Commentaires : Donald Trump signe un décret pour dissuader les réseaux sociaux de modérer ses propos

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#1

Donald Trump a tenu parole. Le président américain a signé le 28 mai un décret qui entend resserrer drastiquement la liberté juridique dont jouissent les réseaux sociaux pour modérer les contenus que des tiers publient. « Aujourd’hui, je signe un décret visant à protéger et à faire respecter la liberté d’expression et les droits du peuple américain », a lancé le locataire de la Maison Blanche. La signature de ce décret est le dernier acte d’un emballement survenu fin mai. Rappel des….

Par Julien Lausson
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#2

C’est triste qu’une mesure de bon sens soit prise par cette personne, dans ces conditions:

La modération de contenu est l’affaire de la justice pour un hébergeur. Le faire sans demande de la justice revient à en prendre la responsabilité d’éditeur, et tout ce que ça implique.

Des propos ne deviennent illégaux qu’à partir du moment où la justice les a juger comme tel.Et donner le rôle de “juge” à des entreprises privées, selon leur bon vouloir, et sans aucun compte à rendre, est une grave entorse aux bases les plus élémentaire de la justice.

C’est ce genre de chose qu’il faudrait, au lieu des méthodes du projet de loi contre la haine actuel;…


#3

#4

Dans plein de pays si l’hébergeur ne prends pas cette décision, c’est lui qui se fait emmerder par la justice.
Ne pas modérer c’est laisser la porte ouverte a toutes les immondices du monde. Et on l’a bien experimenté par le passé et on l’expérimente encore aujourd’hui sur des réseaux sociaux comme Facebook et meme Twitter.

Twitter n’a jamais dit que c’était illégal, ils modèrent les propos pour que ca convienne a leur politique interne.
C’est pas parce qu’on te supprime certains tweet que tu ne peux plus t’exprimer ici ou ailleurs.
C’est comme si t’invitait quelqu’un chez toi et il foutait un bordel monstre. Tu attendrais la décision d’un juge pour le foutre dehors ? Certainement pas.


#5

Un hébergeur n’a pas à faire de modération: sinon il devient éditeur. Et de fait, il est responsable de TOUT le contenu présent et édité par lui.

Sauf que si la loi lui interdit de supprimer tout et n’importe quoi… bah c’est sa responsabilité qui est en cause

Une “politique interne”, une charte, un règlement intérieur,… peut prendre des mesures particulières, mais pas aller contre des lois.

C"est moi, c’est un lieu privé

Twitter c’est un lieu privé ouvert au public (comme un magasin, un bar, un restaurant, …) Ils n’ont pas la même largesse d’action que chez toi, dans le cadre privé;

De plus, soit c’est un hébergeur, et la marge de manœuvre est nul: tu fournis le service, le responsable des propos, c’est celui qui les tiens. Soit t’es éditeur: et le responsable des propos c’est toi (que ça soit des propos tenus… ou des propos supprimés)


#6


#7

C’est surtout que les plateformes n’ont pas arrêté de louvoyer entre le statut affiché d’hébergeur, protecteur car il dégage leur responsabilité du contenu publié, et celui effectif d’éditeur, moins avantageux, qui fait peser sur elles la pleine responsabilité du contenu publié.

Modération et algorithmes de sélection contribuent à faire d’elles un media édité, surtout lorsque les deux sont teintés d’idéologie.

Ce décret va les mettre devant leurs responsabilités.


#8

Mérite un sujet à part. Numerama le traitera probablement.


#9

Il écrit « will be », c’est une prédiction, pas une affirmation que c’est le cas aujourd’hui.

Détail sans doute, mais bon, c’est plus difficile de fact-checker quelque chose dans le futur, n’est-ce pas ?


#10

Twitter voit le futur.


