Le retour des communs


#1

Ou comment l’économie médiévale vient au secours de l’économie moderne.

Le terme « communs » (commons en anglais) dérive du terme juridique anglais traditionnel de la « terre commune » (common lands). Cependant, si les common land étaient probablement possédées collectivement par une entité légale, la couronne ou une personne seule, ils étaient soumis à différentes règles de gestion et d’usage concernant par exemple le pâturage, la chasse, coupe de bois, de branchages, collecte de résine, etc. https://fr.wikipedia.org/wiki/Communs

La proximité de l’économie collaborative avec les communs vient du fait que les règles s’établissent de la base. Ce sont les utilisateurs qui vont définir les limites, qui acceptent de partager la propriété de leur voiture, de leur appartement. http://www.20minutes.fr/magazine/economie-collaborative/perspectives/et-si-letang-de-peche-etait-le-sauveur-de-leconomie-73317/

Pierre-Andre Mangolte présente le logiciel libre comme exemple d’un commun informationnel. Si le logiciel libre se distingue par la coopération et le partage, il n’empêche nullement sa marchandisation. https://jeanneemard.wordpress.com/2016/02/15/le-retour-des-communs/

Aujourd’hui l’échec de l’idéologie propriétaire est patent et spectaculaire.Cet échec s’exprime à plein notamment dans la crise financière qui a explosé en 2007-2009 et qui se poursuit aujourd’hui avec la crise des dettes souveraines. Ce qui est passionnant ici c’est que le point de départ et le cœur de la crise actuelle (dite « des subprimes ») nous met au centre même de l’idéologie propriétaire. Elle fournit une illustration parfaite de la manière dont une idéologie se transforme en force matérielle, ici en une force formidable de destruction. http://www.contretemps.eu/crise-lideologie-proprietaire-retour-communs/


#2
  • ça donne l’impression de ré-inventer la roue. Les règles s’établissent toujours de la base en démocratie, simplement comme on est beaucoup, il est obligatoire de déléguer, et c’est pour ça qu’il existe Maire, députés, etc

  • Tous les trucs d’économie collaborative, c’est juste un retour au village gaulois… on croit que ça fonctionne parce que c’est une toute petite echelle locale.

  • prenons un vide-grenier/troc, ça marche très bien. Faisons un vide-grenier avec 70 millions de gens, il va falloir sacrément reglementer tout ça (déja un vide-grenier ça gueule quand le voisin dépasse d’1m)… au bout de quelques temps, les champions du vide-grenier vont emerger, et ça va s’appeller… le CAC40. La boucle est bouclée.

  • c’est une vision totalement naïve, la propriété c’est inné, tu prends la nourriture d’un animal, tu te prends un pain. C’est valable du lion jusqu’au bébé à la crêche. Et puis le fameux système de gouvernance du commun… ça veut dire corruption, chantage, détournement etc comme d’hab…

  • la propriété c’est au contraire une façon de se proteger des autres et de leur malfaisance. L’article dit que la crise des subprimes a touché les propriétaires, c’est totalement faux… ! si on te reprend ta maison c’est que tu n’étais pas propriétaire, c’était la banque qui l’était ! comme à chaque fois que quelqu’un achète avec un prêt, il n’est pas proprio avant 25 ans. C’est quand même énorme de lire de telles bêtise venant d’un économiste…


#3

C'est dingue cette propension que tu as à être systématiquement en opposition dès qu'une personne ouvre la bouche. A aller chercher même des arguments fallacieux coûte que coûte pour pouvoir user de ton pouvoir de malfaisance.


#4

Je le lis plus moi. Réac, soporifique… inutile.


#5

Et de leurs données personnelles. La perversité du système va jusqu’à priver les gens de ce qui leur appartient intrinsèquement tout en prônant le droit à la propriété matérielle sans limites.


#6
  • je réagis à largement moins de 5% des interventions. C’est pas terrible 5% pour “systématiquement”.
  • et si c’est pour être d’accord, il y a le bouton j’aime.

#7

J'aime bien l'idée (et les AMAP), si j'en crois Wikipédia c'est plus ou moins cyclique le retour à cette forme d'économie. Ça correspond surement à un besoin de ré-équilibrer un peu la répartition des richesses (on se rapproche du communisme).

Dans cette idée, en poussant un peu le truc on arrive à une économie confiscatoire ou un bien est la propriété de tous et celui qui veut s'en approprier une part en est exclus. Ça fonctionne sur une petite échelle et c'est la seule prétention que ça devrait avoir pour ne pas être dénaturé.

