Commentaires : Que se passe-t-il quand 400 employés de Microsoft partagent leur salaire pour combattre les inégalités ?

Microsoft
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#1

C’est une première chez les géants de la tech. Environ 400 employés de Microsoft ont décidé de partager leur salaire avec leurs collègues et ont rendu ces chiffres publics. L’objectif est de déterminer s’ils sont rémunérés à leur juste valeur et éventuellement de gommer certaines inégalités salariales. Dave Gershgorn de OneZero (une page Medium dédiée à la technologie et aux sciences) a analysé les données et détaille les résultats ce vendredi 13 septembre. Jusque 320 000 dollars par an Les….

Par Perrine Signoret
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#2

Whaaa j’ai eu peur, au début j’ai cru qu’ils partageaient les sous ! Genre, une sorte de truc révolutionnaire entre Robin des Bois et l’invention de l’impôt sur le revenu. Mais je suis rassuré, ils ne font que déclarer publiquement et anonymement leur salaire…


#3

Rien de bien enrichissant dans l’article. Les salaires sont a 80(fix) / 20(variable) puis plus tu gagnes plus tu passes à 60 / 40 et voir 40 / 60.
Quitter une boite de la tech pour une autre etc… permet de faire de beaux gap salariales mais représente aussi un risque et une charge de travail supplémentaires (changement de cadre, adaptation, refaire ses preuves etc…).
Et alors la “Un développeur gagne en Inde moins de 50 000 dollars par an contre 150 000 dollars à Washington” c’est tres simple, le dev à Washington est généralement plus performant et plus intelligible.


#4

Les ingénieurs Indiens sont parmis les meilleurs, bien souvent au dessus que les américains (de naissance) donc je doute que cette remarque soit très pertinente


#5

Pour travailler avec de nombreuses boites du CAC40 qui ont délocalisé en Inde, c’est une remarque pertinente.


#6

Comparons ce qui est comparable, s’il vous plaît.

Il me paraît mal avenu de faire le distinguo entre salaire indien et salaire américain. D’une part, d’après l’article d’origine, on ne parle pas d’indiens travaillant dans la même société. On ne peut donc pas parler d’inégalités internes.

D’autre part, il faut également corréler le salaire indien au niveau de vie et au salaire médian en Inde.
50k$, ça fait roughly 3.5 millions de roupies, soit 300 000 par mois.
Le revenu annuel moyen (pas trouvé facilement le médian) en Inde est d’après wiki de 113500 roupies (soit 1600€) et aux US de 53000$ et des bananes

Un indien qui a un salaire de 3.5M roupies annuel gagne donc par an 30x plus que la moyenne indienne. A l’inverse, aux US, un américain dans ce secteur gagne “a peine” 3x plus.

Ça met les choses sous un autre angle :slight_smile:

Pour la petite histoire, je suis allé en Inde pendant 1 mois et demi, et de mon expérience, pour vivre bien (déplacements, hôtels/Guesthouse, restos trucs touristiques a la con, etc), 300000 roupies mensuel est bien plus que suffisant.


#7

T’as jamais du travailler dans des gros projets / entreprise, dont le développement est délocalisé en inde…

Les “ingés” indiens pires qu’un “technicien” français, faut repasse derrière tout. Même quand tu leurs montres par A + B que le résultat en sortie est pas conformes aux spécificités, ils y voient aucun probleme…

Le développement en Inde, c’est un peu comme la production industrielle en Chine. Les grosses boites qui veulent de la qualité, ils en sont revenus très vite. Celles qui tirent sur les prix, et s’en foutant du produit (et de la qualité), ils y ont recourt de façon poussée.


#8

Systémique, c’était le mot du jour à placer, non ? :joy:

Parce-que quand on connait le trombinoscope de Google, on peut se demander si se taper des salaires de merde a vraiment un rapport avec son sexe (pardon, son genre), sa couleur de peau, sa religion, etc. (spoiler alert : non).