#11

Ca, c’est vrai par exemple, dans le cas de la presse écrite ou audiovisuelle parce que

  1. l’auteur des propos est identifié
  2. les propos “survivent” peu : un journal quotidien, par exemple, dès le lendemain il n’est plus vendu
  3. les journalistes, pour la plupart, violent rarement la loi

Par contre, sur un réseau social, c’est exactement l’inverse sur tous les points : les auteurs sont anonymes, les propos restent longtemps et les gens se lâchent.

Donc comment faire de manière pratique s’il faut saisir un juge à chaque fois qu’il y a un propos diffamatoire, insultant, incitateur à la haine… sur un réseau social ? Embaucher des milliers de juge ?

Donc que les réseaux sociaux (qui vont au-delà que le rôle d’hébergeur) aient une liberté d’action n’est absolument pas ahurissant : ils font un premier écrémage. Dans l’immense majorité des cas, le type qui a vu ses propos effacés ou signalés ne dira rien parce qu’il sait qu’il est en tort. Mais il a toujours la possibilité de saisir la justice s’il estime être victime d’une injustice.

Concernant Trump, c’est un coup à double bande :

  • il rend les réseaux sociaux responsables du contenu qui est publié
  • donc il encourage les réseaux sociaux à encore plus modérer
  • donc s’ils laissent passer un message, ils pourront être poursuivis
  • donc, ils pourraient encore plus censurer Trump chaque fois qu’il balance un mensonge
  • mais s’ils ne le font pas, ils pourraient être attaqués pour des propos de Trump
  • tout en sachant que Trump bénéficierait lui de l’immunité présidentielle

Par contre, je suis un peu sidéré de l’absence de réaction de Twitter par rapport à l’affaire Lori Klausutis où Trump accuse un présentateur de télé (ex pote à lui) de meurtre sur une femme décédée dans des conditions jugées normales par la justice il y a 20 ans, alors que ce présentateur n’était même pas sur les lieux, qu’il suggère une relation extraconjugale entre cette dame et le présentateur et que le veuf de cette dame demande à ce que les posts soient supprimés.

On est vraiment dans du n’importe quoi : un président des USA peut

  1. accuser une femme décédée d’adultère
  2. accuser une personne de meurtre
  3. porter atteinte au sérieux des autorités de police et judiciaires qui ont fait l’enquête
    sans que personne ne puisse ou ne veulent rien faire.

Et tout ça pourquoi ?
Parce que lors d’une interview de Trump pendant la campagne électorale, le présentateur essayait de poser des questions à Trump qui n’écoutait rien et déployait son discours sur autre chose. Du coup, après l’avoir averti plusieurs fois, le présentateur a balancé la coupure pub.

  • Vous devez nous laisser poser des questions. Vous ne pouvez pas vous contenter de parler. Vous devez nous laisser poser des questions. Vous ne faites que parler
  • Non, non. Je ne fais pas que parler. Je ne fais pas que parler. Je vous donne les faits
  • Très bien, Donald. Donald, Donald, Donald, Donald… vous n’allez pas continuer à parler. Nous allons faire une pause si vous continuez à parler. Nous allons vous poser des questions… OK, tout le monde, coupure pub, coupure pub, coupure pub tout de suite. Nous revenons après pour la suite de Morning Joe

#12
  • Les auteurs sont pas anonymes
  • Les propos restent le temps que la justice l’ordonne (elle peut, et le fait déja, exiger le retrait sous x heures, en référé si nécessaires)
  • la liberté d’expression n’est pas se “lâcher”

#13

Pour rappel, Twitter n’a pas supprimé (ni même masqué) le tweet de Trump, juste ajouté une invitation à vérifier les faits.
Si inviter les gens à vérifier ce qu’on leur dit devient condamnable, je trouve ça TRÈS inquiétant…


#14

C’est pas son boulot puisque ca revient à modifier le message initial donc à sortir du rôle de plateforme pour celui d’éditeur de contenus.

Et il y a plein de personnes dans la presse américaine qui et internationale qui se charge de dire ce qu’ils en pensent.

