La lutte contre les contenus piratés ne cesse pas. Dans le domaine du sport, c'est un site de live streaming qui vient d'être retiré de la circulation.

Il n’y a pas que les sites permettant de télécharger illégalement des films et des séries qui sont fermés par les autorités. Les plateformes qui servent à regarder des matchs de sport sans abonnement peuvent aussi disparaître. C’est le cas justement de beinsport-streaming.com, qui n’est maintenant plus accessible aux internautes.

La disparition de la plateforme a fait l’objet d’un communiqué de Vivendi, le 24 juin, qui se félicite du résultat de l’opération menée par la gendarmerie nationale. Étaient impliquées plusieurs chaînes de télévision à péage qui réclament un abonnement pour voir des compétitions (Canal+, BeIn Sports et RMC Sport), ainsi que l’association de lutte contre la piraterie audiovisuelle (ALPA).

Canal+, RMC Sport et BeIn Sports présentent un front uni

En réalité, l’opération contre beinsport-streaming.com remonte à l’an dernier, avec, au mois de juin 2018, l’interpellation des créateurs et administrateurs présumés — leur nombre n’est pas précisé. Au cours de la procédure, une importante somme d’argent a aussi été saisie — là encore, sans que le montant ne soit donné. Contactés, ni Canal+ ni RMC Sport n’ont été en mesure de donner suite à nos demandes.

Sur le plan judiciaire, les personnes interpellées risquent, selon Vivendi, jusqu’à 10 ans de prison et 750 000 euros d’amende chacune. Deux infractions sont évoquées : le délit de contrefaçon en bande organisée et le blanchiment aggravé (les responsables du site sont accusés de s’être rémunérés grâce aux encarts publicitaires). Ces délits sont contenus à l’article L335-2 du code de la propriété intellectuelle et à l’article 324-2 du code pénal.

La fermeture de beinsport-streaming.com ne devrait probablement pas avoir un effet significatif sur les internautes qui étaient, selon Vivendi un demi-million chaque mois à se rendre sur le site : il existe de nombreuses autres plateformes, dont les intentions sont mentionnées dès l’URL, à coups de « live », « foot », « streaming », « sport » et ainsi de suite.

Un exemple de site de live streaming.

Bloquer dynamiquement les sites ?

La lutte contre ces sites pourrait toutefois évoluer si certaines préconisations figurant dans le rapport de la députée Aurore Bergé sont suivies.

Aurore Bergé
Aurore Bergé. // Source : Jean-Luc Hauser

L’intéressée propose en particulier la mise en place «  d’un dispositif spécifique permettant de bloquer temporairement, dans des délais extrêmement brefs, l’accès aux pages de sites diffusant sans autorisation des contenus en live streaming » (c’est-à-dire de programmes TV, notamment sportifs), en partant du principe qu’il faut agir avant ou dès le début de la diffusion, sinon ça ne sert à rien.

« Dans ce domaine, l’intervention doit être quasi immédiate, le dommage étant entièrement consommé à la fin de la retransmission. Si l’accès aux pages de sites assurant la retransmission illégale des manifestations sportives n’est pas rendu impossible dans les trente minutes qui suivent le début de ladite manifestation, l’action des ayants droit est privée de toute efficacité », développe-t-elle.

L’ampleur du phénomène des retransmissions parallèles des matchs de sport, en dehors du tout cadre légal, est difficile à évaluer. L’ALPA, estime « que le streaming en direct des retransmissions sportives représente entre 10 % et 20 % des audiences réalisées à la télévision, le football étant tout particulièrement touché par ce phénomène », en citant une étude de Médiamétrie de juin 2018.

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