Faut-il tolérer l’intolérance ?

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#1

Cette question, qui a l’air d’être tout droit sortie d’un sujet de philo tombé au bac, est plus que jamais d’actualité dans le monde des Internets (toute ressemblance avec des faits survenus récemment serait fortuit, vraiment, non vraiment, aucun rapport). C’est de la philo, oui, mais :

  1. Ça fait toujours du bien de s’arrêter et de réfléchir,
  2. Je suis sûr que vos contributions à ce fil dépoussiéreront les barbus à pull rayés fumeurs de pipe,
  3. C’est aussi comme ça qu’on trouve des solutions à des problèmes.

On va prendre quelques longueurs d’avance parce-que [SPOILER] cette question a déjà été résolue (du moins, on le croyait).

Karl Popper, l’éminent philosophe, réponds que non mais… ça dépend :

« La tolérance illimitée, écrit-il , doit mener à la disparition de la tolérance. Si nous étendons la tolérance illimitée même à ceux qui sont intolérants, si nous ne sommes pas disposés à défendre une société tolérante contre l’impact de l’intolérant, alors le tolérant sera détruit, et la tolérance avec lui. »

Sauf que. Sauf que, bah, y a des limites :

« Tant qu’il est possible de les contrer par des arguments logiques et de les contenir avec l’aide de l’opinion publique, on aurait tort de les interdire, précise–il . Mais il faut toujours revendiquer le droit de le faire, même par la force si cela devient nécessaire, car il se peut fort bien que les tenants de ces théories se refusent à toute discussion logique et ne répondent aux arguments que par la violence. Il faudrait alors considérer que, ce faisant, ils se placent hors la loi et que l’incitation à l’intolérance est criminelle au même titre que l’incitation au meurtre, par exemple. Si l’on est d’une tolérance absolue, même envers les intolérants, et qu’on ne défende pas la société tolérante contre leurs assauts, les tolérants seront anéantis, et avec eux la tolérance. »

Vient alors les questions :

  • Selon vous, la modération d’un forum ou d’une section commentaires d’un site internet, garante du respect et de la tolérance entre les contributeurs qui nourrissent un débat contradictoire, doit-elle échapper à cette logique ?

  • Dans le cas où vous penseriez que les intolérants ne seraient pas ceux que l’on mettrait au pilori (et par “on”, j’entends qui vous savez…), quelles solutions, mesures, prendre pour faire en sorte que ce site reste un endroit où chacun peut initier ou participer au débat, même de manière houleuse, sans craindre de se faire ban parce-qu’il aurait ̶u̶n̶ ̶p̶e̶u̶ ̶t̶r̶o̶p̶ ̶d̶i̶t̶ ̶l̶a̶ ̶v̶é̶r̶i̶t̶é̶, pardon, un peu trop critiqué les modos/journalistes ou que ces derniers s’étaient levés du pied gauche le matin même ?

À vos claviers !


Commentaires : Faire pipi dans la piscine n'est pas seulement sale, c'est mauvais pour la santé
#2


#3

Personnellement je suis intolérant au céleri et aux contenus 404 …


#4

Je ne tolère pas un site qui abuse du Javascript.

oh wait …


#5

Je ne vais pas répondre à tes questions parce que vouloir changer la modération est 1/ impossible ; 2/ une perte de temps ; 3/ contraire à l’article 2. Et je m’étonne que tu ne l’aies pas compris.

Je vais plutôt pointer l’étonnant divorce (partiel) entre la ligne éditoriale et la communauté des commentateurs. Trois ans après, le fait est singulier. On aurait pu penser que la vieille garde, prenant acte de l’évolution, aille voir ailleurs si l’herbe est plus verte. Et qu’une nouvelle prenne la relève.

A part un trio (ou un quarteron) de supporters inconditionnels, il n’en est rien. Relève où es tu? On te cherche.

L’article sur Kingdom Come Deliverance se prend une volée de bois vert et - fait significatif - pas seulement par les contradicteurs patentés. Et parfois en des termes plus crus par les numéranautes nouveaux. Celui sur Ninja, pas mieux. La relève envoie autant de bois que les vieux croutons.

La situation est doublement inconfortable. Pour la rédaction, qui se trouve dévalorisée. Par cette guerre des anciens et des modernes qui plombe les discussions. Au passage, cela apporte de l’eau à mon moulin (le so-called progressisme conduit à une multi-fracturation de la société).

Une chose qu’on ne pourra pas contester est que la communauté at large, c’est-à-dire les éternels pinailleurs que nous sommes plus les nouveaux impétrants, est loin d’être apaisée et, pour dire mon sentiment, verse dans l’hystérie.

On peut se consoler en disant que c’est bon pour l’ « engagement ».

Je formule ici l’hypothèse osée que Numerama est dans sa bulle hipster conscientisée (féministe, écolo, végan et festif) et ne parvient pas à rejoindre ce segment sociodémographique parce qu’il n’existe pas, ou plus, ou pas encore, en tous cas à l’extérieur du périphérique et de Twitter.


#6

Vous lisez encore les articles vous ? J ai arrêté depuis un bail perso. Depuis la refonte au moins.


#7

Oui, t’inquiète on a bien remarqué que tu parlais sans connaître ton sujet. Y a vraiment rien pour en être fier, en revanche.


