Commentaires : Seriez-vous prêts à payer pour éviter la publicité sur les sites d'actualité ?

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#1

C’est une question qui revient régulièrement dans le débat lorsqu’il est question du modèle économique des médias sur le web : s’il veut éviter la publicité sur les sites, l’internaute est-il disposé à ouvrir son porte-monnaie ? Si cette réflexion intéresse en premier lieu les journalistes, on s’attend moins à voir une organisation comme Mozilla — qui conçoit des logiciels — l’investir également. C’est pourtant ce qu’elle fait, en témoigne une page dans laquelle elle évoque un système de rémunération des sites….

Par Julien Lausson
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#2

Une bonne idée sur le papier et le prix est suffisamment raisonnable pour attirer les curieux.

Mais le mal est déjà fait : ce n’est pas que l’internaute est habitué à avoir tout gratuit sur Internet, c’est qu’il trouve normal (et à raison) qu’il n’a pas à payer pour lire de la presse poubelle ou les brèves de l’AFP reprises texto sans vérification aucune. S’il n’y a pas travail journalistique fourni, pourquoi devrais-je payer pour un service qui n’existe pas ?

La confiance est perdue : en France, personne ne paiera un abonnement pour que des journaleux de salon se contentent de faire des Décodex au lieu de réaliser de longues enquêtes de terrain, documentées, capables de faire référence (justement).

Si Mediapart a fonctionné, c’est bien grâce à la forte personnalité de Plenel et sa vision du métier, qui a claqué la porte du Monde justement parce-qu’il en avait marre de voir son journal jouer le jeu des annonceurs (souvent proches de l’État). Tous ceux qui ont essayé de calquer le modèle du journal indépendant par la suite se sont cassé la gueule, précisément parce-qu’ils n’avaient pas compris que ce sont les longues enquêtes qui tapent là où ça fait mal qui intéressent le lecteur, et pas le commentaire de la dernière petite phrase politicienne.

Numerama pose aussi la question d’un accès sans pub sur abonnement. Mais les jeux sont déjà faits. Personne ne prendra le risque de payer ne serait-ce que 5€ par mois pour lire les derniers potins de la Tweetosphère et des articles mal traduits d’obscurs blog américains. Et c’est le serpent qui se mord la queue : Numerama n’a pas de moyen de publier de bonnes enquêtes, ça fout des pubs partout pour essayer de gagner quand même un peu de sous, le lecteur n’a pas le contenu qu’il recherche, donc il va pas payer un abonnement, donc Numerama n’a pas les moyens de faire de bons papiers, et ainsi de suite. Ajoutez à ça le mépris de la nouvelle équipe envers les lecteurs/contributeurs historiques + la stratégie du putaclic qui vise à faire du biff sur le dos des internautes de passage (volume vs. contenu) mais qui pousse les lecteurs réguliers vers la sortie, et vous avez tous les ingrédients pour qu’un journal ne soit plus jamais financé par ses lecteurs. Et finisse par crever.


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#3

Whouah, cette réponse…
L’initiative Mozilla n’est pas dénuée de sens, mais offrir un accès aux sites de presse en échange d’un abonnements pose plus de problèmes qu’il n’en résout.

Parce que, qu’est ce que ça veut dire “enlever la publicité des sites de presse ?”
Enlever les bannière ? les habillages ? Mais que fait on pour les articles sponso ? le brand content ? le placement de produit et toutes les opé spé ? Et pour les vidéos ?, quid des pré-roll etc… Bref, l’initiative est chouette sur le papier, mais dans un contexte moins théorique elle ne veut pas dire grand chose.

Je vais me faire haïr, mais je pense que la pub fait parti d’internet, c’est le jeu.
Certaines personnes et groupes aiment bien les articles putaclics, et certains annonceurs peuvent vouloir cibler ces gens. (Dans un autre registre, si Paris Match, Voici, Closer se vendent, c’est bien que le putaclic “patapapier?” fonctionne).
D’autres veulent des articles plus fourni, plus recherchés, plus longs aussi, et d’autres annonceurs veulent cibler ces gens qui lisent ce genre d’articles.

Numerama aussi essaye de se réinventer, ça se sent, le site à ouvert plusieurs verticales ces derniers temps “Vroom”, “cyberguerre”, alors Ok, les journalistes qui écrivent sur ces sujets sont peut être pas les plus calés, mais y’a une volonté de faire quelque chose, ça se voit.

Pour l’idée d’un abonnement payant (autour d’un premium), je paye un grand site de d’actu qui à la force de frappe nécessaire (plusieurs centaines de journalistes et rédacteurs) pour sortir de longs articles tous les jours, fouillés, bien écrits, qui mettent du temps à être lu. En ce qui concerne Numerama, les Longs formats sont généralement super, et on prends beaucoup de plaisir à les lire ! mais trop peu nombreux pour penser à un abonnement payant. Et les courts articles ne peuvent pas justifier un abo.