Ce sont bel et bien des femmes qui ont quelques-uns des postes les plus importants de la boite. Alors même s’il y a beaucoup de “white, de blancos” (comme dirait l’autre), y en a quand même d’autres couleurs, et à mon avis leurs salaires dépassent largement ceux du mâle cis-hétéro blanc moyen. On peut citer entre autres :

  • Ivy Ross — VP of Design, UX, and Research for Hardware (une paille chez Google, vu l’importance que prend le hardware aujourd’hui…)
  • Bonita Stewart — VP, Global Partnerships
  • Sissie Hsiao — VP of Product, Mobile App Advertising (la pub mobile, ce placard chez Google…)
  • Aparna Chennapragada — VP of Product, AR and VR
  • Parisa Tabriz — Director of Engineering, Google Chrome and Chrome OS (Chrome ? Connait pas…)
  • Susan Wojcicki — CEO, YouTube (surement pour faire pot de fleur vu l’insignifiance de Youtube…)

Et pour les autres — les prolos qui pensent avoir quoi que ce soit à partager avec la liste ci-dessus, juste parce-qu’ils croient qu’il existe une solidarité de race, de sexe, de religion, d’orientation sexuelle, et que sais-je encore — ne nous inquiétons pas : ils ont dû faire des groupes Facebook de #BalanceTonSalaire en non-mixité, histoire d’arriver nombreux et unis devant le patronat de Google pour négocier leur salaire au mieux :+1: On devrait en entendre parler bientôt.


#9

D’ailleurs si on compare les salaires des femmes chez Google, par rapport aux salaires des hommes dans d’autres boites, au même poste… je doute fortement qu’on y trouve de la discrimination envers les femmes, Google étant une entreprise dans le top 5 des salaires moyens les plus élevés. Comme quoi tout est relatif

L’égalité salariale dans une entreprise, c’est comme l’égalité de revenus dans une société: le seul et unique moyen d’y arriver, c’est de façon “bête et méchante”, donner exactement la même chose à tout le monde (et ça pas grand monde le souhaite vraiment)

Dès qu’on part sur le principe qu’une personne peut avoir plus, car y’a telle ou telle condition, elle est dans tel cas, et pas un tel, etc… bah on fait une différenciation, et y’a plus égalité stricte.

Seulement, ça implique que la personne qui bosse plus, à plus de compétences, plus de responsabilité, fait moins d’erreurs, à des contraintes d’horaires ou de conditions de travail difficile etc… soit payé de la même façon que le plus mauvais des employés possible, qui en fait le moins possible.

Et d’une manière générale, les gens estiment souvent que, eux, c’est justifié qu’ils gagnent plus, car il font ça ou ça, et qu’à l’inverse, “jalouse” le collègue qui gagne plus, car ils sentiment qu’ils le méritent pas, ne voyant pas ce qu’il faut réellement pour ça.

Alors que chaque cas est particulier, dans sans grille salariale imposé à un poste, il n’y aura jamais de salaire identiques… vu que le poste n’est pas occupé de façon identique

Quand au fait de changer de boite pour gagner plus, c’est assez généralisé en France (du moins pour les postes qualifiés): les employeur étant assez radin sur les augmentations (voir considérant que des compétences en plus se rémunère pas pour certains, t’es déja payé pour ton poste, c’est déja bien !), beaucoup ne restent que 2 à 5 ans maximum suivant les postes dans la même boite, c’est un moyen d’avoir une ligne sur le CV… qui rapporte une plus-value pour la négociation sur le futur salaire dans la prochaine boite. La seule “négociation” se faisant à l’embauche, c’est bien souvent le seul et unique moyen d’être rémunéré en fonction de ces compétences acquises. (les entreprise n’embauche plus des salariés “à vie”, mais les salariés ne veulent plus pour la grande majorité travailler tout le temps dans la même boite)


#10

“La seule “négociation” se faisant à l’embauche, c’est bien souvent le seul et unique moyen d’être rémunéré en fonction de ces compétences acquises.”

D’ailleurs c’est bien Français ça, cette lutte pour renégocier ton salaire une fois embauché c’est vraiment la France. Avec une pression type “si ton salaire te convient pas casse toi”
Outre Atlantique c’est pas vraiment le cas, en général y’a des négociations plus ouvertes, genre :

  • Mon salaire me plait pas
  • Ok mais tu voudrais combien ?
  • X $ en + par mois
  • C’est beaucoup, pourquoi pas X $ ?
  • C’est léger
  • Ok mais ont peux aussi te donner un vendredi aprés-midi en télé-travail par mois si jamais le problème vient de la conciliation vie pro/perso
    Etc etc… J’ai l’impression que la négociation c’est pas le fort des patrons Fr…

#11

En Allemagne ou les syndicats d’un autre niveau que nos “clows” nationaux, dans certains boites, dès les résultats annuels communiqué, y’a renégociation des augmentations pour tous le personnel: la boite à fait +x de bénéf ? Bah une hausse de +y% à tout le monde.


