Linky ! Maîtriser sa consommation

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#1

Je suis linkyfié depuis ce jour 13 heures.

L’installateur me montre rapidement les menus, qui sont du reste self-explanatoires. PUISS APPAR SOUTIR c’est la puissance apparente soutirée, et PUISS MAX SOUTIR, la puissance crête.

Le geek en moi veut immédiatement jouer avec et connaitre sa consommation en temps-réel. C’est cool pour maîtriser son budget énergie.

Une brochure richement illustrée sur papier glacé, avec des bulles de couleur dans tous les coins (je ne sais jamais comment lire ce genre de brochure, de haut en bas, de droite à gauche, en zig-zag ou par code couleur?) , la brochure donc m’apprend que non, ça sera juste une fois par jour. Mais que dès juillet 2018 (tiens, c’était l’année dernière) ce sera heure par heure. On se contentera de ça.

Je souhaite connaître ma baseline informatique, la consommation de ce qui tourne 24/7.

Je coupe donc tout ce qui est lumière et climatisaiton. Je me contente de mettre le Mac Pro et son plantureux écran 28 pouces en veille (ce qu’il est la nuit quand je suis dans les lieux). Reste un frigo (de bonne classe énegétique) et quelques broutilles genre horloge.

Ma PUISS APPAR SOUTIR est de 420VA.

En gros, j’ai une lampe de 500 watts allumée en permanence.

Un peu décevant, après le mal que je me suis donné pour sélectionner des composants basse consommation.

Pour ce prix là, on a quand-même un Proliant micro, un NAS 6 places, une box, un routeur, et tiens une baie SONNET que j’ai oublié d’éteindre pour un grand total de 18 disques (dont 10 en veille ou présumée veille).

J’ai un peu honte de me vautrer de le réchauffisme mais on est geek ou on l’est pas.

Tiens j’ai une proposition pour @numerama : Chaque fois que vous conseillez du matériel, mentionnez donc sa consommation. Ça nous aidera à faire des choix qui sauvent la planète.

Ce soir, je passe au test de pollution du réseau.

Edit : revu les chiffres à la baisse (oublié d’éteindre une baie)


#2

Victime. Tu aurais pu refuser.

À quoi ça sert le temps réel ? Comme ça tu sais à quelle heure:minute:seconde pile tu dois éteindre ton micro pour ne pas dépasser la consommation de la veille ? :rofl: inutile

Simple: on ne la lit pas.

Si tu oublies de mettre à jour ton humain qui est venu te poser le compteur, c’est ton problème.

Déjà là, ça pue: pourquoi as-tu besoin de laisser tourner des trucs 24/7? Tu es entrepreneur et tu as tes propres serveurs chez toi ou quoi ?

C’est toi que j’ai vu chez Casto’ acheter des (vraies) torches de jardin par pack de 100 ?

Première mauvaise pratique: posséder un Mac Pro.
Seconde mauvaise pratique: pourquoi en veille et pas juste l’éteindre ? un shutdown now n’est pas accessible sur macOS ?

Connait rien en truc d’électricité. C’est beaucoup ?

C’est toi que j’ai vu chez Casto’ entrain de vendre de la beuh au rayon moquettes ?

true

C’est impertinent de dire ça: une box: laquelle ? un routeur: lequel ? parce qu’entre un routeur pour mémé et un ASA Cisco, t’as un troupeau de vaches de différence niveau consommation.

J’aime pas le mot geek. Il est mal utilisé ici. Et puis, un geek peut très bien être vert: je n’ai qu’un seul ordinateur portable (le même depuis maintenant 6 ans), pas de smartphone. Et pourtant je touche à tout :slight_smile:

Je plussoie de ouf. :+1: :+1: :+1: :+1: :+1: ping @julienc

Tu verras que tous tes petits SYN te coûtent très cher, et c’est là où tu vas regretter l’aspect sporadique des connexions HTTP de merde. #ViveHTTP/2.0 #AhNonCarUnDomaineChargeDesTrucsDepuisPleinDautresDomaines #EnfaitHTTP/2.0CestDeLaMerde

La bise :kissing:


#3

Je vais essayer de rester sérieux.

Le temps réel, c’est pour savoir “et si j’arrête ça, ça donne quoi ?”

A défaut d’avoir un watt-mètre par chassis (il doit exister des coffrets de distribution électrique avec sonde sur chaque sortie mais c’est hors de mes moyens) , la domotique ayant foiré grave sa race pour finir en thermomètres qui remuent la queue, tu es obligé de procéder par “j’arrête ça et je regarde ma conso”.

Tu peux aussi ballader un watt-mètre Casto de prise en prise. Mais Linky qu’on nous a bien cassé les burnes avec, il faut bien qu’il serve à quelque chose. Sinon c’est juste une grenouille murale.

Une fois que tu as trouvé le ou les gloutons, tu les remplaces par des versions moins énergivores.

C’est une stratégie. C’est pour s’amuser intelligemment. Je ne suis pas une industrie à moi tout seul. Les factures EDF ne me ruineront pas.

