom de tous les consommateurs quand même...


#5

une taxe de 10 milliards d'euros rien que pour la france, en un an. il manque pas d'ambition, lui quand il s'agit de son porte monnaie.

Quel visionnaire, ce pascal, toujours un train d'avance!


#6

qu'ils aille se faire voire!
ils ont été assez con pour refusé l'idée et pour insulté ceux qui avaient l'intelligence de proposé une LGO ... alors qu'ils font SANS !

de toute façon le chiffre d'affaire le prouve ! l'industrie n'est PAS en danger !
C'est simplement le CD qui se vend moins...
mais les sonneries, les téléchargements, les licences, les dérivés .... eux se vendent mieux !


#7

A condition que les revenus de la licence globale soient répartis :

  • A partir de toutes les sources disponibles (P2P certes, mais aussi HTTP, FTP, streaming…)

  • Exactement et non par sondage (ce qui est très facile a faire, surtout quand on n’est plus obligé de se cacher : Dailymotion ou youtube parviennent sans problème a chiffrer à l’unité près le nombre de vidéos vues).

  • Ne pas être basée sur d’autres éléments que ceux couverts par ladite licence (exemple : ne pas la calculer sur le nombre de disques physiques écoulés… ce serait comme payer le charcutier en fonction des ventes du boulanger!)

et surtout :

  • A TOUS les artistes, et non aux seuls artistes des majors !

#8

Darksol demande “ce qui la fait changer d’avis comme cela” ?

Et si c’était le refus de Barroso de retirer l’ammendemant 138 du paquet Télécom, qui condamne la riposte graduée ? En gros, je me demande si Pascal Nègre, pour une fois visionnaire, n’anticiperait pas là la déroute d’HADOPI…


#9

Il y a comme un malaise ce n’est pas le CA des entreprises a la con qu’il faut compenser, juste le revenu des auteurs et la pas de problème la redevance sert bien aux principaux intéressés.
Maintenant qu’ils ne vendent plus de cd, c’est leurs affaires comme ça le fut pour les marchands de chapeau melon à une époque ou la mode a changé. Pourquoi pas une loi sur le port obligatoire de la cravate dans la rue pour aider les vendeurs de cravates ? Avec une milice qui contrôles les contrevenants et leurs interdisent la rue trois mois.


#10

Ton paralelle n'est pas exact Tomy13 : OK, je n'achete pas de chapeau melon, et les cravates c'est pas trop ma came... mais s'il est vrai que je n'en achète pas, je n'en "jouis" pas non plus...

...alors qu'un pirate "jouit" d'une oeuvre pour laquelle il n'a pas payé, nuance.

Par contre, je pense que le paiement peut prendre plusieurs formes autres que l'achat à l'acte : licence globale intelligente comme décrite dans mon post ci-dessus, financement par la pub (type Airtist.com) ou un mix des deux.


#11

Hallucinant quand même pour une fois que les Majors sont prêt à revenir sur leurs positions et BAM encore descendus.
C’est pourtant ce que tout le monde voulait la licence globale ? non ?
Et là tous le monde recommence comme pour la riposte gradué. 5€ c’est trop cher ! 5€ c’est même pas le prix d’un album au mois. Donc franchement c’est cadeau quand même.
Par contre je suis pour le choix de laisser l’internaute choisir, mais dans ce cas le mieux pour celui refusant de payer la licence de ne pas se faire surprendre à télécharger illégalement :)


#12

c'est bizarre mais je pense que la photo sera à retoucher dans quelques mois...

le cactus se trouvera en bas à droite et il n'apparaîtra qu'en partie.

Espérons pour lui qu'il sauve son parachute doré.


#13

Je ne crois pas que la licence globale soit un modèle profitable, ni pour les maisons, ni pour les artistes. J’ai regardé de plus près et il me semble qu’avant tout, la continuité et la pénernnité de la musique passent par de nouveaux modèles tels qu’on les voit fleurir aujourd’hui,(streaming, abonnements), et par la fin du pillage de la création via le piratage. C’est cette conjonction qui assuera le futur de la musique !!!


#14

[quote name='Raminagrobizz' post='986681' date='07/10/2008, 16:52']...alors qu'un pirate "jouit" d'une oeuvre pour laquelle il n'a pas payé, nuance.[/quote]

A la nuance prés que le téléchargement a bon dos pour expliquer une débâcle qui n’est pas forcement du a ce fait. Exemple : on écoute les chansons en stream ou sur les radios et personne ne dit que ça tue la vente des cd au contraire ça fait de la pub, alors idem pour le partage ça fait de la pub.
Et j’ai quand même un doute de la jouissance de posséder une suite de 1et0 sur un disque dur. Si la personne ne veut payer la chanson mp3 de son baladeur il trouvera toujours une combine pour, quoi de plus facile d’enregistrer un stream ?


#15

Quels bande de rats ces majors, après avoir tout essayé, les pires loi liberticides, les taxes sur tout ce qui peut se taxer, les pleurs pour avoir des aides payées par le contribuable, ils espèrent revenir à la licence globale, un jour, peut être…

Il sera peut être trop tard messieurs, on en voudra peut être plus de votre musique propriétaire et liberticide, nous seront peut être définitivement passés à la musique de l’avenir, la musique LIBRE…

Pour la licence globale, si vous en voulez, il va falloir faire très très vite, et arrêter de pourrir la vie de vos clients avant qu’ils ne perdent définitivement patience…


#16

Alphapr… : Je pense que cette licence devrait être optionelle, mais gare a celui qui se ferait prendre sans avoir payé cette licence…

Moi, je suis pret à payer aux conditions que j’ai décrites ci-dessus (que l’argent soit réparti en fonction de chiffres réels et non de sondages, et ceux à tous les artistes). J’ajouterai aussi : “entre toutes les parties, de manière équitable et équitablement négociée” entre auteurs, compositeurs, éditeurs, interprètes, producteurs discographiques, service de promotion (ce que les majors gagneraient à devenir si elles veulent leur place dans le futur marché de la musique en ligne). Toutes ces entités (qui dans certains cas peuvent être regroupées en une seule et même personne) sont indispensables à la vie d’un projet artistique, de l’autoproduit à la star ac, et doivent donc recevoir une part équitable de cet argent.

Je ne le répéterai jamais assez : un avenir stable est un avenir équitable. Les rapports David Vs Goliath sont voués à n’être que temporaires car à la première occasion, David décoche sa pierre…


#17

@alphapr

moi je suis pour la lgo, a supposer qu’il y ait une juste rémunération des artistes, par exemple via une plateforme publique de téléchargement, financée par le contribuable mais sur laquelle, en échange, le téléchargement est gratuit.

aux artistes d’entretenir leur page publique par exemple et de fournir du contenu pour toucher une part de rémunération au pourcentage de téléchargement par visiteur unique de contenu.

en effet, les impots, que presque tout le monde paye, servent à financer la culture et que je sache, personne ne rouspète. donc voyons la lgo comme un impot culturel, en échange de quoi on a accès gratuitement à la création, tout comme ce serait le cas pour un musée public.

et au passage, squeezons les majors qui prélèveraient leur part du butin sans réelle compensation…


#18

"Or avec 17 millions d'abonnements haut-débit en France, c'est moins de 5 euros qu'il faudrait prélever par mois et par abonné pour réunir le chiffre d'affaire annuel de toute l'industrie musicale." Dans cette hypthèse, tout le monde se met à la licence globale. Et dans cette hypothèse encore, quid des disques en magasin ? Il reste un peu de valeur à la musique, essayon de la sauver avant de reflechir à ce modèle.


#19

En lisant ces réactions, je suis sidéré par l'égoïsme des internautes !!!
Quels que soient les solutions proposées, il y aura tjs toujours les grincheux qui ne voudront plus rémunérer les artistes et les ayant droits...désespérant!


#20

@alpha

La licence globale c'est pas seulement faire augmenter l'abonnement mais ça suppose le meilleur financement des artistes et en aucun cas ça ne doit servir a perfuser une industrie qui refuse de s'adapter. Si les majors et leur visionnaire de patron avaient pris le train de l'internet en marche il y a 15 ans, on n'en serait pas encore a se demander comment sauver l'industrie musicale !

Et franchement il faut avoir honte de rien pour, après avoir traité les partisans de la licence globale de tous les noms, dire que finalement on va poser une taxe de 10 milliards sur tout le monde. Il rêve éveillé lui non ? Il manque 10 milliards à la sécu et au lieu de combler le trou on va les filer à cet incompétent ? mais qu'il crève avec son industrie archaïque !

Moi je suis tout prêt à adhérer à la licence globale que je considère comme devant être facultative, pour peu que le tarif soit raisonnable, qu'on n'ait pas de restrictions quant à l'utilisation des oeuvres et qu'on sache ou passe le pognon ! Si c'est pour financer le salaire mirobolant cet incompétent, ils peuvent toujours attendre.