Commentaires : Très contestée, la « loi Avia » contre la cyberhaine devient réalité

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#1

Laetitia Avia peut triompher. Alors qu’elle est gravement mise en cause dans une enquête de Mediapart lui reprochant justement des propos à connotation sexiste, homophobe et raciste, la députée de La République en marche est parvenue à faire voter définitivement sa proposition de loi contre la haine en ligne à l’Assemblée nationale, le 13 mai 2020, après un long parcours parlementaire. Dans les grandes lignes, le cœur du texte n’évolue pas fondamentalement par rapport aux versions précédemment discutées par les….

Par Julien Lausson
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#2

On comprend qu’ils ne portent pas le député Avia dans leur coeur.


#3

Laetitia Avia peut triompher.

Je dirai plutôt que le cauchemar commence pour elle.
dans 5/10/15/20a elle sera toujours associée à cette loi si ça va jusqu’au bout.

Accessoirement quelqu’un qui confie la régulation de la liberté d’expression à des organismes étrangers; j’appelle ça quelqu’un qui joue contre son pays, ou encore un renégat voire pire.

Les contenus tombant sous le coup de cette loi sont ceux s’attaquant à la dignité humaine, etc.

La moitié de cette liste (si ce n’est plus) est déjà réprimandée au niveau de la loi.
Les plus déçus ne seront pas forcément ceux qu’on croit. Mais ceux là trouveront bien une oreille attentive ou une assoc pour les défendre et promouvoir leur liberté d’expression/propagande à sens unique.

Les GAFA ne sont pas dingues. Elles savent qu’elles peuvent se mettre des pans entiers de la société française à dos et donc des clients. Là encore, les plus déçus ne seront pas forcément ceux auxquels on pense.

C’est archi-connu pourtant, c’est en supprimant en ligne du contenu qu’on fait disparaitre le problème dans la vie réelle. On se demande pourquoi on a attendu 2020 pour qu’une députée LREM le fasse.

PS: c’était pas très malin de modifier sa fiche Wikipédia depuis des ordis de l’Assemblée Nationale. On voit le “niveau numérique” de l’intéressée ^^


#4

Si je dis que c’est une grosse tartuffe de merde, ça tombe sous le coup de la loi pompe à essence?


#5

La Presse des experts officiels en vérité est en train de la dépecer, et on découvre que c’est quelqu’un qui n"hésite pas à enfreindre la ligne de conduite vertueuses qu’elle défend. On peut parler d’hypocrisie, a minima.

Des voix plus expérimentées que le rédacteur de cette loi, et peu soupçonnables de défendre les discours éneux, s’élèvent de tous bords pour en souligner le danger. C’est signe d’un vrai problème et que des recours vont tomber.


#6

En fait tu ne peux pas la viser mais viser un groupe de personnes pour ne pas tomber sous le coup des lois.
Il faudrait donc que tu élargisses ton propos aux hommes et femmes politiques par exemple.

Lu ce matin:
“la photo d’un vieux Paris Dakar, du temps ou cela se passait en Afrique, les ringards de journaliste.”
Réponse:
“Vas y profies en, la loi vient de passer, t’en as plus pour très longtemps”

Ca laisse rêveur ce genre de raisonnement.

Il faut donc un tir de barrage pour équilibrer les choses, ce qui sera surement fait de la part d’une partie de la société française avec cette loi. Les signalements ne sont pas réservés aux communautaristes de tous poils.
Je le répète, les plus déçus ne seront pas ceux qu’on croit.
Et ce seront les mêmes qui crieront à la relégation/discrimination alors qu’ils sautaient au plafond lors de la promulgation de la loi.


#7

Les injures envers une personne ou un groupe de personnes à raison de leur origine, de leur appartenance ou non-appartenance à une race, religion, ethnie, nationalité, à raison de leur sexe, de l’orientation sexuelle, de l’identité de genre ou de leur handicap

Donc l’appartenance ou la non-appartenance à une religion, l’appartenance ou la non-appartenance à une ethnie, l’appartenance ou la non-appartenance à une nationalité, à raison de leur sexe ou de leur non-sexe, de l’orientation ou non-orientation sexuelle, de l’identité ou la non-identité de genre.

Clair, non ?


#8

Quand on dit d’une personne qu’elle est conne, ce ne n’est pas basé sur sa religion ou son orientation sexuelle sauf si la précision est faite. Il en est de même pour un groupe de personnes.

