Commentaires : Éric Ciotti veut punir les personnes qui filment et diffusent des vidéos de policiers

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#41

Mais non, Ciotti n’est pas un abruti. Il sait parfaitement que sa loi ne peut pas passer, qu’elle ne sera jamais votée, qu’elle ne sera même jamais discutée.

Ciotti ne s’adresse pas aux députés, il s’adresse à ses électeurs et à ses futurs électeurs : regardez-moi, je propose des trucs. Regardez, par rapport à Le Pen, moi j’essaye d’être constructif.

Et ça marche : même sur Numerama, ils se font le relais de la communication politique de Ciotti.

J’en viens à regretter le monde d’avant Internet, d’avant les réseaux sociaux, … une proposition comme ça, ça n’aurait même pas fait un entrefilet de 4 lignes au bas de la page des chiens écrasés.

Avant les médias devaient trier leurs informations, donc les prioriser, donc ne garder que ce qu’ils jugeaient importants. Maintenant, avec les chaînes d’info continue et la presse en ligne, ils sont en manque d’information : il n’y a plus assez d’information pour arroser 24h/24 en info continue ou sortir 30 articles par jour dans des médias comme Numerama.

Et donc, on se retrouve avec des médias qui rameutent tous leurs “politologues” pendant des plombes parce que l’autre con de Bigard a lancé qu’il pensait se présenter à la présidentielle, des médias qui font des breaking news parce que je ne sais quelle starlette s’est cassé un ongle ou parce qu’un député base sa communication politique sur le buzz et la provocation.


#42

C’est pas faux !

Cependant, l’avantage des réseaux sociaux, c’est que pour s’en donne la peine, on peut facilement retrouver les conneries qu’a sorti tel ou tel politique…


#43

Et quand l’enquete montre qu’en faite, le flic avait raison d’utiliser la force qu’il a utilisé (car la personne en face était agressive, en bande, etc…), ça pleure à du “tous pourris / ils sont protégé de toute façon !”

Le contexte d’une vidéo est crucial.

Tu vois une vidéo d’une personne qui est violent envers une autre, tu vas naturellement considérer que la victime c’est celui qui subit, et que l’autre est un agresseur.
Tu as accès aux 5 minutes d’avant, tu découvres qu’en faite, la personne qui se fait violenté est en faite l’origine du probleme, par son comportement, ces actes, etc… au point que la force a du être utilisé pour le neutraliser.
Ou inversement, tu découvres que c’étati des flics qui sont aller volontairement foutre la merde contre une personne qui avait rien demandé

Le contexte permet de comprendre comment et pourquoi les faits se déroulent comme ça, et donc de savoir si c’est justifié ou pas (peu importe le sens)

Ca sert aussi bien à confirmer que l’usage de la force était justifié… que le fait que c’était pas le cas.


#44

“des milliers de personnes ne se sentent pas en sécurité face à un flic” selon la chanteuse Camélia Jordana, mais des millions de personnes se sentent eux en sécurité devant “un policier”… C’est à cause de personne comme cela que c’est le bordel!!! les gens ont peur de sortir dans la rue, alors laissez la Police faire son travail. Si on fait les comptes : qui agresse le plus les uns des autres : la police ou les délinquants !!!


#45

oui mais le sujet c’est que à partir du moment où le mec est menotté, il n’y a pas de motif technique à la violence.
c’est pas compliqué quand même.


#46

pas la peine d’aller plus loin, non ? :crazy_face:

selon l’actrice Juliette Binoche, la 5G sert à contrôler les gens avec une puce implantée…


#47

Ca dépend…
Etre menotté n’entraine pas forcement la fin des violences de la part de l’individu.

Rien que le fait de “forcer” une personne a monter dans un véhicule qui se montre plus que récalcitrant peut nécessiter l’usage de la force, même si il est menotté.

C’est vraiment au cas par cas de chaque situation


#48

Une chanteuse d’origine algérienne (même si elle vient d’une famille bourgeoise) a probablement plus à dire sur le racisme latent anti-arabe de la police que Binoche sur un sujet technologique.

Bon, c’est sûr que Jordana, elle ne doit pas prendre le RER tous les jours à 5h du mat avec les éboueurs et femmes de ménage maghrébins, black… et que ses propos sont franchement excessifs.


#49

Petite précision : même si ce n’est pas autorisé pour un citoyen moyen d’agresser les gens, les policiers qui agressent, là ça va carrément à l’encontre de leur mission.

D’ailleurs le code pénal ne s’y trompe pas : une violence par dépositaire de l’autorité publique dans l’exercice de ses fonctions est une circonstance aggravante.