Ca reviendrait en journalisme à un journaliste de modifier une citation d’une personne au lieu de le traiter dans le corps de l’article.


#15

Va retrouver un mec qui a posté via un VPN et 4 proxys.

La justice ne peut pas intervenir en référé sur tous les messages injurieux, diffamatoires, discriminatoires, incitateur à la violence, à la haine… produit chaque jour (rien qu’en France).

Et pendant ce temps-là, il y a des photos de gamines victimes de tournantes, de gamins brutalisés qui tournent sur les réseaux sociaux.

Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.

La liberté d’expression ne peut exister QUE si elle est encadrée.
Sinon, ce n’est plus la liberté d’expression, c’est la liberté de celui qui gueule le plus fort, qui est le plus intimidant, qui est le plus riche, qui a le plus de potes, …


#16

Faut arrêter avec cette idée que Facebook, Twitter et consorts sont juste des hébergeurs de contenu et qu’ils n’ont pas plus de responsabilité qu’Intel qui fabrique les processeurs des serveurs.

Twitter, Facebok et consorts ont monté des réseaux sociaux, c’est-à-dire écrit des logiciels pour mettre les personnes en relation, mais basés sur une certaine philiosophie.
Cette philosophie, ce n’est pas celle de 4chan.
On ne peut pas dire que l’une est mieux que l’autre, elles sont juste différentes.

Quand tu t’inscris sur Twitter et Facebook, tu acceptes un certain nombre de conditions. OK, personne ne les lit, mais ce n’est pas la faute de l’éditeur.

Quand je monte un forum consacré aux bienfaits de la méditation zen devant un aquarium de carpes koï et qu’un mec vient pourrir mon forum avec des messages consacrés aux cultes de la vitesse de l’Audi 40, à l’exploitation des gaz de schistes et aux blagues de Bigard, ben je le vire du forum et je dégage ses messages (après un certain nombre d’avertissements, bien entendu). Tu trouves ça une censure épouvantable ?


#17

Il y a édition du message de la personne. Donc à partir de la ce n’est plus une plateforme qui peut être protégée.

Enfin, rien dans le tweet ne contrevient à la charte d’utilisation de tweeter.

Enfin, plein de monde allait de toute façon dans les médias dire que c’était faux et même sur le fils de ce tweet car il ne peut filtrer les personnes qui interviennent.

Que tweeter ait un charte ne l’exonère pas de respecter la loi.


#18

Est-ce qu’un seul mot du message de Trump a été supprimé ou modifié ? Est que l’avertissement de Twitter laisse à penser qu’il fait partie du message de Trump ?

Tiens, petit exercice : quand tu postes un message sur Twitter et qu’il rajoute la date, l’heure et l’auteur, est-ce qu’il s’agit d’une édition de ton message ?

Ca c’est toi qui le dit.

Oui, et alors ?

Et que dit la loi ?


#19

C’est une édition de son tweet car le rajout n’est pas technique mais apporte une opinion.

Cette opinion allait de toute façon apparaître à la suite dans les réponses que trump ne peut modérer du fait de sa position de chef de l’état qui lui interdit de refuser des personnes sur son fil.

La loi fait une différence en un éditeur et une plateforme. Et ce simple ajout est techniquement une édition d’un contenu sur un contenu qui est officiel par une entreprise privée.

Ca n’est pas un compte privé, mais un compte officiel potentiellement dans un cadre électoral.


#20

C’est une parfaite description de l’état lamentable dans lequel se trouve Twitter en ce moment. Il y a les gens d’en haut (les Blue Checkmarks) et les autres (le reste du monde). Les gens d’en haut ont récemment eu de nouvelles options comme la possibilité de bloquer les retweets et les réponses, et aussi de n’autoriser que certaines personnes à répondre à un tweet. Tout est fait pour séparer les utilisateurs, un comble pour un réseau social.
Avec ce genre d’idioties concocté par Jack Dorsey, je ne vois pas la plateforme exister dans 10 ans. Un énième MySpace.