Commentaires : Hadopi jugée contraire à la Constitution : le gouvernement a quelques mois pour la réparer

Piratage
Hadopi
droit-dauteur
Tags: #<Tag:0x00007f3d29a755e0> #<Tag:0x00007f3d29a754a0> #<Tag:0x00007f3d29a75360>

#21

Pour le coup, je suis tout à fait d’accord.

Mais Lætitia Avia est pour Macron ce que Myriam El Khomri était pour Hollande : un pantin que le ventriloque met en scène pour mieux rester cacher dans la coulisse. Ça n’a rien de quelque chose d’exceptionnel, c’est comme ça que la Ve République fonctionne : aucune proposition de loi venant de la majorité parlementaire n’est débattue sans avoir été préalablement validée par le gouvernement, et donc par extension par la présidence de la République. Dans le meilleur des cas ! Parce-que sinon c’est carrément Matignon ou l’Élysée qui rédige la loi et qui la livre ensuite clef-en-main à une poupée de chiffon de la majorité pour entretenir l’illusion de la “séparation des pouvoirs”.

Ici, il ne s’agit pas d’un événement saugrenue qui aurait été “mal géré” par manque de préparation. Là, on parle d’une loi qui a dû être conçue, rédigée et corrigée, et qui a dû passer entre les mains de dizaines de personnes avant d’être discutée au Parlement. On a donc tout le temps et toute la latitude pour réfléchir à un dispositif qui traduira concrètement un projet politique.

Alors oui, par les révélations de Mediapart, Avia a montré toutes ces prédispositions à être une politicarde totalement incompétente (en tout cas, assez incompétente pour ne pas se faire prendre les deux mains dans le pot de confiture). Mais “sa” loi est loin d’être nouvelle dans la Macronie : avant l’affaire Benalla, il y avait déjà un projet de “lutte contre les fake news” tout aussi liberticide et qui empruntait quasiment les mêmes mécaniques que la nouvelle loi Avia.

Alors soit les membres de la majorité sont incompétents 365 jours par an pendant 5 ans (ce qui est tout à fait possible aussi hein), soit il y a une véritable volonté politique de serrer la vis sur ce qui peut être dit ou pas dit sur le pouvoir dans des contextes de remise en cause profonde de nos institutions politiques et économiques. Et vu les antécédents, je mettrais quand même plus de billes sur la seconde option.


#22

je suis totalement persuadé que ya aucun enjeu de censure politique là-dedans… c’est purement vraiment du gros naif gentil qui veut censurer les shit storm des réseaux.

ça fait bien longtemps en France que tu censures personne politiquement… depuis Dreyfus au moins.
Même les gros mainstream balancent tout :

bennalla… fillon… etc du lourd.

Il suffit de lire les edito de tous les mainstream à propos de la gestion covid du gouvernement… s’ils sont à la solde du pouvoir, il est temps de les virer tous, parce que ça se voit pas du tout !!

l’equivalent de fox news pour Trump, je ne connais pas en France…


#23

BFMTV.

C’était pourtant pas dur à trouver.

On peut aussi parler de Mazarine Pingeot : tous les médias savaient mais ordre de la présidence de la république de ne rien dire. On peut aussi parler des off politiques : DSK avait confié à tous les journalistes qui lui avaient demandé qu’il se porterait candidat à la présidence en 2012 alors qu’au même moment les journaux titraient “Il va y aller, pas y aller ? Quel suspense !”. Des exemples comme ça, y en a à la pelle.


#24

Ha mais je suis aussi de l’avis que ces personnes sont même pas une optique de vouloir une censure politique. Ils sont “cons” sur le fond, en faisant ça “pour le bien” dans le cerveau, faire taire les gens qui dérangent l’avis de la noblesse politique, ceux qui savent, sans même avoir conscience qu’en faisant ils sont au contraire les pires fossoyeurs de ce qu’ils prétendent défendre (le “bien” être social)

(et ça ressemble beaucoup à l’attitude sur certains sites / forums ^^)

Des gens assez superficiels, qui sont sur la forme, le populisme pour faire plaisir, mais complétement à coté de la plaque sur le fond et les règles les plus élémentaires

Y’a pas plus dangereux et idiot qu’un homme de bien: une personne persuadé de bien faire, par conviction, sans une once de réflexion et d’analyse sur ces actions.