On ne peut pas essayer de comparer les agressions des délinquants avec celles des policiers, cela n’a aucun sens.

D’ailleurs, si on va par là, la comparaison serait à faire entre les délinquants et les policiers délinquants ou alors entre les policiers et la totalité de la population. Parce que sinon, c’est biaisé comme comparaison.


#50

L’usage de la force, de façon proportionnée et justifiée, par les forces de l’ordre (le nom ne peut pas être plus précis dans ce cas présent;…) est justement une des exceptions autorisées d’usage de la force / violence contre les personnes, considéré comme légitime

Ca n’autorise pas à utiliser de la force n’importe comment / pour n’importe quoi / contre n’importe qui. Et c’est tout à fait normal que ceux qui en abusent soient lourdement sanctionné, de part leur mission justement.

Mais faut etre réaliste, ces policiers “cow-boys” sont heureusement une infime minorité (qu’il ne faut pas accepter), la plupart des cas, ce sont des délinquants qui essayent de se faire passer pour des victimes quand ça se retourne contre eux.


#51

Merci, je n’ai jamais dit le contraire.

Merci (bis)

Tout comme les délinquants sont une infime proportion de la population française.


#52

Parce que les arrestations violentes, ça concerne toute la population française ?


#53

En fait, t’es en train de partir du principe que SEULE une vidéo peut être un élément déterminant l’innocence ou la culpabilité dans une enquête (que celle-ci soit dirigée contre le flic ou contre un suspect). Sauf que non : le plus souvent d’ailleurs, les enquêtes se concentrent sur la vidéo-surveillance, les témoignages, les antécédents, etc.

La vidéo n’est là que pour montrer un événement, sensibiliser. Bien-sûr elle peut manipuler, de tout côté d’ailleurs : la gauche crie à la bavure policière institutionnalisée et l’extrême-droite montre les mêmes images pour affirmer que “de toute façon, il a dû bien le chercher.” Mais elle manipule l’opinion, pas les juges (et apparemment pas les flics de l’IGPN non-plus lol).

Dans tous les cas, une vidéo peut-être un élément pertinent sur lequel s’appuyer. Ou peut-être pas. Mais interdire de filmer des flics en service, c’est être sûr et certain que ce ne sera plus jamais un élément pertinent puisque, de fait, il sera devenu illégal de le présenter. C’est contre cette logique restrictive qu’on gueule. Et on gueule d’autant plus que Ciotti a le mépris puant de le présenter le jour où le monde entier voit à 20h un noir américain crever sous le genou d’un flic (et les violences policières en France le même jour, elles, peuvent se faire la malle. Regardez, ça n’arrive que chez les autres, heureusement chez nous c’est pas comme ça…)


#54

c’est juste exactement l’équivalent de “je me sens pas en sécurité en croisant des arabes.”


#55

Non, je dis que bien souvent, des vidéos “amateurs” de l’entourage de la supposée victime sorte par magie, et de façon tronquée, et qu’elles ont donc surtout un impact “médiatique”, mais ont une utilité sur l’explication des faits trompeurs.

En règle général, les preuves doivent être obtenue “loyalement”

Au civil, il faut que ça soit obtenue légalement.

En matière pénal, ça peut etre très large: des enregistrements illégaux (audios comme vidéos) peuvent très bien être accepté comme preuve… si c’est fourni par un particulier, et non d’une autorité publique (de façon directe ou indirecte)

Typiquement, tu filmes / enregistres ton patron en train de te harceler à son insu, aux prudhommes, c’est tu peux pas l’utiliser. Au pénal si.


#56

Et tu te bases sur quelles statistiques pour affirmer ton “souvent” ?


#57
  • Les vidéos de témoins ne sortent pas “comme par magie” : à force de tensions et d’injustices, les habitants des quartiers ont le réflexe de sortir leur portable pour filmer. Ça peut se comprendre. Et les vidéos sont diffusées dans la journée, en général.

  • Comme dit dans un précédent commentaire, vidéo tronquée ou pas, y a pas besoin de 10 minutes de vidéo pour comprendre que foutre une matraque dans le cul d’un suspect que tu essayes de maîtriser, c’est pas tellement réglementaire. Le cœur du débat il est là : si Eric Ciotti souhaite réellement que les violences policières ne soient plus filmées, alors qu’il fasse d’abord des propositions pour que les violences policières ne soient pas commises en premier lieu. Ça semble logique et pourtant je me sens obligé de le rappeler.