#4

C’est vrai, c’est un problème également. Mais il est lié au premier : gagner de l’argent. Les articles sponso sont rédigés parce-qu’ils sont rémunérés. Quand une rédaction n’est plus dépendante d’annonceurs pour pouvoir vivre, elle n’a aucun intérêt à faire un article sur un grille-pain connecté. Si le grille-pain offre vraiment une plus-value au lectorat, la rédaction n’a plus à faire d’article sponso : elle fait des crash-test et rend simplement compte de son expérience. Ou n’en fait pas. Elle a le choix… qu’elle n’a pas quand elle dépend d’annonceurs.

C’est méconnaître l’histoire passée et présente d’Internet. Internet n’a pas toujours été bourré de pubs. Et des endroits subsistent encore sans une pub dans un encart ou de publi-reportages. Et tu te rends compte que ce sont souvent des plateformes qui ont une vraie valeur ajoutée pour les lecteurs voire même d’utilité publique. C’est le cas de Wikipedia, par exemple. C’est le cas de Mediapart, comme cité dans l’article. C’est aussi le cas de millions de blogs personnels de qualité qui abordent une quantité gigantesque de sujets différents avec des angles intéressants.

Je lisais sur un blog récemment “Dire que la publicité est le modèle économique du Web, c’est comme dire que la prostitution est le modèle économique de l’Amour.” C’est tout à fait ça. Certains ont décidé de jouer les prostitués, ils ont le droit, grand bien leur fasse. Mais il ne faut pas jouer les vierges effarouchées lorsque les gens se détournent parce-qu’ils recherchent une vraie relation de confiance et de qualité après des années à s’être fait baiser.

Ça n’a rien avoir avec le fait de “bien aimer le putaclic”. Personne ne se dit “J’adore est floué par un titre qui ne reflète pas le contenu qu’il annonce ! Super !”

Le putaclic utilise juste des méthodes psychologiques vieilles comme le monde qui agissent sur la nature curieuse de l’Homme.

On fait des phrases exclamatives choc, on pose des questions mystérieuses, on chatouille tout ça et hop ! te voilà attrapé.

  • “Vroom” c’est le site vitrine non-officiel de Tesla. La qualité du contenu est zéro.
  • “Cyberguerre”, rien que le nom de la catégorie est putaclic parce-qu’on mélange tout et n’importe quoi, et c’est surtout un colporteur de ragots à base de “Les Chinois piratent Washington à chaque fois qu’ils respirent”, “Les Nord-coréens font du ransomware et mangent des ptits chiots pour le dîner”. Là encore le niveau zéro du journalisme.

Mais d’ailleurs Numerama l’a déjà dit plusieurs fois dans la section commentaire de certains articles, quand les contributeurs lui ont fait une énième fois remarquer qu’on en apprend bien plus sur d’autres sites que sur “le média de référence” qui est censé faire un travail journalistique un peu plus poussé que simplement recopier ou traduire les brèves de Buzzfeed : Numerama est là pour résumer (très grossièrement) une actualité et si tu veux en savoir plus, à toi de faire le taff. Genre Numerama c’est l’AFP sauf que les brèves sont étirées sur 5000 caractères. Personne n’a envie de payer pour ça, à moins de vouloir gaspiller inutilement son argent. Pourtant, le “média de référence” pose sérieusement la question de se financer via des abonnements… Ça doit planer à 15 milles à la rédac pour être autant à côté de la plaque sans se remettre un minimum en question :cloud: :airplane:

Tout juste.


#5

c’est le même principe qu’un spotify ou Netflix

et par rapport a votre première question, on parle d’abord de payer 5eu/mois pour plusieurs site sans pub, contre vous de payer x eu/mois pour un seul site, non :frowning:

Après il faut voir, en France et Belgique les sites de journaux mettent plein d’article où il faut payer pour voir
C’est le même principe au USA? parce que chez les journaux belges par exemple c’est 14eu/mois souvent l’abonnement… ce qui denouveau comparer a 5eu/mois pour plusieurs journaux, c’est une énorme différence


#6

d’ailleurs si j’ai pas spécialement envie de payer ici pour Numérama, c’est que je paie déjà un abonnement pour Netflix, un abo partagé pour Spotify, un abo d’un MMO, l’abo au monde diplomatique etc

là un abonnement général (bah comme spotify ou netflix, oui je me répète), c’est un peu le rêve et je prendrais surement (et je suis clairement prêt à mettre bien plus que 5eu/mois)


#7

Je suis franchement d’accord avec Max.

Quand on voit ce qu’est devenu le “journalisme” sur le net, même 1 centime d’euro est encore trop cher payé.


#8

Quoi, t’es pas prêt à payer pour lire le copier/coller ou le blog perso de n’importe quel pecos ?