La difficulté c'est de trouver un équilibre entre ce besoin d'économie participative et l'économe capitaliste. Ce qui fonctionne bien avec des logiciels libre peut-il marcher avec des légumes ? C'est sympa d'avoir son petit panier de l'AMAP mais tout le monde ne peut se permettre d'y aller (temps, argent, lieu d'habitation) et tout le monde ne peut/veut jardiner. Il faut donc acheter/vendre à un intermédiaire. On se retrouve donc avec ceux qui font et ceux qui consomment.

De plus il y a forcément ceux qui parasitent le système, profitant des avantages sans jouer le jeu.


Depuis que je suis gamin je campe dans des GCU (Groupement de Campeurs Universitaires)

"Le G.C.U. est une association régie par la loi 1901, créé en 1937 par quelques militants de la M.A.A.I.F. (devenue M.A.I.F.), désireux de partager ensemble les joies du camping.

Fondé dès son origine sur les principes d'autogestion, de tolérance
et de laïcité, le G.C.U. regroupe toutes les personnes partageant ses
valeurs fondatrices humaines, laïques, solidaires et conviviales,
acceptant sa conception du camping basée sur le bénévolat et la gestion participative et adhérant sans restriction à ses statuts, son règlement intérieur et ses consignes de fonctionnement."

Les prix ont longtemps été nettement plus compétitifs que dans d'autres campings, avec un vaste choix de camps parfois placés dans des endroits qui coutent une blinde dans les autres camps. Les terrains ayant été achetés par les fondateurs de l'assoc' au tout début de l'instauration des congés scolaires.

En échange de tarifs avantageux, chacun est tenu de s’acquitter d'un "service" : nettoyage des sanitaires (1 fois dans le séjour) et une journée/demi journée (suivant taille du camp) d'accueil à l'entrée du camp. Accueil des arrivant, paperasse administrative rudimentaire et "Maître des clefs qui ouvrent les placards importants".

C'est sympa de faire tout ça. Le nettoyage des chiottes et des douches se fait en groupe, ça permet de papoter et de faire se rencontrer des gens qui ne se serait pas forcément croisés autrement. L'accueil c'est "sympa" aussi (tout est relatif, on est toujours mieux à la plage...^^) et c'est agréable d'avoir quelqu'un qui t'accueille quand t'arrive.

Ouvert aux gens de l'éduc' nat' et autres universitaires adhérents MAIF, globalement l’ambiance est bonne et avec des gens qui ne sont pas consanguins.

Une fois par semaine il y a un conseil de camp. Accompagné d'un apéro ou d'une bouffe commune dans certains camps. Dans un petit camp familial c'est extra. Supers souvenirs...

A ce conseil de camp on fait le point sur la semaine, robinet qui fuit, les jeunes qui font du bruit, le concours de pétanque, etc.

  • ET on élit un chef de camp ! Bénévole, bien sur. Il endosse un peu plus de responsabilités que les autres : appel à une société d'électricité si une borne fait de siennes, idem si la fosse septique est bouchée, etc. Le chef quoi. (pas de lien de subordination, il ne donne pas d'ordre).

  • ET on élit également le trésorier. Alors lui il va se taper une heure de compta par jour toute la semaine : les gens qui payent en partant, la récolte des sous pour la commande de tartes Tropéziennes. Etc.

Le conseil n'est pas fini tant qu'il n'y a pas un chef et un trésorier.

Tout le système repose sur ça, nettoyage des sanitaires 1X , accueil 1X + chef et trésorier 1/sem. Les petits prix sont à ce prix.

Le truc, et c'est la que je voulais en venir, les représentants, et les représentants de représentants, à Paris, ont décidés d'élargir l'accès à un peu tout le monde. Et ça nuit gravement au système car certains ne jouent pas le jeu, se défilent pour les services et se croient dans un camping "normal". Le côté participatif bon enfant en prends un coup.

Je rejoins plus ou moins le point de vue de @Discovolante sur la durabilité de chose. je crois aussi qu'un tel système économique finira par être aspiré par le capital.

Je suis profondément convaincu que l'Homme est intrinsèquement capitaliste et que s'en éloigner demande un effort, une réflexion.

"Ça c'est à moi".
"Ça c'est à toi"
"Ça c'est à moi, pas à toi"
"si t'en veux tu me donnes quoi en échange"

"Viens, on partage" : s'il n'y a pas de situation qui demande de mutualiser les efforts je n'y crois pas. Pas naturellement. Pas le plus grand nombre.

Bon, c'est très personnel, j'ai une opinion assez sombre des humains.


#8
  • depuis 5000 ans de civilisation, on a un peu tout essayé, c'est naif les gens qui redécouvre l'eau chaude. Z'ont oubliée les comunautés hippies 70's les gens ou quoi ? c'est parti en sucette....

  • Le système actuel en France est largement le plus efficace : propriété et capitalisme avec régulation forte qu'on peut appeler "de gauche". L'amélioration majeure est le revenu universel.