  • Pour l’effet médiatique, oui, c’est ce que je dis aussi : finalement, ces vidéos servent plus à mobiliser l’opinion publique qu’à établir un jugement. Et d’ailleurs, on le voit à chaque affaire de violences policières : malgré les preuves ACABblantes, l’IGPN nettoie plus blanc que blanc. À l’heure actuelle, il est factuellement faux de prétendre que les vidéos amateurs soient une menace pour les flics, aussi bien dans la réalisation de leurs basses besognes professionnelles que dans leur vie personnelle. Au contraire, c’est même plutôt les syndicats policiers qui appellent au harcèlement et à l’intimidation…

… sans même qu’ils soient inquiétés outre mesure par leur comportement tout ce qu’il y a de plus anti-républicain.


#58

Bah voila, tu nous fait un parfait exemple de mon commentaire plus haut:

Il faudrait pas inverser les victimes / coupables: si des délinquants perçoivent ça comme une injustice de se faire interpeller et se rebiffe, c’est assurément pas le cas de la quasi totalité des gens en France… Y’a une quantité incroyables de contrôle en tout genre, et éventuellement de sanctions, la quasi totalité se passent sans probleme. Les quelques centaines de cas sur tout le territoire interpellations à probleme ne constitue pas du tout une généralité ou un injustice contre des populations / quartiers entiers…

L’IGPN, en 2018, c’était 1180 enquêtes judiciaires dont plus de la moitié pour des violences volontaires, principalement lors d’interpellation sur la voie publique (en gros, les autres gros grief, autour des 10%, ce sont la violation du secret professionnel, le vol, et les faux ou usage de faux). 1157 ont été envoyées à la justice (c’est pas l’IGPN qui décide des sanctions éventuelles)… Donc les “preuves accablantes et l’IGPN qui nettoie plus blanc que blanc”, faut voir ça avec le juge, le procureur, etc…

Y’a eu 290 enquêtes administratives.
Sur les enquêtes administratives, 70% ont imputé des manquements professionnels / déontologiques (principalement les manquement d’exemplarité: être bourré, drogué, violent dans la sphère privée, …), 30% classé sans suite.
Les sanctions ont été :

  • 20% d’avertissements
  • 35% de blâme
  • 45% de conseil de discipline
    (quelques % avec lse arrondis ont conduit à une simple remontrance, médiation, etc…)
  • Les vidéos trompeuses / manipulées sont une menace pour tous (d’où la nécessité du contexte.)
  • Les vidéos “transparents” sont des preuves, utile pour la vérité (que cette vérité condamne le policier, ou l’innocente)
    A titre personnel, se faire filmer n’importe quand par n’importe qui est bel et bien un probleme.

A titre personnel, je suis comme un commentaire plus haut:
De base, c’est pas autorisé de filmer n’importe qui dans la rue, y’a aucune raison que ça soit autorisé quand c’est pour filmer un flic. Par contre, si ça se fait, ça peut servir d’élément de preuve (même si obtenue illégalement)

Les interpellations à problèmes concerne une infime partie des cas.
Ceux où il y a des doutes sur l’usage de la force non justifiée, encore une infime partie de cela.
On est autour de 600 cas par an sur toute la France.
Quand des vidéos de ce genre sortes, ça fait le buzz médiatique, la vindicte populaire “tous pourris”… et quand l’enquête et la justice entre en jeux, bah bizarrement, ça révélè que la plupart du temps, c’était pas vraiment si simple, c’était pas ça l’histoire, et pas du tout un gentils homme sans histoire qui se ferrait harceler et frapper gratuitement par des fachos de policiers. Mais voila, le mal est fait au niveau “social”, c’est de la mise en scène, du spectacle médiatique, pour détourner les yeux des faits et de la justice;

Des policiers qui font pas leur boulot et sont complétement cons, y’en a (comme dans toutes les professions), et même si ils très peu nombreux, c’est toujours trop, et de part leur poste, ils méritent justement des sanctions lourdes. Mais de la à parler de pratique généralisé, de gens terrorisés de se faire frapper ou autre, faut arréter les conneries… (au contraire la “peur du gendarme” est quelque chose qui n’existe plus socialement)


#59

C’est pas de ma faute ou de la faute de n’importe quel militant si une arrestation finit avec un déchirement de l’anus sur 15 cm et que la justice statut que “ouais c’est ok tkt frère”. Va dans n’importe quelle école de police, tu verras que nulle part n’est inscrit qu’enfoncer sa matraque dans le cul d’un suspect est une méthode réglementaire d’arrestation. Si toi personnellement t’as besoin de 3 minutes de vidéo, histoire de bien connaître le contexte, et de connaître les antécédents du gars sur 3 générations, histoire de voir si sa famille mérite bien autant d’empathie, alors je sais pas quoi faire de plus pour toi : normalement, il saute aux yeux de tout le monde qu’il y a un délit caractérisé d’abus de pouvoir mais si tu me montres que chatouiller l’anus d’un suspect ou balancer des coups de Rangers dans la tête d’un mec à terre et menotté c’est dans le code de conduite, alors ok je veux bien changer d’avis.