#9

Je viens pondérer un peu.
Aucun problème avec la pub, si elle finance (et ne dicte pas) les services/la redaction, tant qu’elle est rangée dans des encart non intrusifs bien indiqués comme tels.

Je préfère 1000 fois un site avec un bandeau de pub et un bon contenu que celui sans bannière mais du contenu de merde et / ou sponsorisé.


#10

Le “truc”, c’est le résultat c’est pas ça ou si, c’est plutôt pub ET contenu de merde / sponsorisé
Car la pub, de part sa “rémunération” pousse à faire du volume et non de la qualité.


#11

Non, la pub peut etre, comme le bigdata, utilisé a bon escient.
J’utilise pas mal de produit google par exemple, pour leur services irréprochables, sponsorisé par des pubs non intrusives, et je pense que bcp ici font comme moi.
C’est dans cette voie qu’il faut chercher.


#12

Une pub non intrusive, déja, c’est une pub qui a été demandé par l’utilisateur, de l’optin
Toute pub “imposée”, balancé sans l’accord explicite de l’usager est par nature intrusive.


#13

Tu t’égares je pense.
Une pub non intrusive c’est juste une pub qui te fais pas chier, qui reste gentiment dans son encart “pub” sur le coté, en haut ou en bas de page, qui n’est pas confondue avec du contenu, voir camouflée en contenu et surtout, SURTOUT, qui paye le service pour toi.

Apres je suis d’accord avec toi sur le fond, mais il ne faut pas confondre petite bannière pub qui paye le service pour toi et grosse 4*3 dans ta gueule tout les 100m qui ne t’apporte jamais aucune contre partie.


#14

Peu importe la taille, si elle clignote et gigote ou pas, à partir du moment où elle n’a pas été demandé , elle est belle et bien intrusif, par sa simple présence (c’est le principe même du caractère intrusif d’une chose…)

Le coté intrusif n’a rien à voir avec sa “mise en forme”, sa taille, son apparence, …, mais uniquement avec le fait que sa présence soit demandée ou imposée à l’usager


#15

Hahahaha quelle naïveté.


#16

Comme je te le disais, la pub n’est intrusive seulement quand elle n’est pas légitime.
Genre tu paye un redevance tele et derriere tu te manges des pubs sur des chaine qui sont censer etre financer par cette redevance. La c’est de la baise.
Si le site a des encarts pubs et que leur services est financer par celle ci, on ne peut pas parler d’intrusion.
Le propriétaire du site fais ce qu’il veux chez lui, c’est le principe. C’est toi qui visite le site, c’est le terme exact pour les gens qui consulte un site.
Et encore une fois, il faut voir si tu recupere un service en contre partie…


#17

C’est mignon de croire qu’en une phrase bateau un troll prépubère puisse croire qu’il a fais un argumentaire convainquant. Tu reviens après ta crise d’acné ?


#18

Et la légitimité d’affichage, c’est quelle a été demandé / désiré par l’usager

Encore une fois, le coté intrusif, par définition, n’a rien à avoir avec cela, mais uniquement avec le fait d’être présent sans y être attendu.

Ce qui est affiché dans ton navigateur n’est soumis qu’à ton bon vouloir, pas à ceux du propriétaire d’un site. Mettre de la pub, sans consentement, c’est intrusif, peu importe la présentation de la pub

Y’a aucune contrepartie à avoir, aucun contrat particulier n’a été prévu pour l’usage du site
Si un site est ouvert au public, le public n’a absolument aucune contrepartie à donner. Si ça convient pas, on met pas son site en accès public.

Sinon le modèle de la pub dicte forcement les services / rédactions, et cela dans les 2 sens, ajout comme supression de contenu:

  • je vais ajouter du contenu qui plait à ceux qui me donnent du pognon (donc grossièrement, on va faire de la merde, mais en quantité, pour maximiser l’argent de la pub),
  • je vais supprimer ce qui déplait à ceux qui me donnent du pognon (donc censurer tout contenu à charge contre eux ou leurs intérêts, car ils pourraient me couper les vivre)

Le financement via la pub implique une dépendance du contenu vis à vis de la pub. Si tu veux du contenu qui soit fait “pour” les usagers… bah pas de secret, tu dois dépendre des usagers, et de rien d’autres.


#19

“Y’a aucune contrepartie à avoir, aucun contrat particulier n’a été prévu pour l’usage du site
Si un site est ouvert au public, le public n’a absolument aucune contrepartie à donner. Si ça convient pas, on met pas son site en accès public.”
Je vois que tu ne comprend pas les notions de bases de propriétaire et de visiteurs, j’essayerai de te re-expliquer demain si j’ai du temps a glander.


#20

Profite en avant pour creuser aussi les principes d’espace privé, public, et ouvert au public

Pour l’immense majorité des sites, le visiteur ne doit absolument rien au propriétaire, et celui ci ne doit rien non plus visiteurs., si ce n’est le respect de la loi des 2 cotés.