Commentaires : Donald Trump signe un décret pour dissuader les réseaux sociaux de modérer ses propos

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#61

Aucune plainte contre les journalistes du Canard n’a été déposée ni par Beregovoy avant son suicide, ni après par sa famille.
Au contraire, même, un juge était en train de relancer son enquête suite aux articles du Canard. Juste un rappel des faits : Beregovoy avait obtenu un prêt d’un million de francs de la part d’un copain homme d’affaire notoirement véreux (délit d’initié grâce au directeur de cabinet de Beregovoy), il en avait remboursé une partie (au moyen d’objets d’art de provenance et de montant inconnus) avant le décès de ce gars et il affirmait que le solde avait été réglé aux héritiers, mais la justice n’en trouvait pas trace.

Sinon pour info, Beregovoy était en dépression sévère suite aux élections législatives perdues par le PS et dont il s’attribuait (à tort ou à raison) la responsabilité.

Bref, on est dans les bas-fonds de la Mitterrandie qui, on le sait maintenant, sont beaucoup plus crades que ce qu’on pensait à l’époque.

On est très très loin de jeunes qui se suicident parce que des connards publient des photos d’eux sur les réseaux sociaux et dont tu refuses de parler.

Exactement ce que tu es en train de justifier : “c’est pas ma faute, M’sieur. Moi quand je dis qu’il faut tuer tous les négros et tous les youpins, je fais juste que parler. Pas ma faute s’il y en a qui le font après m’avoir écouté”.


#62

Des mots ne sont pas des actes.

Y’a des cas où des paroles sont problématiques, mais pas à cause des mots en eux même, mais de la situation: Par exemple, si ton supérieur hiérarchique te donne un ordre, le probleme ne vient pas des mots en eux même, mais du fait que c’est ton supérieur, et qu’il a une emprise / pouvoir de sanction sur toi si tu refuses.


#63

Juste en passant, un document authentifié par un notaire, on appelle ça un acte. D’où le verbe acter qui signifie “écrire des mots” de manière officielle.

Prendre un stylo et écrire tes pensées, c’est agir.
Aller chez un éditeur, faire en sorte que tes écrits soient publiés, c’est agir.
Envoyer un texte à un journal, c’est agir.
Monter une chaîne Youtube où tu diffuses tes idées, c’est agir.
Organiser une réunion publique, c’est agir.
Faire la promotion de cette réunion publique, c’est agir.
Monter à la tribune, prendre le micro et dire ce que tu penses, c’est agir.
Prendre une vidéo d’un gamin en train de se faire humilier, c’est agir.
Décider de la mettre en ligne sur un réseau social, c’est agir.
Ecrire des commentaires où tu l’insultes, c’est agir.
Envoyer à tous tes potes sur les réseaux sociaux, c’est agir.

Bien entendu, les mots ne sont pas des actes. Mais tout ce que toi tu fais, pour diffuser, promouvoir, exposer ces mots, que ce soit par écrit ou par oral, ce sont des actes. Ce peuvent être des actes bénéfiques (des mots d’apaisement, de réconfort), mais également des actes néfastes, voire même des actes illégaux. Et s’il y a condamnation, bien entendu, ce ne sont pas les mots qui seront condamnés, mais bien toi qui les a écrits, dits, diffusés, relayés,…

Quelques définition d’acte

  • Manifestation concrète des pouvoirs d’agir d’une personne, ce que fait une personne
  • Ce qui est fait par une personne dans la considération d’une finalité.
  • Action d’un être capable d’intention.
  • Action considérée essentiellement selon sa causalité ou sa finalité.

Ose affirmer que cela ne t’ai jamais arrivé : un ami est mal, déprimé,… Tu appelles une connaissance commune et tu lui dis “machin n’est pas bien, fais quelque chose, parle-lui !
C’est pas agir, ça ?

S’il te donne un ordre légitime, cela n’est pas répréhensible.
S’il te donne un ordre illégitime, cela le devient.
Et s’il t’insulte publiquement devant tes collègues, tous les jours, sachant que comme il est ton supérieur tu ne peux pas répondre, même sans te donner d’ordre, tu classes ça où ?

Et juste pour info, le fait que le harceleur soit ton supérieur hiérarchique, c’est une circonstance aggravante.


#64

Potentiellement, les journalistes sont bien plus protégés car les démarches doivent être réalisées devant une juridiction spécifique et sous trois mois tout en pouvant bien plus agir en Meute.

Tu avais tous ces éléments qui étaient connus et cela ne les a pas empêché d’y aller plein pot jusqu’au suicide.

Policer la parole devra bien s’appliquer à tout le monde ce que tu ne veux pas entendre.