#9

Je suis totalement en désaccord avec cette conclusion.

Au contraire, l’altruisme, le partage, la réciprocités sont des comportements qui ont été acquis naturellement au cours de l’évolution et ont procurés un avantage évolutif certains aux espèces qui ont une organisation sociale.
Par exemple le loup vis en meute, coopère avec ses semblables et partage la viande chassée avec l’ensemble des membres (au contraire du chien semblerait-il)
Beaucoup d’hominidé vivent également en groupe (famille élargie) et s’entraident, protègent les plus faible.
Idem pour l’ensemble des espèces humaines découverte à ce jour. Avant l’invention de la monnaie (sous toutes ses formes), les humains vivaient en tributs (famille élargie) ou la réciprocité et le partage étaient la norme. Il n’est pas possible de survivre sans cela.

La principale limite de ce comportement et son échelle d’application, la famille / tribu. Cela à plusieurs conséquences :

  • Il faut défendre le groupe face aux autres groupe. Dès qu’un groupe de loups, d’hominidé etc, pénètre le territoire d’un autre, c’est la guerre.

  • Ça ne peut pas s’appliquer aux société les plus avancées techniquement. Car pour cela, il faut que les individus ce spécialisent.

Les loups n’utilisent pas d’outils et font tout via leur capacité physique. Les hominidés, hors humains utilise pas ou extrêmement peut d’outils, ils également très peu spécialisés, le système fonctionne donc toujours.
Chez les espèces humaines, ça a pu fonctionner pendant des millions d’années. Malgré la découverte du feu, de la taille de pierre, du travail des peaux etc. ces spécialités pouvaient sans problèmes être maîtrisées au sein d’une même tribu.
Mais voilà, Homo sapiens a décidé de se sédentarisé et n’a cessé de se spécialisé depuis : céréalier, éleveur, tisseur, potier etc. Au début c’était encore gérable au niveau de la tribu / village mais rapidement il est apparu que les échanges inter groupes étaient plus efficaces.
Aujourd’hui difficile d’avoir au sein d’une même famille toutes les spécialités nécessaire à notre niveau de vie (ou alors, c’est la famille Corleone).

Le capitalisme était une forme d’organisation plutôt bien adaptée à l’ère industrielle et sa forte croissance. Cependant, le capitalisme pur, totalement libre n’a jamais vraiment été appliqué. Il a toujours fallu le réglementer. Ce système n’a rien de naturel.

Aujourd’hui, il est encore plus nécessaire de le réglementer. C’est encore ce qui fonctionne le mieux mais ce ne sera pas éternellement le cas. Comme tout système, toute organisations, il finira forcément pas laisser la place à autre chose.

Par contre, la réciprocité, l’altruisme, le partage seront là tant que l’espèce humaine existe.

Je pense qu’au fur et à mesure que nous progressons, les comportements violents et agressifs (qui sont eux aussi naturels) pourront être inhibé à un point (la société n’a jamais été aussi peu violente qu’aujourd’hui) qu’il sera possible de revenir à un système basé sur l’altruisme et la réciprocité, un système reposant plus sur la responsabilité individuelle qui sera valable à grande échelle.

Pour conclure, je vais simplement citer les propos du professeur Henri Laborit à la fin du film “Mon oncle d’Amérique” :

[…]Or l’homme n’est fait que de son contact avec les autres hommes. Ne pas être conscient qu’il faut au moins canaliser les instincts de domination (puisque nous ne pouvons les éliminer) ne peut conduire qu’au malheur individuel et collectif. […]
Pour aller sur la lune, on a besoin de connaître les lois de la gravitation. Quand on connaît ces lois de la gravitation, ça ne veut pas dire qu’on se libère de la gravitation. Ça veut dire qu’on les utilise pour faire autre chose.


#10

À moyen terme, je pense que c’est ce qu’il y a de mieux. Mais je rajouterai une meilleur intégration de l’impacte sur les écosystèmes des activités humaines. Aujourd’hui, piocher dans la nature ne coûte rien, en dehors des coût d’extractions et de concession eux-même.
On a du progrès à faire de ce côté là.


#11

Tellement efficace qu’on a 3 millions de chômeurs, 4 millions de mal logés et à l’inverse le parton de Facebook qui en 10 ans possède autant que tous les citoyens d’Afrique pendant tout leur vie.


#12

+1, le logiciel libre est un exemple de “communs”


#13
  • c'est peanuts... et objectivement quand tu vois la qualité du travail que fournissent la plupart des gens, je m'étonne toujours qu'il y ait aussi peu de chomeur. Sortir de la logique du "gagner sa croute", qui est obsolète au 21ème siècle, c'est très différent de l'abolition de la propriété.
  • il devrait être taxé beaucoup plus, c'est clair. NIel est multimilliardaire avec les taxes françaises, preuve qu'on peut.

