Commentaires : La Sacem s'arrange avec la réalité, qu'elle choisit d'ignorer

musique
iphone
sacem
copieprivée
Tags: #<Tag:0x00007f3d2a038388> #<Tag:0x00007f3d2a038248> #<Tag:0x00007f3d2a0380e0> #<Tag:0x00007f3d2a03b628>

#1
Jean-Noël Tronc, le directeur général de la Sacem, a accordé ce lundi une interview au journal Les Echos, dans laquelle il défend l'importance des industries culturelles en France et en Europe, par rapport aux industries numériques où les champions restent exclusivement américains ou asiatiques. Il y enchaîne une série de vérités arrangées, voire de mensonges.

Ainsi par exemple, il affirme que "les industries culturelles françaises pèsent au minimum 1,5 million d'emplois, essentiellement non délocalisables, et une étude de 2010 estime les emplois culturels à 15 millions en Europe". Mais il tire ces chiffres ridiculement élevés de la grotesque étude Tera, commandé par le BASCAP, une organisation présidée par Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance de Vivendi. Pour affirmer que la culture représentait 6,9 % du PIB européen (sic), l'étude raclait tout ce qu'elle pouvait, en additionnant les producteurs audiovisuels, les éditeurs, les agences de publicité, les éditeurs de logiciels et de contenus en ligne, les fabriquant et vendeurs de matériels (téléviseurs, lecteurs MP3, etc.), et même les entreprises de transport routiers, parce qu'elles transportent aussi des CD et des DVD. 

L'étude Tera, qui a réussi son office de lobbying, affirmait que le secteur de la création embauchait 1 million de personnes en France. Mais pourtant comme nous l'avions rappelé, les services du ministère de la Culture lui-même ne reconnaissent que 157 000 emplois salariés dans le "champ des industries culturelles" :



Lorsqu'elle était ministre de la Culture, Christine Albanel avait ignoré ces chiffres proposés par son propre ministère, et évoqué celui de 500 000 emplois menacés pour justifier la loi Hadopi. Il s'agissait déjà d'une étonnante inflation, sans commune mesure avec celle retenue par Jean-Noël Tronc.

Par ailleurs, pour s'attaquer aux grandes entreprises américaines, M. Tronc affirme que "Amazon va certes créer quelques centaines d'emplois avec son nouvel entrepôt, mais Virgin risque d'en supprimer 1.000". Or ce sont 2 500 emplois qui ont été annoncés par Amazon (pour les périodes fortes, avec intérimaires). 

Enfin, pour défendre la "taxe copie privée", qui fait l'objet de décisions sans cesse contestées devant les tribunaux et pour laquelle même le législateur se rend coupable d'abus de pouvoir, Jean-Noël Tronc use d'un argument maintes fois entendu, mais toujours faux. Il prétend que la taxe pour copie privée ne lèse pas le consommateur, puisqu'elle serait prise en charge par les constructeurs et distributeurs, en rognant sur leurs marges. Une manière de dire au consommateur que l'ennemi est l'industriel, et non la Sacem.

Ainsi, Jean-Noël Tronc (qui disait récemment qu'un smartphone n'a d'intérêt que pour écouter de la musique) affirme que "un iphone 5 coûte aussi cher à Londres, où la copie privée n'existe pas, qu'à Paris". Or c'est faux, comme le montre un comparatif entre les sites britannique et français d'Apple. Sur le premier, l'iPhone 5 de base est vendu 478,16 euros HT. Sur le site français, le même iPhone 5 coûte 567,73 euros HT :

Lire la suite


#2

Commentaire modéré : pas d'insultes merci


#3

Tronc et Fourtou. Ca ne s'invente pas !


#4

Belle analyse.

Merci Guillaume.


#5

Euh, tu l'as eu où ton taux de change Guillaume, ça m'intéresse... :)
Parce qu'en ce moment la livre serait plutot à 1.20€ ce qui nous met l'itruc autour de 528€, ça reste moins cher mais ça n'a rien à voir avec ton chiffre... Et en prenant le taux du mois de novembre par exemple, il n'y a plus lourd de différence.


#6

En lisant ça, je me pose la question : hypercrapule fait de l'automodération en précisant que le seul commentaire possible à la lecture de ce démontage en règle d'un hypermenteur serait une bordée d'insultes ou est-ce vraiment l’œuvre du modérateur qui l'a sauvagement swordé ?

La première interprétation me convient parfaitement mais je ne suis pas trop sûr que ce soit la bonne.


#7

je sais pas où tu as trouvé cette conversion GBP -> EUR, parce que là non ! https://www.google.ch/search?q=440+gbp+to+eur&aq=1&oq=440+GBP+t&aqs=chrome.2.57j0l2.4331&sourceid=chrome&ie=UTF-8

Il reste une différence, mais faut pas déconner.


#8

Comique de lire Guillaume Champeau accusant autrui de s'arranger avec la nature des choses. Lui même pourtant autoproclamé spécialiste du droit de la propriété littéraire et artistique continue à affirmer que la Copie Privée est une taxe alors qu'il s'agit d'une redevance. S'il veut être crédible il faudrait peut-être qu'il assume la réalité et qu'il appelle un chat un chat. Et on attend son opinion sur la redevance opportunément disparue en Espagne au seul profit des industriels qui n'ont en rien modifié leurs tarifs et ont empoché 100 millions d'Euros sur la cassette et du public et de l'État. Il est vrai que Numerama est rémunéré par la publicité des membres du lobby de l'industrie numérique. On comprend mieux pourquoi on s'y attache à servir de relais à leur propagande communication. Au minimum on ne mord pas la main qui nourrit.