Le passage que tu cites sert aux communautaristes de tous poils pour se victimiser en amalgamant la circonstance avec la personne ou le groupe de personnes (l’homosexualité est pêché devient les PDs sont pêchés dans la tête de certains; il en est de même pour tout ce qui touche à la religion, c’est elle-même qui est critiquée pas les personnes qui la pratiquent).

Bien sur dans le cas présent, on trouvera surement quelqu’un pour établir un lien entre le fait que Mme AVIA soit d’origine togolaise et les critiques qu’elle subit alors qu’à la base, si elle reçoit des critiques c’est parce qu’elle est députée d’un groupe politique qui prend des décisions contestables. c’est tout.


#9

En gros, à partir de maintenant, on ne pourra même plus dire non, car on ne pourra plus le justifier.


#10

Je suis partagé depuis le début sur cette loi. Il pourrait apparaître que les personnes les plus haineuses sont celles qu’on imagine être les victimes habituelles, si j’en crois le déluge de propos anti-blancs, anti-hommes sur les réseaux sociaux.

Je t’épargne les copies d’écran.

Bien sûr je ne détiens pas de statistiques. Mais les gens qui oeuvrent contre la haine les détiennent certainement puisqu’ils mettent en oeuvre des classifieurs automatiques.

Il est légitime que la loi protège tous équitablement. Malheureusement, cette protection est laissée aux bons soins des plate-formes dont on peut douter de l’impartialité, si j’en crois cet extrait :

«La politique « conduite haineuse » de Twitter s’applique aux membres d’un groupe protégé : cela inclut les races qui ont été historiquement opprimées et marginalisées, contrairement aux Blancs.»

(source)

Partant d’un bon sentiment, cette loi peut facilement se transformer en machine de guerre contre une certaine race (ou non-race), contre un certain sexe (non féminin), contre une certaine non orientation sexuelle, etc.

Bref. Je vois cette loi d’un bon oeil si elle protège tout le monde et n’amalgame pas “critique virulente” et “haine”.

Je pense que ce n’est pas le cas.


#11

Certains sont plus protégés que d’autres. On se souvient tous du “progressive stack”.

Malheureusement, cette protection est laissée aux bons soins des plate-formes dont on peut douter de l’impartialité, si j’en crois cet extrait :

Tous les réseaux sociaux ont aujourd’hui un “Trust & Safety Council” composé d’activistes en tout genre dont le but est d’avoir la main mise sur le fonctionnement d’une plateforme.


#12

Ça ne tient pas une seconde devant nos principe républicains.

Si ce que je lis est vrai, et je suis obligé de mettre en doute la source tant les implications sont monstrueuses (une mineure violée ne pourrait pas prétendre à être protégée du harcèlement sur Twitter, “white s**g, a white c***, a white whore, a white b***h and a f****** gori”, parce qu’elle n’appartient pas à une race historiquement opprimée), on serait alors dans le pire du pire de la violence et de l’inégalité.

Si la députée Avia veut la fin du modèle républicain, en remettant la régulation de l’expression publique entre les mains de gens qui appliquent une progressive stack sortie de leur cul (échappant au contrôle démocratique, sans débat contradictoire ni droit à la défense), elle ne ferait pas mieux.


#13

Et pourtant, c’est bien en place

Alors que le principe, c’est plutôt de dire:
Tout le monde est protégé pareil, de la même façon, pour les mêmes motifs, contre les mêmes choses, etc… mais individuellement, on peut en avoir plus ou moins besoins de cette protection.

Ce qui est très différent de dire:
Telle catégorie de personnes doivent avoir plus de droits / une protection en plus / différentes des autres

Typiquement, une loi qui interdit les violences physiques par exemple, ça suffit. Ça couvre tout le monde, donc aussi ceux qui s’estiment à tord ou à raison victimes en raison de leur couleur de peau, religion, orientation sexuelle etc… Tabasser une personne, c’est mal, point. C’est pas mal car c’est un homo, un arabe, un juif, … non, c’est mal envers tout le monde


#14

Je dis toujours que si un agresseur me casse deux dents parce que ma gueule ne lui revient pas, ou me casse deux dents parce que je suis pédé, c’est pour moi exactement la même chose. Les deux motivation sont aussi détestables. Et si cela devait arriver, je ne chouinerais pas à l’homophobie.