Le MacPro, ta gueule.

La veille, c’est pour intégrer sa consommation nocturne. En principe des nèfles, mais j’ai un doute sur l’écran. Faut qu’j’affine.

420VA c’est beaucoup et c’est pas beaucoup. Ça dépend. C’est vous qui voyez. Dire que tu as une lampe de 500W allumée en permanence ça peut foutre les chocottes. Mais quand tu branches le four, la clim, si tu as chauffage électrique + cumulus, ça douille grave plus.

Et enfin oui, c’est moi la pin-up qui t’ai vendu une chaise de jardin chez Casto.


#4

:rofl: :rofl: :rofl: :rofl: :rofl: :rofl: :rofl: :rofl:

JE LE SAVAIS !


#5

Bon. Si tu veux, l’idée c’est de voir comme la grenouille Linky peut nous permettre de maîtriser notre consommation. En ces temps de danger climatiques, ça me semble pas idiot.

Je sais que ce n’est pas le but du compteur intelligent. Il est d’abord là pour automatiser la collecte, facturer au plus juste (c’est-à-dire plus) et permettre les smart applications.

Donc tout à l’avantage du producteur.

J’ai pris le cas des ordinateurs parce que je suis un geek à poil dur. Mais tu peux faire pareil avec ton électro-ménager.

Il faut souligner l’échec lamentable de la domotique, qui devrait nous permettre de connaître la consommation prise par prise et d’afficher ça sous forme de jolies courbes et camemberts en couleur.

A défaut, ça se passe comment ? Tu regardes ta facture, tu te dis “oh elle est salée”. Tu remplaces tes lampes par des LED et tu attends la facture suivante.

Mais tu ne sais pas si tu a vraiment agis sur le bon levier. Peut-être que c’est le frigo le goret.

Tu as aussi les spécifications des appareils électriques, mais celles-ci sont données dans un cas particulier (souvent la consommation max) qui ne reflète pas la consommation effective. C’est amusant par exemple de regarder la consommation effective d’un ordinateur en fonction de sa charge, ou d’une télévision (qui consomme plus sur les images claires que sur les images sombres, regardez des films de nuit pour sauver la planète).

Linky permet une mesure fine en temps (même si elle est globale). Mais cette indication n’est disponible que sur l’afficheur du compteur et sa prise USB.

C’est là que le geek se réveille.

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Oui, tu peux extraire ta conso instantanée de la grenouille et faire tous les camemberts que tu veux. Si tu es prêt à tirer un câble Ethernet du compteur au PC. Il y a déjà des hacks amusants en cours.

C’est sous debian, ça devrait te plaîre.


#6

Suite au succès indéniable que rencontre cette discussion, je continue mon aventure dans le monde merveilleux du compteur grenouille.

Je rappelle les principes : 1/ Connaître sa consommation d’énergie est un pré-supposé pour agir dessus. 2/ On s’amuse avec Arduino & co.

Si vous déshabillez la grenouille (la capot vert n’est pas plombé), vous découvrirez trois bornes identifiées I1 I2 A. Ces bornes dissimulent une fonction au nom pompeux de “Sorties de télé-information client” et 300 pages de documentation à lire.



Le document de référence ENEDIS (ENEDIS c’est ERDF pour faire genre) nous apprend que c’est conforme à NF EN 62056-3-1, qui étend IEC 61142 surnommé EURIDIS (on aime beaucoup l’antiquité grecque chez les électriciens) remplacée par IEC 62056-31 que vous ne lirez pas parce qu’elles sont payantes.

On va simplifier en disant que c’est une liaison série asynchrone 1200 bauds (anciens Linky) ou 9600 (nouveaux), multipoint, modulée en amplitude sur une porteuse à 50 kHz. On y apprend (c’est important car le compteur est souvent éloigné) que ce bus peut s’étendre sur 500 mètres.

Ceci pour la couche physique. Les couches supérieures et leurs protocoles sont nettement plus touffues, mais ce n’est pas un gros problème en suivi de consommation où le compteur vous envoie cycliquement des paquets de données. « It’s only software ».

50kHz AM, ça existe clairement pas en informatique. On est face à un système typique construit par des électroniciens qui programment au fer à souder. On a donc un casse-tête supplémentaire puisqu’il va falloir faire entrer ces données dans un ordinateur. Pour fixer les idées, notre roadmap est la suivante :

Linky -> isolateur/démodulateur -> liaison série -> ordinateur

La liaison étant unidirectionnelle (on ne parle pas à la grenouille), il n’y a pas de modulateur.

Après pas mal d’heures de gougling, je classe les solutions en 3 catégories.

1/ La bidouille

On trouve un peu partout sur le web (1, 2, 3, 4, 5, 6) un schéma isolateur/démodulateur avec un optocoupleur et deux résistances.

Wow! C’est un isolateur, j’en conviens. Mais si un électronicien peut me convaincre que c’est un démodulateur, je veux bien l’écouter.