#65

C’est super de faire des recherches sur Internet.
Mais il faut lire les sources :
plainte

Tu as donc décidé qu’il y avait un lien direct entre les articles et le suicide. Sans faire aucune enquête.

Les journalistes signent leurs articles. Le rédacteur en chef est co-responsable.
Des plaintes peuvent être déposées contre eux. Régulièrement des journaux et des journalistes sont condamnés parce qu’ils ont publié des choses fausses ou pas suffisamment étayées, parce qu’ils ont diffamé,…

Mais dans le cas de Beregovoy, ni Beregovoy lui-même avant son suicide, ni sa famille après n’ont porté plainte.

Et tu refuses toujours de parler des jeunes harcelés sur les réseaux sociaux, qui eux, n’ont pas d’avocats pour les défendre, ni d’amis haut placés, qui tous les jours s’en prennent plein la gueule dans la cour du collège, des femmes qui reçoivent des menaces de viol,…


#66

https://www.lagbd.org/index.php/Délits_de_presse,prescription_et_nouvelle_publication(fr)

"…

Les « délits de presse », qui concernent tous les supports, du livre papier au magazine en kiosque, du journal télévisé aux sites internet, suivent un régime particulier de prescription des poursuites. Aux termes de l’alinéa premier de l’article 65 de la célèbre loi du 29 juillet 1881, « l’action publique et l’action civile résultant des crimes, délits et contraventions prévus par la présente loi se prescriront après trois mois révolus à compter du jour où ils auront été commis ou du jour du dernier acte de poursuite, s’il en a été fait ». Le délai de prescription, qui court du jour de la sortie du livre ou de la mise en ligne d’un article, est donc par principe relativement court.

…"

Je te rappelle juste que contrairement à la prescription qui est de un ans sur internet, il faudra à un moment que le droit soit unique pour tous les français.


#67

La prescription abrégée ne s’applique qu’aux infractions réprimées par la loi du 29 juillet 1881, à l’exception de celles qui, initialement prévues par ledit texte, en ont été extraits. Les atteintes à la vie privée, à la protection des mineurs, à l’autorité ou à l’indépendance de la justice, ainsi que la publicité mensongère sont écartées du champ de la prescription abrégée et soumises aux délais de droit commun. Ceux-ci sont en principe d’un an pour les contraventions, trois ans pour les délits et dix ans pour les crimes.

Le délai de la prescription pénale de la presse dépend de la qualification de l’infraction de presse. En principe, celle-ci est de trois mois révolus à compter du jour où l’infraction a été commise ou du jour du dernier acte d’instruction ou de poursuite s’il en a été fait. Ce délai est porté à un an pour les infractions raciales, ethniques, nationales ou religieuses visées à l’article 65-3 de la loi sur la presse.

Ce qui n’est pas dit dans cet article, c’est que l’apologie du terrorisme a été sorti du droit de la presse en 2014.

C’est bon, on voit que les journalistes et les journaux ne sont pas privilégiés ? On peut passer aux choses importantes maintenant ? Parce qu’une personne qui est harcelée, que ce soit dans la presse ou sur un réseau social, c’est pas 10 ans après qu’elle porte plainte.

Les devoirs d’un journaliste (et de l’éditeur) étant différents de ceux d’un citoyen normal, il est normal que les droits soient différents. Tout comme les devoirs d’un policier sont différents, donc ses droits également.

Et toujours aucune remarque sur les jeunes et les femmes harcelés sur les réseaux sociaux. Sur les anonymes en dépression, voire poussés au suicide.

Juste essayer de détourner le débat sur une question complètement annexe de délai de prescription pour ne pas avoir à le faire.


#68

C’est plutôt une discussion sur les circonstances et la question des circonstances atténuantes.

C’est pas le même problème pour un policier de tuer une personne dans le cadre de sa vie privée et d’être impliqué dans la mort d’une personne dans le cadre de son travail. Il n’y a pas un droit plus favorable aux forces de l’ordre en France et pas de juridiction d’exception pour les forces de l’ordre en France.

Pour le reste comme tu veux un droit identique à tous les justiciables dont les journalistes, alors tu as ta réponse sur le problème de la criminalisation des écrits. Devra on demander aux journalistes alors de ne pas traiter une même affaire en meute, de ne pas traiter la même affaire en boucle sur les “chaines d’information” en continu.


#69

Gnè ?

Je dis exactement l’inverse : Les devoirs d’un journaliste (et de l’éditeur) étant différents de ceux d’un citoyen normal, il est normal que les droits soient différents.

Faut apprendre à lire

Et toujours aucune remarque sur les jeunes et les femmes harcelés sur les réseaux sociaux. Sur les anonymes en dépression, voire poussés au suicide.