Tout comme il est exigé des vidéastes, sur YouTube ou ailleurs, de dire clairement au public lorsqu’ils monétisent leur audience via la production de contenus sponsorisés, sous peine d’avoir quelques ennuis avec la Direction générale de la répression des fraudes, qui peut infliger des amendes pour publicité dissimulée, une transparence va être imposée pour les vidéos financées par les États.

C’est ce qu’a annoncé la plateforme américaine dans un message publié vendredi 2 février, mais la disposition ne sera pas appliquée partout : elle vise spécifiquement les chaînes qui portent sur l’actualité. « Nous commencerons à diffuser des indications sous les vidéos mises en ligne par les médias d’actualités qui reçoivent un certain niveau de financement gouvernemental ou public », écrit le site.

Un exemple donné par YouTube.

Le cas de Radio Free Asia (RFA) est pris en exemple. Il s’agit d’une station de radio qui est financée par le Congrès américain et dont les émissions sont proposées dans plusieurs langues, dont les dialectes chinois (mandarin et cantonais), le coréen, le birman et d’autres langues de l’Asie du Sud-Est. Mais on imagine que la mesure devrait aussi s’appliquer à RT, qui est financée par le Kremlin, ou France Télévisions.

« Notre but est de fournir aux utilisateurs des informations supplémentaires pour les aider à mieux comprendre les sources des nouvelles qu’ils choisissent de regarder sur YouTube », justifie le site, alors que le service d’hébergement sert aussi, et à son grand regret, de théâtre d’une guerre informationnelle qui se joue entre puissances, en particulier entre la Russie et les USA.

YouTube indique dans son message que la mesure s’adresse aux « émetteurs d’information » qui reçoivent « un certain degré de financement » d’un État ou public. A priori, cela devrait exclure les vidéastes amateurs qui commentent l’actualité — il semble que cela ne vise que les professionnels de l’audiovisuel ou  les chaînes s’en approchant — et les personnes qui occasionnellement font un partenariat avec un ministère.

« un certain degré de financement »

En clair, des initiatives comme celle des vidéos produites par les chaînes E-Penser et Dans Ton Corps sur le vaccin, réalisée « avec le soutien » (pour le premier) ou « en partenariat » (pour le second) avec le ministère des solidarités et de la santé, ne seraient pas visées, au regard du caractère exceptionnel de l’opération, de la mention inscrite d’emblée et du fait que cette association s’est peut-être déroulée bénévolement.

Pour le moment, cette disposition va s’afficher uniquement aux personnes qui accèdent à YouTube depuis les USA mais on suppose qu’elle sera généralisée dans les semaines et les mois qui viennent. La mention sera placée sous la vidéo mais au-dessus de son titre, histoire que personne ne puisse la manquer. Elle pourrait aussi évoluer, en fonction des retours des internautes et des chaînes affectées.