Mais on n’a jamais dit que les juges étaient meilleurs que d’autres, ou plus impartiaux que d’autres. On a juste dit que les juges étaient plus légitimes que les policiers pour rendre justice, c’est tout.

Croire encore en 2020 que la justice est “impartiale”, “démocratique”, “républicaine” ou je-ne-sais-quoi encore, c’est au mieux être aveugle au pire être malhonnête. Le problème, c’est qu’on a que ça. Alors, on fait avec : on peut au moins se permettre de maintenir l’illusion de la démocratie au lieu de se la faire balancer en pleine face. Tu sais, c’est comme un rendez-vous chez le proctologue : dans tous les cas, tu vas te prendre un doigt dans le cul mais, tant qu’à faire, mieux vaut que le doigt soit lubrifié. Ça aide à faire passer le mauvais moment.

Autant dire, 0 sanction. Juste un “c pa bien, fodra pa rekomancé !”. Ça va plus vite que de donner des grands chiffres.

Attends, je vais prendre les mouchoirs pour sécher mes larmes :+1:

Tu vois des mecs qui perdent la vie parce-qu’ils ont eu le malheur de faire un excès de vitesse, un contre-sens, un tour en moto dans leur cité, ou simplement le fait d’exister, et on vient leur dire : “Ne vous plaignez pas, justice est rendue : sur les 100% de cas reportés à la police, 70% ont eu un coup de règle sur les doigts et 30% ont eu une remontrance !”.

Visiblement, pas pour les flics. Les chiffres de leur agression, qu’elle soit morale ou physique, n’augmentent pas. On peut pas tellement en dire de même pour les populations des cités…

On en revient toujours à la même chose : pas besoin d’un contexte de 20 minutes quand la vidéo est capable de démontrer en 10 secondes que les procédures d’intervention ne sont pas respectées.

Quand je vois une vidéo comme ça :

j’ai pas besoin de connaître le contexte des 20 précédentes minutes : je comprends tout de suite que 5 policiers qui tabassent 1 un suspect, à terre, non-armé, et pendant 30 secondes, ce n’est pas le maintien de l’ordre qu’on enseigne dans la police, donc c’est sanctionnable. Point. Je me fiche de savoir si celui qui se fait tabasser à l’instant T avait volé à l’étalage 10 minutes avant. Ça, c’est une affaire différente dont la justice a à s’occuper, pas la police.

La loi fait déjà une distinction entre l’individu lambda et le fonctionnaire, sur la voie publique, en activité. Si t’as peur que l’on puisse un jour te reprocher tes actes durant l’exercice de tes fonctions, 2 solutions :

  • N’entre pas dans la fonction publique ;
  • Ne commets pas de gestes répréhensible ;

C’est pourtant simple. Et on est quand même en train de nous dire que c’est celui qui filme l’injustice qui est en train de… créer une injustice. Notre monde est en train de partir totalement en couille ou comment ça se passe, là ?

C’est parce-que tu ne vis pas cette “pression policière” au quotidien. Et tu veux que je te dise ? Moi non-plus. Mais oui, d’autres, la vivent et, voire même, en meurent. Ce n’est pas en faisant l’autruche ou en relativisant que ça va changer quoi que ce soit. Et puis un jour (je ne te le souhaite pas), ça t’arrivera aussi. Comme c’est arrivé aux-bien-blancos Gilets Jaunes : les gens lambda voyaient tout à coup ce que ça faisait de se prendre des coups de matraque et des LBD dans la gueule. Dans les cités, c’est la même cuisine toutes les semaines depuis des décennies. Tant mieux si t’arrives à en faire abstraction au quotidien, mais souffre qu’il y ait des gens pour lesquels ces sujets sont littéralement des questions de vie ou de mort.


#60

A priori, si c’est pour usage personnel, c’est autorisé de filmer la rue et les gens qui circulent dans l’espace public. On entre dans des problématiques de droits à l’image seulement si on cherche à diffuser les images.