Le salmigondi de catégories protégées (qui n’en finira jamais) est une rupture de l’égalité républicaine et antagonise la société en profondeur. En plus d’être une perte de temps considérable. Alors qu’il est si simple d’énoncer des principes protecteurs pour tous.

Ça frise la menée subversive, en réalité.


#15

Je partage totalement cette position: c’est l’acte qui est à condamner, et la victime n’a pas d’influence sur cela.

Et pourtant, c’est déjà très vieux comme principe: les circonstances aggravantes si c’est contre une personne “fragile”, si c’est en fonction de la race / religion / sexe (supposé, existant, imaginé, et compagnie)

Pour moi, préméditer / planifié un acte peut en effet être une circonstance aggravante de l’acte (t’as planifié le fait d’aller lui casser la gueule vs tu t’es emporté et lui a filé un bourre pif). mais c’est une rupture à l’égalité des citoyens de dire que frapper tel citoyen serait plus grave que de frapper tel autre citoyen dans les mêmes circonstances.

Et j’en reviens pas du niveau des gens qui applaudissent qu’on mettent cela comme circonstances aggravantes… alors que mécaniquement, ça revient à dire que pour les autres, c’est moins grave (et on est en plein dans les citoyens de seconde zone, avec des sous droits)


#16

C’est sans doute que je ne me considère pas comme “personne fragile” du fait d’être pédé, mais je comprends que cela en fragilise d’autres qui ont du mal à le vivre. Ça devient une affaire de ressenti, à estimer par la Juge (avez-vous été traumatisé? longtemps?) mais je ne souhaite pas que quelqu’un décide de me coller d’office cette étiquette.

A la limite, je suis plus furieux qu’on me casse deux dents parce que ma gueule ne revient pas. Les sentiments homophobes, ça m’en touche une sans bouger l’autre comme dirait ma tante. Puisque c’est le produit d’un esprit borné.

Mais je reviens sur “menée subversive”. Avec des bonnes intentions mal placées, ou de moins bonnes, on divise la société en factions que tout oppose. Ça devient irrespirable. Un mien ami me disait dans les années 90 que le fléau du prochain millénaire serait le communautarisme. Je n’en reviens pas de cette clairvoyance.

Force est d’admettre que communautarisme et république sont opposés. La dernière ne voulait voir ni race, ni sexe, ni religion. Elle est bien amochée. La députée Avia pourrait avoir enfoncé le dernier clou. Pourquoi ? Avec son langage de charretier, elle n’est pas crédible en vestale défendant la vertu.


#17

Cette loi découle du rapport Avia fait par donc Mme Avia, quelqu’un représentant la communauté juive et une autre personne représentant la communauté maghrébine. Chacun verra midi à sa porte.


#18

Tu ne peux imaginer à quel point certains “militants” défendent l’indéfendable sous couvert de bienpensance et “on est tous copain” (sauf ceux qui pensent pas comme nous).
Généralement ce sont toujours les mêmes (inutile de faire un dessin).


#19

Mais la réponse de Twitter, si elle est réelle, est juste ignoble.

Cette histoire de “catégories protégées”, du reste, amène à des décisions paradoxales. On en a déjà parlé sur Numerama.

Le simple fait qu’il y ait des groupes protégés signifie qu’il y a des groupes non protégés. Est-ce acceptable ?

Quand à la députée Avia, oui je pense qu’elle est instrumentalisée. L’inspiration de cette loi ne colle pas avec le background de la personne. Elle ne s’est pas illustrée auparavant par son engagement humaniste.

Cela viendrait de quelqu’un comme M. Schiappa, ça me paraîtrait plus raccord. (LREM n’a pas de Badinter, faut faire avec c’qu’on a.)

Allons plus loin. Il est notoire que les activistes ont infiltré la gouvernance des réseaux sociaux (Trust & Safety Council, @snake56). Ils veulent régner sur les R.S. et imposer leur vision. Pour la France, Twitter cite le CRIF, la LICRA, SOS Racisme, SOS Homophobie.

Une belle brochette de ligues de vertu, pas du tout teintées politiquement, de qui on peut attendre des jugements équilibrés, mesurés et impartiaux.

Je me demande ce qu’ils lui ont promis. Mais là je verse dans la suspicion de corruption.


#20

Osef, c’est elle qui a porté la loi.
J’ai hate que les décrets sortent :slight_smile:

PS: tapez UNEF+Hafsa dans Google.