#25

ça n’a aucun sens tout ça ! assemblage de détails pour faire du sens, schéma conspy classique.

Macron ne peut pas être “le candidat des media” et ensuite 3 mois plus tard se faire déglinguer dans les média… ils ont changé de propriétaire les media entre-temps ?

fox news c’est pas ça hein… Trump est son candidat avant, pendant et après.

Et puis c’est marrant on passe sous silence les trucs de BFMTV anti-gouv… recemment une heure d’interview de Raoult par la même Apolline de Malherbe… le gouv s’est fait couper en 4.

Tout ça n’a aucun sens, les media sont juste des oportunistes pour faire l’audience à l’instant t.

Un nouveau candidat jeune dynamique centriste pourrait peut être l’importer…evidemment que c’est une belle histoire et qu’on la raconte en long et en large !

3 mois après les casseroles qu’il a au cul, c’est aussi une belle histoire… on la raconte aussi en long et en large…

c’est tout, c’est très simple et trés con… et ça marche comme ça avec tous les gouv en France.


#26

Elle n’est pas politique, cette volonté. C’est ce qu’on appelle la gouvernance. La régulation par des entités non élues qu’on appelle aussi ‘société civile’. Elles font de la politique mais hors du champ institutionnel. C’est du “over the box”.

Leur action assidue, globale n’a échappé à personne. Avec une notion très particulière de l’intérêt commun.

Après oui, il y a volonté politique de leur laisser le champ libre.


#27

Tu fais allusion aux différentes associations à fond les ballons dans la compétition victimaire, c’est ça ? Sans le politique, la société civile n’a aucun pouvoir. C’est parce-que les politiques décident d’écouter telle association plutôt que d’autres que ces-dites associations ont un pouvoir, et pas l’inverse. Si c’était l’inverse, alors les syndicats seraient ultra-puissants et pourraient carrément dicter leur politique aux élus. Ce n’est pas le cas. Or on voit à l’inverse que des associations qui ne sont ni plus ni moins que des coquilles vides sont associées à la prise de décision du politique. Il y a d’abord un projet politique et ensuite seulement on essaye de le légitimer par association avec des groupuscules sectaires, pas l’inverse.

On le voit très clairement au cours de l’Histoire : Louis XIV n’a pas eu besoin d’associations de la société civile ou de l’Église pour asseoir sa royauté : il a d’abord été roi et ensuite seulement il a légitimé son pouvoir en affirmant qu’il venait de Dieu lui-même. Macron n’a pas besoin d’économistes chevronnés pour conduire sa politique économique. Il trace son projet politique et ensuite seulement il essaye de le légitimer en disant “Je le fais parce-que d’éminents économistes (sic) disent qu’il faut le faire”.

Ce serait une erreur de donner trop de poids à des acteurs qui n’en ont que parce-qu’ils servent de caution intellectuelle et rien d’autre.


#28

Je parle des organisations qui prétendent savoir caractériser, cataloguer et identifier les « discours de haine ».

En effet, il y a une volonté politique de leur sous-traiter le problème. Tout se passe comme si le pouvoir politique avait acté l’impuissance des institutions à garantir un droit constitutionnel, sous l’effet du volume.

Mais en catimini, hein. On n’a jamais dit qu’on enterrait les principes inscrits dans la Constitution. Ça ferait désordre.

Dans les faits, c’est pourtant bien ça. Le juge judiciaire qui fixe les limites de la liberté d’expression, c’est du passé. On le ressortira dans les grandes occasions. Un journaliste ou une personnalité. Mais dans une immense majorité de cas, les limites de ta liberté d’expression seront fixées par un cyborg programmé par les dites associations.

Volonté politique, non-volonté politique, démission politique, t’appelles ça comme tu veux.