Cet article n’apporte pas l’illumination et ne fait que confirmer mes craintes. Ça tombe en marche, des fois.

Ce lien-ci nous propose un démodulateur un chouïa plus crédible, avec un NAND pour écrêter (on est des guerriers, on n’a peur de rien) et un monostable pour produire le bit.

Dans tous les cas, on enquille - si je puis me permettre - ce signal dans un adaptateur série-USB comme on en trouve partout (mais attention à la compatibilité software).

2/ Le “mi-modem” prêt à installer

Ce boîtier a l’air populaire. A l’intérieur, on retrouve le fameux optocoupleur (6N138) plus le chip série-USB à gauche. Ce dernier est un FTDI dont les chips sont en général bien supportés par les OS. Il s’agit donc du même circuit que plus haut, plus ou moins.

Existe aussi chez d’autres faiseurs.
Existe sour forme de carte Raspberry.
Existe pour Arduino.

3/ La centrale domotique

On embarque un OS et un serveur web, ça communique via Ethernet et ça donne ceci (150€) ou cela (200€). Le marché de petites boîtes est florissant.

Problème : il n’y a plus rien à programmer et le hacker qui sommeille en nous va s’ennuyer. La solution peut séduire le mi-hackeur.

Si vous flanquez quoi que ce soit d’évolué à côté de votre compteur, sachez que ERDF vous offre généreusement 130 mW (milliwatts) d’alimentation et qu’il faudra à coup sûr prévoir une alimentation séparée. Et il n’y a pas de prise au tableau électrique.

Discussion.

On a en théorie 3 choix pour le transport du compteur à l’informatique:

  • Étendre le bus Linky, nous avons vu qu’il supporte 500 mètres.

  • Étendre la liaison série. On peut tabler sur 100 à 150 mètres en 9600 bauds avec du Cat 5. Avec les circuits que j’ai vus, je ne donne pas cher de cette solution. La qualité du signal en bande de base (non modulé) risque d’être tellement mauvaise que l’UART n’y retrouvera pas ses billes. Avec un vrai modem, cependant, ça le ferait.

  • Étendre le bus USB : 5 mètres. On n’en parle plus.

Je passe sous silence les solutions sans-fil, plus complexes ou à base de yet-another-layer qui faut des machins en plus, Zigbee, Z-wave etc.

Un internaute qui a choisi la première solution affirme avoir tiré 50 mètres de Cat 6 entre le compteur et le boîtier Teleinfo. Juste ce qui me chiffonne est que la ligne n’est pas protégée par l’opto-coupleur (puisque ce dernier est à l’extrêmité). ERDF précise que « en cas de défaut », du 230V peut circuler sur la sortie téléinfo. Je n’ai pas trouvé de module simple isolateur à enficher sur le compteur pour étirer le bus téléinfo en toute tranquilité.

Dans l’épisode suivant de cette saga épique, nous regarderons ce qui sort de Linky, si j’arrive à mettre la main sur une sonde différentielle.

Avertissement standard : n’y touchez pas si vous n’avez pas de solides connaissances en électricité. Cela peut tuer gravement, et même définitivement.


#7

Je reprends ici ma saga, après avoir édité le titre pour plus de précision.

Parlons aujourd’hui du suivi de consommation sur le web ENEDIS.

Rendez-vous ici pour créer votre compte web. Vous aurez la surprise d’apprendre que le mot de passe arrivera par courrier papier. Une mesure de sécurité compréhensible mais un peu désuète

Le pigeon acheminant mon mot de passe s’étant perdu, un aimable conseille ENEDIS a pu enclencher la procédure immédiate. Ce qui ne sert à rien si votre l’installation de votre compteur est récente, puisqu’il faut un nombre de jours conséquent avant que la grenouille se décide à remonter vos informations. Attendez plutôt le pigeon.

Une fois ces conditions réunies, voici ce qu’ENEDIS nous offre:

Un bargraf à 31 colonnes. Vous devrez saisir date début/date fin sur un calendrier, et si vous demandez plus de 31 jours, vous aurez une erreur. Les barres gigotent pendant quelques secondes à chaque affichage, et ce n’est pas désactivable. On échappe toutefois au lapin qui remue la queue.

Le pied des ordonnées varie à son caprice. Si je sélectionne un jour de plus, le pied est à 11 kWh au lieu de zéro.

Bref, c’est une grosse déception.

J’ai néanmoins appris une première chose : ma baseline (consommation minimale incompressible) est de 15 kWh/jour (625 watts). Il n’y avait ni clilm ni chauffage en septembre-octobre. C’est le chiffre que j’ai maintenant pour mission de faire baisser en analysant la conso équipement par équipement avec d’autres moyens.

Dans le dernier épisode de cette saga, je rapporterai mon expérience de suivi en temps-réel. Il faut tirer un câble du compteur au tableau d’abonné (le truc avec tous les fusibles), ce qui n’entre pas encore dans le cahier des charges d’ENEDIS. Dommage!