Avant le lancement de l'iPhone X, des rumeurs présageaient un gros retard en raison de soucis de production. Finalement, le smartphone est bien sorti à temps mais peut-être au prix de conditions de travail ignobles.

En fin d’année, les usines sont forcées de travailler à plein régime pour produire le plus possible, surtout quand il y a un produit comme l’iPhone X dans l’équation, très certainement l’un des objets qui sera le plus convoité pour Noël. En Chine, où est assemblé le téléphone, Foxconn n’hésiterait pas à demander des heures supplémentaires à des étudiants, ce qui est illégal.

L’information, rapportée par le Financial Times, a été confirmée par Apple, qui pointe bien évidemment du doigt ces conditions de travail. Foxconn, qui ne dément pas, assure qu’il y a eu consentement de la part des jeunes employés.

Un stage illégal

Pour répondre à la demande et ajuster l’offre, Foxconn emploie des stagiaires en fin d’année. Cela permet d’augmenter la cadence de production, sous couvert que la loi est bel et bien respectée. Mais, visiblement, 3 000 étudiants de la Zhengzhou Urban Rail Transit School ont travaillé plus que la durée légale (40 heures par semaine maximum), jusqu’à onze heures par jour pour assembler des iPhone X. « Notre école nous a obligés à travailler ici  » confie une victime, obligée, pour valider son cursus scolaire, de se prévaloir d’une expérience professionnelle de trois mois. Dans le cas présent, « elle n’a rien à voir avec les études  » selon un autre témoin.

«  Quand nous avons découvert que des étudiant travaillaient avec des heures supplémentaires, nous avons pris les mesures nécessaires », précise Apple dans les colonnes de Bloomberg. Mais le géant américain met beaucoup trop la pression sur ses fournisseurs et sous-traitants pour apparaître comme le chevalier blanc de cette triste histoire, loin d’être un cas isolé en Chine. «  C’est une question de besoin de production. Si on juge les actes d’Apple, on dirait qu’ils se contrefichent des standards de travail qu’ils ont eux-même fixés  » note Li Qiang, fondateur de China Labor Watch, organisation qui surveille les conditions de travail sur les lignes de production d’Apple.

« Apple l’a appris il y a déjà quelques semaines, mais ils n’ont pas encore résolu le problème. Ils auraient pu empêcher ces étudiants de travailler la nuit ou trop longtemps bien avant, mais ils ne l’ont pas fait  » ajoute l’intéressé. Voilà qui ne va pas redorer le blason d’un pays où les conditions de travail restent encore aujourd’hui un vrai problème de société.

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