Au minimum... Il n'y a pas si longtemps le blog du Secimavi, un des organes officiels du lobby ne prenait même pas le temps de rédiger des billets et renvoyait purement et simplement aux articles de Numerama, élevant ainsi ce webloid du numérique au rang de journal officiel de l'industrie. Normal, ce sont eux qui paient après tout. Un peu gros : le site a été refait et éliminées toutes références à Numerama dans les pages ; plus discret.

Au minimum... On ne se souvient peut-être pas qu'au site Arrêt sur Images qui posait la question du financement du webloid Guillaume Champeau avait répondu qu'il ne souhaitait pas communiquer là dessus et avait renvoyé aux sites spécialisés, tels que SOCIETE.COM où l'on trouverait comptes, bilans et autres documents de la société PRESSTIC qui édite Numerama déposés au greffe ; en toute transparence. Mensonge ?

La perfide et opaque Sacem publie tous les ans son bilan annuel et on aimerait que Guillaume Champeau qui prend souvent plaisir à la mettre en accusation, suive l'exemple, ne serait-ce que pour dissiper toute ambiguïté sur son financement. Il y gagnerait en crédibilité.


#9

Chuuuuuut !
C'est censé être la SACEM les menteurs ^^


#10

Comique de lire M4khno parlant d'un détail de l'article et détournant la conversation quand il ne lui est pas possible d'attaquer le fond.

Taxe ou redevance, on s'en fout . Quelque soit le nom de cette aberration, les consommateurs payent et n'ont droit à rien en retour.

Edit : la comparaison Sacem / Numerama n'a vraiment aucun sens...
Numerama n'a pas à rendre de compte, Numerama n'as pas d'adhérent et n'a pas à leur redistribuer quoi que ce soit contrairement à la sacem...


#11

Ouais, ou l’art d’enculer une mouche.
Une redevance c’est une taxe proportionnelle au service rendu.
Une taxe est fixe sauf lorsque qu’elle augmente et très, très, rarement lorsqu’elle diminue


#12

"Commentaire modéré : pas d’insultes merci…"

Dommage, j’en avais tout un chapelet en réserve ! :mdr:


#13

Tiens, le lobbyiste de service vient jouer sur les mots !
Taxe ou redevance… tu paies… en euros sonnants et trébuchants, capito ?


#14

[quote name="hypercrapule" date="21/01/2013 - 13:39" timestamp="1358771969" post="1568035"][i]Commentaire modéré : pas d'insultes merci[/i][/quote]
Bon, ok , d 'accord.


#15

Pour être plus exact il ne s'agit pas d'une redevance, mais d'un racket organisé.


#16

Pas le temps de creuser, mais un journaliste curieux se régalerait certainement...!

Tronc dans les échos :
"mais aussi, passé presque inaperçu, l'abandon de la vente de musique au format dématérialisé par la Fnac, qui a transféré cette activité à iTunes. Pourquoi ? Parce qu'iTunes, donc Apple profite du dumping fiscal luxembourgeois".

Fnac appartient à PPR.

PPR possède 97 filiales dans les paradis fiscaux, faisant partie des plus mauvais élèves du Cac 40.

Je ne dis rien de plus, mais pas impossible que ce Tronc
soit aussi fiable pour parler de culture d'exception numérique et d'industrie culturelle
qu'un mafioso pour parler de morale de fiscalité publique et de sens de l'Etat.


#17

Tu as raison, une taxe revient à l'Etat. Là, il s'agit plutôt d'un racket.
Puisque le funeste plus haut va se perdre en arguties, voici la définition du racket, telle que trouvée sur Mediadico : "Extorsion d'argent par intimidation ou par abus de la force." Vu le mode de fonctionnement de la fameuse Commission copie privée, qui profite de sa majorité permanente pour imposer ses tarifs, je pense que l'abus de la force est largement démontré et qu'il s'agit bien d'un racket selon les termes de la définition.


#18

"Il prétend que la taxe pour copie privée ne lèse pas le consommateur, puisqu'elle serait prise en charge par les constructeurs et distributeurs, en rognant sur leurs marges."
Oh comme je voudrais entendre son explication de comment ils peuvent faire passer une taxe dans leur marge lorsque la taxe est plus grande que le prix final hors taxe copie privée (comme c'est le cas pour les dvd et cd). Je suis sûr qu'Escher pourrait lui faire un schéma pour son explication.


#19

C'est vrai que les flux entre les différentes sociétés supposées rétribuer les auteurs sont extra-clairs et sans ambiguïté, et ne sur-ponctionnent pas du tout ce que les auteurs devraient toucher en ayant créé de toute pièce et artificiellement des étages non-nécessaires juste pour s'auto-alimenter davantage...

Et oui, les mensonges des lobbyistes, on les a maintes fois dénoncé, ce qui ne les empêchent malheureusement pas de continuer à les proférer.
Et dire que certains d'entre eux ont encore contribué à salir encore un peu plus la légion d'honneur...
D'honneur, ils n'ont que le point qu'ils mettent à gruger le système pour s'en foutre toujours plus dans les pognes, au détriment de l'équité, du consommateur, des artistes, et des commerçants français.


#20

Et voilà, une fois de plus, les redresseurs de torts se font faiseurs de tort.

C'était pareil avec HADOPI et c'est pareil avec Free.

Quelle légitimité pour Numérama, la sous-CGT du web ?