C'est dans un lycée de Chicago que Apple a convié la presse pour dévoiler ses grands projets pour l'éducation.

C’est à Chicago, dans le comté de Cook, que le Tim du même nom a décidé de réunir la presse autour d’un événement spécial le 27 mars 2018. Spécial, car il n’était pas au programme des lancements Apple il y a encore quelques semaines. On connaît à peu près le rythme de renouvellement des iPhone, des iPad et des MacBook et tout événement qui sort de cette boucle est donc chargé de mystère.

Le ton était donné bien en amont de la conférence : il serait question d’éducation. C’est un sujet historiquement fort d’Apple qui équipe déjà des tas d’universités et d’écoles de l’enseignement supérieur. Cette fois, c’est la Lane Tech College Prep High School de Chicago qui a été choisie pour représenter l’implication d’Apple dans l’enseignement. Un lycée, donc.

Dessin anatomique

Et cette année, Cupertino a vu les choses en grand en mettant en scène tout à la fois du matériel et du logiciel. Car si de France, la guerre de l’éducation ne se joue pas — encore — tout à fait entre les géants de la tech, aux États-Unis, le numérique à l’école est si implanté que convaincre les établissements des vertus d’une entreprise est capital. Microsoft a été l’entreprise qui a conquis tout le marché par défaut il y a plusieurs années, mais depuis, Apple a rattrapé son retard et a su prouver l’utilité des iPad et d’iOS en classe, notamment au collège et au lycée.

Cela dit, Cupertino a un nouvel ennemi, entré dans la partie sur le tard, mais avec plein de volonté et un taux de conversion des étudiants et des professeurs proprement hallucinant : Google, qui arrive aujourd’hui à convaincre un peu plus d’un établissement sur deux et qui a dépassé Apple côté équipement. Avec ses programmes pour apprendre le code, ses Chromebook bon marché et son accompagnement, même en France, des autorités pour former au numérique, Google grignote petit à petit un terrain qui n’avait que deux protagonistes, jusqu’à récemment.

À Chicago, l’entreprise de Tim Cook a donc fait une démonstration de sa force.

L’iPad, version 2018

iPad, puissant et bon marché

Et malgré ce qu’on pourrait croire, le premier argument d’Apple pour l’éducation reste le prix de sa machine de référence. L’iPad 9,7 pouces de nouvelle génération est un outil multifonctions puissant et précis, qui permet désormais d’utiliser l’Apple Pencil, réservé autrefois au haut de gamme. Cet attribut de la gamme Pro est un véritable stylet actif qui interagit avec l’écran en permanence, offrant des possibilités pour dessiner, écrire, annoter et manipuler des éléments à l’écran sans égal.

Au-delà de cela, l’iPad embarque un matériel qui en fait un ordinateur plutôt haut de gamme, capable de faire tourner des applications de DAO ou de MAO simples tout comme de la réalité augmentée ou des logiciels d’initiation à la programmation. On se retrouve donc avec une tablette tactile de référence qui n’a pas vraiment de concurrence sur ce secteur, avec un écosystème aussi complet et aussi qualitatif, le tout pour 359 €. À ce tarif, établissements scolaires et étudiants pourront soustraire quelques euros et obtenir l’appareil à un prix préférentiel. En plus de bénéficier de 200 Go de stockage sur iCloud par défaut.

Coder un programme pour piloter un drone

Bref, ce qui s’impose comme une référence multimédia pour le particulier est aussi un outil puissant pour l’étudiant. À ce tarif, la concurrence avec les solutions de Google ou de Microsoft est donc tout à fait claire.

Le logiciel au cœur de l’offre

Une fois n’est pas coutume, Apple a mis en avant sa plus grande force lors du keynote : un écosystème applicatif complet et pertinent, pensé de longue date avec des professeurs et des élèves. Cet avantage concurrentiel fait qu’aujourd’hui, 200 000 applications sont disponibles pour l’éducation sur iPad. Virtuellement, elles permettent d’enseigner toutes les matières, de la SVT aux mathématiques en passant par le dessin ou la photo. Un certain nombre d’entre elles, traduites, s’intégreraient d’ailleurs parfaitement au cursus français.

Les dernières technologies développées par Cupertino sont également mises en avant : nous avons pu voir une dissection saisissante d’une grenouille virtuelle, épargnant ainsi des milliers de grenouilles, bien vivantes grâce à AR Kit. De même, les applications dédiées à l’apprentissage de la programmation se multiplient, souvent associées à des défis : faire bouger un robot, programmer un drone, etc. Les plus âgés se rappelleront peut-être du Logo et de sa tortue : on est exactement dans cette démarche, l’enrobage et la pédagogie en plus.

Au cœur du dispositif, on retrouve l’immanquable suite bureautique Apple, toujours gratuite et difficile à troquer une fois qu’on l’a prise en main — autant pour son accessibilité que pour la qualité de ses modèles par défaut qui empêchent bien souvent de faire des productions trop laides. Ces trois applications seront mises à jour pour supporter l’Apple Pencil et proposeront alors un suivi en temps réel des annotations : vous corrigez votre texte et l’annotation se déplace en même temps que le mot annoté. Ajoutez à cela l’application Clips et le vénérable Garage Band qui gagne chaque année en puissance et vous aurez un cocktail créatif accessible au plus grand nombre.

L’app-rentissage

Enfin, Apple a soigné les applications et les ressources mises à disposition pour les professeurs. Les cours de code sont une chose, organiser une classe en est une autre. Les outils Classroom et Schoolwork sont des environnements dédiés aux professeurs qui leur permettent de gérer un parc d’iPad facilement, avec un iPad ou un MacBook qui jouera le rôle de « maître du jeu ». Le professeur peut contrôler tous les appareils d’une classe, imposer des applications, mettre les iPad sur silencieux ou encore, avec Schoolwork, envoyer des consignes, des devoirs ou des documents à toute une classe ou à des groupes d’élèves en particulier.

L’anti-chromebook se décline en plusieurs coloris

Et parce que l’apprentissage ne se fait pas qu’à l’école, Apple a bien l’intention de développer ses programmes éducatifs, menés dans les Apple Store. Les boutiques accueillent aujourd’hui des cours de code gratuits pour les jeunes et les moins jeunes et offriront bientôt d’autres activités autour des professions créatives. Everyone Can Code, déjà accessible en France, sera en effet doublé d’un Everyone Can Create qui formera à la photographie, au dessin, à la musique et à la vidéo — avec des outils maison, cela va de soi.

En venant à Chicago, Apple avait pour mission de montrer que son avenir dans l’éducation dépassait le simple achat d’un MacBook Air, l’ordinateur portable plébiscité par les étudiants. Aujourd’hui, l’enjeu est de reprendre une place de choix que les concurrents ne cessent de grignoter — Google en tête. Reste à convaincre les établissements et les professeurs.

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