Finalement, Google s’en sort relativement bien. Alors qu’elle aurait pu se voir infliger une amende d’un montant atteignant plusieurs milliards d’euros en Inde, la firme de Mountain View n’aura à payer que l’équivalent d’un peu plus de 17 millions d’euros. Une paille lorsque l’on connaît les capacités financières du géant américain. Mais sur le plan des symboles, la société a perdu.

En effet, la Commission de la concurrence indienne a considéré que Google « a abusé de sa position dominante dans les services de recherche et de publicité ». L’affaire, démarrée en 2012 à la suite d’une plainte, s’était alors orientée sur les pratiques du moteur de recherche, suspecté, ici comme ailleurs, de réduire la visibilité de ses concurrents au profit de ses propres solutions.

Or pour la commission, qui a travaillé six ans sur ce dossier, « Google, étant donné que la société est la porte d’accès au web pour une grande majorité des internautes en raison de sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne, est dans l’obligation de s’acquitter d’une responsabilité particulière », puisqu’il est à la fois juge (en tant que moteur de recherche) et partie (il promeut ses services).

La commission a « aussi fait observer que Google exploitait sa position dominante sur le marché de la recherche en ligne généralisée sur le Web pour renforcer sa position », mais elle a relevé que certaines autres pratiques dénoncées par les plaignants ne relevaient pas d’une infraction au droit de la concurrence. Ces accusations tournaient autour d’AdWords, sa régie publicitaire. des contrats et des accords de distribution.

Ces éléments ont pesé dans le verdict final de la commission, tout comme le fait qu’elle a uniquement pris en compte du chiffre d’affaires de ses activités en Inde. Il faut d’ailleurs faire remarquer que Google pratique aussi une importante évasion fiscale dans ce pays. L’entreprise a d’ailleurs été condamnée en 2012 par les services fiscaux indiens, mais à un montant là aussi relativement modeste.