#8

Pas besoin de lire les articles de Numerama pour connaître le sujet malheursement.


#9

Ça se passe toujours comme ça les épreuves de philo ?


#10

Ah :sweat_smile: ba c’est dommage quand même, moi qui m’étais donné du mal… Mais j’aime ton esprit rebelle, grand fou !

Je l’ai bien compris, ne t’en fais pas. C’est pour ça que je demande s’il n’y a pas d’autres solutions, autres que demander gentiment, qu’on peut proposer pour y remédier.

C’est triste dans faire le constat mais +1. En revanche, je pense que ça profite à mort à Numerama : + de commentaires (c’est le but des polémiques qu’on commence et qu’on entretient), + de temps passé sur le site donc amélioration du SEO, donc meilleur ranking de Google, + de nouveaux entrants qui tombent randomly sur le contenu dans leur moteur de recherche préféré (dont les SJW/fémino-puceaux/hystériques vulvo-maniaques et toute la clique, qui peuvent rapporter du clique en partageant les articles à leur communauté sur Twitaire), et ainsi de suite… C’est le business model de Buzzfeed, Brut et compagnie, et c’est triste à dire mais ça paye, et le fait que Numerama soit positionné sur la niche du numérique généraliste accessible qui agit comme un agrégateur de contenu (sur Apple, Snapchat, la dernière polémique Twitter, etc.) ça fidélise la nouvelle génération trou-de-ballo centrée qui utilise ces appareils et ces applis à la con et qui aurait pas forcément le temps et l’envie d’aller chercher l’information, surtout si elle est difficile à digérer intellectuellement. Comme tu dis, c’est bon pour l’engagement, et dans une boîte qui a maintenant pour priorité d’être rentables plutôt que d’être une vraie référence du numérique, c’est tout ce qui compte.

J’ai du mal à comprendre ton dernier paragraphe. Tu peux reformuler ?


#11

Généralement, la présentation du sujet est beaucoup moins cool (ouais je me jette des fleurs ouais ; vu que personne le fait, faut bien que quelqu’un s’en charge…).


#12

C’est pas gentil de faire perdre à @anon75590001 son rang de chef d’escadrille…


#13

Quand l’un des nôtres est pas très en forme, d’autres prennent le relais jusqu’à ce qu’il revienne en force. C’est mon ptit côté solidaire de marxiste, qu’est-ce que tu veux, on se refait pas…


#14

Tu sais, être un beauf sexiste derrière un pseudo sur un forum internet peu fréquenté c’est à la portée de tout le monde.


#15

Le projet sociétal mis en avant par Numerama ne rencontre pas d’écho dans la population (hors Twitter et Paris intra-muros).


#16

Moi je suis à Lyon, mais je crains de m’être égaré pendant le débarquement.


#17

Ah ok. Mais je pense que c’est pas forcément l’objectif de la nouvelle équipe de s’adresser au bouseux de la province (“attends, les mecs ils sortent à peine des champs, comment veux-tu qu’ils comprennent à quel point les LGBTQCON sont oppressés, Jean-Eud ?”). Et honnêtement, vu que ça court pas les rues et que c’est pas le sujet favori le dimanche midi en repas de famille, c’est un mauvais public pour Numerama, il serait pas assez fidèle (et assez maso) pour reprendre sa dose de manière constante.

Au contraire, je pense que c’est tout à fait logique que Numerama se focalise sur de l’audience Twitter/Parisano-centré, parce-que là ça court les rues (t’as même les chars chaque année, et des arrondissements quasi réservés), c’est un sujet dont tu peux parler avec des potes entre 2 pintes à 10€, et sur Twitter évidemment t’as pas une semaine sans une épreuve dans la compétition à la victimisation. C’est une audience certes réduite mais sensibilisée, plus à l’écoute des titres putaclick autour des sujets sociétaux et donc plus à même de devenir fidèle.


#18

C’est un peu le même principe que la “gauche caviar” qui demande à la classe ouvrière de faire des efforts…
Faite ce que je dis, mais ne soyez pas ce que je suis ^^

On a des gens qui vivent dans un environnement totalement détaché d’une partie du monde, qui est relativement privilégié socialement,… et qui fait des leçon de moral “au bas peuple” comme quoi il est trop privilégié, qu’il devrait un peu la mettre en veilleuse sur des sujets que les premiers ne connaissent pas / partagent pas le même environnement, ou façon de vivre.


#19

@unMarxetcarepart est toléré.
Encouragé même :joy:

Le culot de ce mec m’étonnera toujours.
Pourquoi ce masochisme ? La participation au forum de Numerama n’est pas une obligation légale. Si tu ne t’y sens pas bien, ne viens pas : fais toi ton propre forum et invite tes potes.

Ton problème, c’est que tu n’existes que par ces polémiques stériles et inutiles : tu es reconnu dans ce petit cercle de quelques forumeurs actifs, tu as ton rôle à jouer, donc tu as l’impression d’exister.

Mais en fait, tout cela est un jeu : tout le monde s’en fout, il y a des trucs autrement plus importants dans la vie que les états d’âmes du dernier stalinien français sur Internet :joy:


#20

@propos @dev_tty

Vous voulez voir à quoi ressemble l’audience de Numerama depuis la nouvelle équipe ?

À ça

:joy: