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Kodak n'avait pas d'avenir en Bourse... et puis est arrivée la blockchain

L'ancien géant américain de la photographie a annoncé la création d'une crypto monnaie et d'une plateforme fonctionnant par blockchain dédiée aux photographes, afin de leur permettre de mieux gérer leurs droits d'images. Et a vu ses actions exploser.

Kodak, l'historique géant américain de la photographie, a annoncé le 9 janvier 2018 dans un communiqué le prochain lancement de KodakCoin, une cryptomonnaie destinée aux photographes. Peu après l'annonce, les actions en bourse de la maison mère Eastman Kodak, vieille de 130 ans, ont plus que doublé, grimpant jusqu'à 120 %, ce qui arrive fréquemment aux entreprises qui se tournent vers les crypto monnaies et la blockchain.

Car le KodakCoin pourra être utilisé sur une nouvelle plateforme de gestion des droits d'images, KodakOne. Créé en association avec Wenn Digital, elle repose sur l'utilisation de la blockchain et permettra de créer « un registre de droits de propriétés numériques et cryptés, permettant aux photographes d'enregistrer leur production, nouvelle et ancienne, qu'ils pourront ensuite proposer sous licence », a expliqué Kodak dans son communiqué.

« Permettre aux photographes et aux agences d'avoir un meilleur contrôle de leur droit d'image »

Pour l'entreprise de photographie, KodakOne et le KodakCoin doivent « permettre aux photographes et aux agences d'avoir un meilleur contrôle de leur droits d'image »Kodak entend ainsi créer une « nouvelle économie » pour les photographes, qui pourraient être payés et vendre leurs travaux sur une même plateforme sécurisée.

Kodak, reputée pour avoir raté le tournant du 21e siècle et la numérisation de la photographie, jusqu'à la faillite en 2012, a-t-elle cédé à la crypto-manie pour tenter de relancer ses affaires ? Peut-être. Mais l'utilisation de la blockchain et d'une cryptomonnaie permettrait d'établir des smarts contracts : ces contrats intelligents sont prévu, comme nous le rappelions dans notre série sur les crypto monnaies, pour se déclencher automatiquement quand les conditions adéquates sont remplies, sans l'intervention d'une tierce personne.

Lutter contre l'utilisation des photos sans autorisation

Le registre ainsi constitué serait en théorie infalsifiable, et les photographes seraient payés immédiatement après la vente de leur travail via KodakOne. D'autant que Kodak promet aussi de mener une veille sur le web, afin d'identifier les photographies enregistrées sur la plateforme et utilisées sans autorisation.

Tout cela n'est pas sans faire écho aux préoccupations des professionnels de la photographie, qui ces dernières années font face à une précarité grandissante, et à une forte tendance des internautes à partager massivement des clichés sans se soucier du droit d'auteur. Sans compter les mauvaises pratiques des employeurs : il y a près d'un an, un collectif de photographes de presse français publiait dans Libération une tribune dénonçant notamment le non-respect des délais légaux de paiement. Paradoxalement, l'image, et notamment la photo, prennent une place toujours plus importante dans les usages numériques et la communication.

« Garder le contrôle sur leur travail »

« Pour beaucoup dans le secteur de la technologie, "blockchain" et "crypto-monnaies" sont des mots à la mode, mais pour les photographes qui peinent depuis longtemps à garder le contrôle sur leur travail et sur la façon dont il est utilisé, ces mots à la mode peuvent être la solution à ce qui semble un problème insoluble », a ainsi affirmé le patron du groupe Kodak Jeff Clarke, cité dans le communiqué.

Kodak n'est d'ailleurs pas la première entreprise à s'intéresser à l'utilisation de la blockchain pour faire valoir les droits d'images. Des spécialistes de la reconnaissance d'image ont lancé en 2016 CopyTrack, une start-up qui utilise la blockchain pour scanner le web à la recherche de photos utilisées sans le consentement du photographe, et pour parvenir à un accord financier.

Kodak proposera sa nouvelle monnaie aux investisseurs dès le 31 janvier, par le biais d'une initial coin offering (ICO), une levée de fonds en monnaie virtuelle.