Commentaires : Dérives du copyright : le pire du pire de l'année 2019

Copyright Madness
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#1

Le droit d’auteur contre la création Si théoriquement le droit d’auteur et le copyright sont conçus pour protéger les créateurs, on s’aperçoit rapidement que l’idée de base est souvent distordue. En effet, la propriété intellectuelle est régulièrement utilisée contre les auteurs, à des fins de censure ou bien pour écarter la concurrence. Let it be. On en a parlé plusieurs fois dans les colonnes du Copyright Madness et Paul McCartney en a gros sur la patate ! Le chanteur des Beatles….

Par Lionel Maurel et Thomas Fourmeux
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#2

Pour ce qui est de l’affaire Éditions de l’Atelier contre Kheiron père et fils, il n’y a aucune dérive, c’est juste les termes d’un contrat d’édition basique, qui couvrent dans 99% des cas les droits de traduction et adaptation de l’oeuvre. J’ai signé trois contrats de ce type en tant qu’auteur, et il est tout à fait normal que l’éditeur qui a permis la publication d’une oeuvre puisse tirer profit de ses exploitations futures. Soit il fallait négocier en amont et faire sauter ces articles du contrat, soit il fallait accepter le fait que l’absence de réponse de l’éditeur vaut refus, et assumer les conséquences si l’on passe outre.


#3

Je veux pas être lourd mais c’est Kylie Jenner et pas Kelly Jenner

et pis ça m’a choqué qu’il n’y ait pas mention de la controverse Taylor Swift vs Big Machine Label Group qui a quand même lancé un mouvement très fort sur les réseaux sociaux et un débat sur le copyright dans la musique


#4

En ce qui concerne la fusée du petit reporter homosexuel belge il s’agit d’un V2, certains avaient même un motif à damier peint dessus pour les essais… peut-être que les descendants de l’oncle Adolf pourraient attaquer les éditions du moulin sale… !:- =)


#5

Bon toutou.


#6

Plutôt que de balancer des attaques ad hominem qui n’apportent rien au débat, essayez de signer un contrat avec un éditeur, et de préférence un contrat qui ne lui donne pas les droits sur les traductions ou adaptations futures. Bon courage. Si on suit votre logique, 100 % des auteurs sont de “bons toutous”, vu que 100 % des éditeurs imposent ce genre de clauses. C’est une caractéristique du contrat-type pour l’édition d’une oeuvre de l’esprit.


#7

Je sais bien que les éditeurs profitent de leur position pour faire signer aux auteurs des contrats dans lesquels ils perdent leurs droits, merci.
Ma remarque n’était pas pour ça, mais pour le fait que tu trouves ça “normal”, un peu comme les musiciens trouvaient normal d’abandonner leurs droits pour sortir un album dans les années 90, depuis internet est arrivé, les autoprod, les home studio… et ils ont appris à se passer des maisons de disque s’ils le voulaient.
Une fois les e-book généralisés (ça va bien finir par arriver, même si perso je préfère les livres physiques), rien n’empêchera les auteurs de se passer d’éditeur.

Alors oui, “bon toutou” d’aller dans le sens de sociétés qui se servent de leur position de domination pour récupérer des droits qui ne les concernent pas.


#8

OK je comprends mieux. Mais…

Partons du principe que tu aurais déjà essayé de faire publier un bouquin. Personnellement j’ai eu du bol, pour trois bouquins j’ai eu des réponses positives de trois éditeurs différents, pour un total de seulement 5 envois de manuscrits – mais pour la plupart des auteurs débutants ou encore peu connus, dont beaucoup sont sans doute meilleurs que moi, il faut approcher 10, 20, voire 50 éditeurs avant d’être retenu. Si à ces 50 éditeurs tu dis dans ton petit courrier “Ah, au fait, pas question que vous vous réserviez les droits d’adaptation ou de traduction si vous me retenez et que mon bouquin fait un carton”, tu peux considérer que tu n’auras jamais de réponse positive. Donc soit tu joues le jeu du système, soit tu peux presque oublier l’espoir d’avoir un jour tes livres facilement accessibles à la vente partout en France voire partout en Europe, sans avoir à t’en occuper tous les jours, ce qui te permet par exemple de faire un boulot à côté et accessoirement, de manger de temps en temps.

Alors oui, bien sûr, il y a des alternatives, comme l’autoédition. (Je ne parle même pas des éditions en e-book tellement c’est zéro en termes de ventes dans 99,99% des cas.) Sauf que l’autoédition sans contrat aucun, la-seule-la-vraie, elle consiste à investir son propre pognon dans son ouvrage, et l’immense majorité des auteurs ne le peut pas. Sortir assez d’exemplaires d’un livre pour qu’il soit rentable, puis lui consacrer assez de temps pour qu’il se vende, ça représente plusieurs milliers d’euros et bien sûr des centaines d’heures de travail qu’on ne peut pas passer à faire un boulot payé. Le réseau qui permet de dépasser le cadre familial au moment de le vendre, tout le monde ne l’a pas, loin de là. Et il y a également le fait que les éditeurs ont un comité de lecture qui ne sélectionne pas tout le monde, et que pour beaucoup de critiques et de gens de la littérature en général, ne pas avoir présenté son ouvrage à un comité de lecture c’est rédhibitoire : il ne sera pas lu, pas critiqué, pas présenté, autant dire qu’il n’existe pas. Alors certes, tu compares deux choses qui peuvent sembler comparables, la musique et le livre. Sauf que ça reste deux industries complètement différentes, aux codes complètement différents, et qu’on ne peut pas comparer les poires et les ukulélés. Personnellement je suis tout à fait pour le DIY et il est absolument possible en musique : il y a carrément moyen d’en faire du début de la création jusqu’à la diffusion sur les plateformes numériques, sur lesquels des artistes vivent très bien, sans impliquer un seul intermédiaire payant ou qui bloque certains droits. Mais en littérature, c’est une autre paires de manches. Je bosse parfois en bénévole chez un libraire-disquaire alternatif, et même les livres anarcho-punks sont généralement publiés soit par des pros, soit par des associations qui se sont professionnalisées au fil du temps, parce que pour qu’un livre trouve le chemin d’une vraie librairie il faut bien un réseau. Est-ce que ça serait bien que ça change ? Ouais, carrément. Est-ce que ça va changer aussi vite que ça a été le cas pour la musique ? Sans doute pas, parce que les contraintes du support physique sont super importantes, et que ce sont elles qui font la loi tant qu’il n’y a pas d’alternative crédible au papier.

J’espère que ces quelques explications te permettront de comprendre un peu mieux pourquoi ce qu’on appelle les “droits réservés” c’est pas l’affaire du siècle, que les auteurs savent parfaitement ce que ce genre de sacrifice leur apporte en termes de confort dans leur activité, que pour l’immense majorité d’entre nous il n’y a pas d’alternative, et aussi que franchement, d’une manière générale, je ne vois aucune raison de plaindre quelqu’un qui signe un contrat pour ensuite en violer les termes en toute connaissance de cause et se faire épingler bêtement.