#14
  • prenons Firefox, il n’existe que grace aux dizaines de million de $ injectés par Google qui n’a rien de “commun”.

#15

Oui, mais comme tu le dis toi même, ce sont des acquis. Nous naissons individualistes. Toutes espèces confondues. C'est une question de survie. Moi d'abord.

Le partage s’apprend.

Chez les animaux c'est aussi la loi du plus fort et le plus fort règne sur les autres.

Tu parlais des loups, oui, ils chassent ensembles, car ils y ont un intérêt commun. Mais dans la meute, seuls le mâle et la femelle alpha se reproduisent(1) et ils prennent les décisions pour les autres. Ils ont aussi la priorité sur la bouffe. Dans la hiérarchie de la meute tu as même la place du tocard, au bas de l'échelle, qui mange les restes après les autres.

L'effort de chasse et sa récolte sont partagés. Oui. mais faut voir comment...

Pareil chez les lions, les femelles chassent, le mâle mange.

La coopération sociale vient ensuite, par nécessité.

Je n'ai pas encore vu ton émission mais il me semble que le chien s'est rapproché de nous par opportunisme non ?

Quant aux motivations altruistes, ça doit être anecdotique.


Tout comme l'envie, la cupidité et l’égoïsme. :confused:

Il y aura toujours des Bernard Madoff.


:grin:

Laquelle ?


.(1) "L’un des rôles les plus importants du couple alphas est de réguler les activités reproductrices de la meute. Cette régulation empêche ainsi de détruire les proies par surconsommation, ce qui signifierait la mort de la meute à plus ou moins long terme."


#16

Il ne faut pas non plus s’aveugler sur ce qu’ont été les régimes communistes.

Je pense que c’est essentiel de trouver un équilibre entre ces deux systèmes. Une cohabitation. Exclusivement l’un ou l’autre c’est voué à l’échec.

Dans le cas du communisme, pas tant à cause des idées Marxistes qu’à se qu’en ont fait les hommes. Notre nature profonde ressort toujours (@T82-135 :wink: ) les grands dirigeants communistes se sont tous goinfrés. Les perdants étant le petit peuple (toujours baisé) et les bourgeois à qui on a confisqué des biens. Ce n’est pas de l’égalité.

Dans le cas du capitalisme : parce-que c’est une machine infernale qui en veut toujours plus, si ce n’est pas canalisé c’est la cata.


#17
  • le régime communiste c’était le revenu universel mais avec obligation de travail, du moins obligation de faire semblant. Zéro chomage mais tu peux être préposé à faire la circulation d’une route vide. En version moins conne/dictatoriale, autant que la personne reste chez elle à regarder la télé et/ou s’occuper de ses enfants.

#18

Non, "acquis au cours de l’évolution" (L'Évolution des espèces) -> c'est devenu un comportement inné.

Mais les autres lui laisse à manger. Ce qui est loin d'être évident. Peu d'espèces font cela.

Les chiens semblent moins coopérer et le plus fort bouffe tout sans rien laisser aux plus faibles (mais ce sont des résultats d'expérience préliminaires). L'hypothèse est que les chiens (qui sont une sous espèce de loup gris) ont été sélectionné pour obéir et être dépendant de l'homme et aurait ainsi perdu leur faculté de vivre en meute.

Oui, mais nous avons le cortex le plus développé sur Terre. Nous avons une faculté de réflexion de de conscience de soit inégalée. À nous de prendre nos responsabilités et de faire ce qu'il faut pour développer nos qualités et inhiber nos défauts (cf. conclusion du message précédent).

Mauvaise formulation de ma part :

https://youtu.be/xr_Ecq3zDIs


#19

C'est peanuts ? 3 millions de vies gâchées et sans doute autant de vies d'enfants qui n’auront pas d'avenir pour toi c'est peanuts ? Faudra pas venir pleurer que tout ce monde la vote Le Pen ou fasse le choix de l’intégrisme.

Et accessoirement aussi c'est un non sens économique. Ces gens coutent une fortune à éduquer alors qu'ils ne travaillent pas donc ne cotisent pas et faute de salaire n’achètent rien.


#20

On parle pas de régime communiste. Par exemple j'ai en mémoire un étang communal que j'ai visité. Un camping y est installé, une zone de pèche et un restaurant géré par les associations de la ville. Chaque club de sport ou de musique vient travailler une semaine bénévolement et utilise la recette pour financer son fonctionnement. C'est plus profitable pour eux que d'avoir un prestataire privé qui gère pour la mairie et une subvention aux assoc avec ce qui reste.