#12

C’est surtout que le corps syndical allemand, sa tradition, son histoire et ses conquêtes ne sont pas les mêmes qu’en France. Raison pour laquelle on ne “négocie” pas de la même manière.

Ça tient aussi à la manière dont l’Allemagne est découpée : c’est un État fédéral décentralisé, ce qui fait qu’il y a plus de latitude au niveau du Land qu’en France où les concertations se font soit au niveau local, soit au niveau de la branche, soit au niveau national. Donc t’es obligé d’y aller aux forceps, parce-que quand le patronat obtient des victoires en France c’est directement au niveau national.

Le fait aussi que le nombre de syndiqués en France est relativement bas a mené à un certain embourgeoisement des centrales alors que les comités locaux sont plus combatifs mais avec un pouvoir beaucoup plus restreint. Donc là encore, c’est tout blanc ou tout noir : soit les centrales font des accords de complaisance (parce-que non-soutenues par une base importante) soit elles partent direct en grève (pour essayer de rameuter le plus de travailleurs possible et essayer d’imposer un rapport de force qui déborde les seuls syndiqués).

Ça c’est l’image qu’on a dans les films. Faut pas croire, aux États-Unis les travailleurs n’hésitent pas à partir direct en grève quand les choses ne leur conviennent pas. C’est leur seule marge de manœuvre vu que les syndicats sont complètement à la ramasse et que les patrons américains ne négocient qu’avec le couteau sous la gorge. On en entend juste moins parler mais les Américains sont très bons pour tenir le piquet de grève (c’est juste que généralement ils ne font pas de longues marches bruyantes sur des avenues bondées comme en France).

On voit d’ailleurs ce mouvement s’amplifier depuis quelques mois avec un mouvement énorme des enseignants qui a duré plusieurs mois qui a fait tache d’huile dans plusieurs secteurs importants et, depuis hier, une grève monstre chez General Motors.


#13

Ha mais je suis entièrement d’accord sur le pourquoi / comment.
Le résultat est juste “dommage”, car au final, en France, si l’employeur est pret à faire des efforts à l’embauche pour un profil particulier, qu’il l’intéresse, une fois dans l’entreprise, c’est niet, y’a plus aucune reconnaissance des capacités, compétences, formations, expérience, etc… acquises en plus.

Et en effet, du coup, le seul “moyen de pression”, c’est la greve généralisée et “violente” (blocage ou autre). Toute notion de discussion est absente dans le cas général chez nous. D’où les employés qualifiés qui font du “saute mouton” entre les entreprises (souvent concurrentes ^^)


#14

Non non, c’est pas juste dans les films… Je vis en Amérique du nord.
Si je dit ça c’est que je le constate.
Taux de chômage plus faible, et vision Anglosaxone du travail ( les facteurs sont multiples, notamment sur le confort au travail et les droits qui sont moindres que ceux en France en règles générales ), je te garantie que si gréve il y a, c’est parce qu’il y a eut des négociations réelles en amont, qui n’ont pas abouties a un consensus.
Les syndicats sont les mêmes qu’en France, voir plus puissants ( grands publicités dans les rues, grosses cotisations, lobbying etc etc. ). Les mobilisations sont également plus diverses dans leurs fonctionnements.
De manières générale les salaire évoluent bien plus ici qu’en France. Ici je commence a 60K$/an, en milieu/fin de carrière je serais a 80/90 voir 100k$/an… qui peut prétendre a des salaires comme ça en France ?
Et je suis salarié, je ne suis pas dans la Direction, dans la Gestion, ni dans un secteur d’activité type Banque etc etc… inimaginable en France, tu vois toi, un salarié commencé a 2500euros et finir a 6000 sans passé sur un poste de direction ? impossible…


#15

Oui je suis d’accords, et ce n’est pas forcément le cas en Amérique du Nord, le faible taux de chômage joue pour beaucoup, en générale si le patron est complètement fermé, il suffit de faire miroité une démission et ça le calme bien vite, et les négociations se ré-ouvrent d’elles mêmes. En France avec un taux de chômage qui pèse de tout son poids sur le salariat c’est facile pour un employeur de dire "tu vas faire quoi lol quitter ton emplois ? ahahah bonne chance ! "
C’est simple a résumer.