Bien entendu, cette solution servie sur un plateau ne pouvait venir que de l’extrême-gauche, qui a une grande expérience en matière de goulag.


#29

Dans le cas de la loi Avia, le problème n’est pas sous-traité à des associations : il est sous-traité à des entreprises privées qui, elles-mêmes, font faire le boulot à des algorithmes. Que viennent faire les assos ici, en fait ?

Euh… hein ??


#30

Elles conseillent le législateur.

Elles conseillent les plate-formes.


#31

J’ai peut-être loupé cette partie dans la conception de la loi. C’est confirmé ça ? Quelles assos ont été consultées dans le cadre de la loi Avia ?

Elles conseillent, oui. Conseillent, seulement. Et les conseils, les plateformes en font ce qu’elles veulent. On l’avait d’ailleurs vu dans un précédent article de Numerama : Google adooore crier sur tous les toits qu’il est en première ligne dans la défense des opprimé.e.s.x. Mais quand ceux-ci le prennent au mot et commencent à parler de grèves et de manifestations pour dénoncer des pratiques internes douteuses, là c’est licenciement.

On en revient à ce que je disais plus haut : c’est toujours le plus puissant qui donne le tempo. Si les assos vont dans le sens du projet politique mené, elles serviront à le légitimer. Si, au contraire, elles commencent à représenter une menace pour ses intérêts, elles ne sont pas écoutées et n’ont donc aucune influence. Il vaut toujours mieux se concentrer sur le gros poisson plutôt que sur la petite friture qui grouille autour.


#32

LICRA, SOS Racisme, SOS Homophobie, Respect Zone, LDH, UEJF, La Quadrature … 11 au total.

Une mission préparatoire a été confiée par Emmanuel Macron à Karim Amellal, Gil Taïeb (vice-président du CRIF) et Laetitia Avia.

« Ils remettent leur rapport au Premier ministre le 20 septembre 2018, lequel contient vingt propositions opérationnelles destinées à endiguer la haine sur internet et à réguler davantage les plateformes dans ce domaine ».

Elles font partie des conseils déontologiques des plate-formes. Curieusement, on n’y trouve pas la Quadrature ou l’Electronic Frontier Fondation.

Twitter Trust & Safety Council, France.
CRIF
LICRA
SOS Racisme
SOS Homophobie

https://about.twitter.com/en_us/safety/safety-partners.html#france

dm_023_stopconneries


#33

OK j’avais bel et bien loupé cette info. Merci de l’avoir fait remonter !

Oui et tu vois, La Quadrature fait pourtant partie des assos consultées pour la loi Avia. Et évidemment, vu les propositions qu’elle a dû faire, elle n’a évidemment pas été écoutée. Ça ne fait que confirmer ce que je dis : si toi, asso, tu as les mêmes objectifs que nous, ok on va dire qu’on t’écoute (alors qu’en fait tu ne sers qu’à légitimer notre action, à rien d’autre) mais si tu ne nous suis pas, on fera comme si tu n’existais pas. Et quand je vois des satellites du PS, du gouvernement et de la droite dure comme SOS Racisme, Respect Zone ou la LICRA, je ne suis même pas surpris.

Je viens de m’apercevoir que tu n’avais pas répondu à une précédente interrogation sur laquelle ton point de vue m’intéresserait :

Tu peux développer ou c’est une ironie que je n’ai pas saisie ?


#34

Le deplatforming, c’est pas l’extrême-droite ni même le centre-droit.


#35

Les premiers exemples de l’article concernent des socialistes et communistes empêchés de parler dans des universités américaines…

Alors peut-être qu’aujourd’hui c’est davantage une tactique de gauche, mais historiquement c’est une autre histoire.


#36

OK c’est bien ce que je pensais : tu prends la “gauche libérale” américaine a.k.a les féministes à cheveux bleus pour l’extrême-gauche…

Je sais que ce ptit discours-là plait aux conservateurs et aux libertariens, mais ici, on est en France : notre histoire sociale et notre culture exigent un peu plus de sérieux que ça :arrow_heading_down: