« Dieu seul sait ce que cela provoque chez nos enfants  », admet Sean Parker au média américain Axios.

Cet ancien président de Facebook, ayant joué un rôle majeur au début du réseau social après avoir lui-même créé Napster, s’est exprimé sur un sujet en vogue dans la Vallée : les vulnérabilités psychologiques exploitées par les nouvelles technologies. Tout est parti d’un article publié par le Guardian en octobre : le média britannique y interrogeait des anciens de Facebook ou encore de Twitter qui parlaient alors de leurs regrets et scrupules face aux technologies qu’ils ont portées.

Alors que la désintoxication numérique est un sujet toujours plus porteur, de nombreuses figures de la tech admettent désormais, qu’à l’origine, les technologies flattent de bas instincts pour s’assurer leur succès. Ce serait le cas notamment des réseaux sociaux qui en inventant le bouton like ont mécanisé et rationalisé l’approbation par les pairs à très grande échelle. Pour Sean Parker, ce type d’invention exploiterait directement des « vulnérabilités humaines  ».

Celui qui a rejoint Facebook en 2004 se souvient aujourd’hui : « La réflexion qui a porté la création de ces applications — et Facebook fut la première de celles-ci… — était : comment consommer autant de temps et d’attention que possible ? […] Nous vous donnons donc une sorte de petite décharge de dopamine de temps en temps parce que quelqu’un a aimé ou commenté une publication ou une photo. Et c’est cela qui va faire que vous allez produire plus de contenu, parce qu’ils vont vous apporter… toujours plus de like et de commentaires.  »

Admettant qu’il s’agit d’une technique simple pour engager l’esprit humain, Parker ajoute qu’il pense lui-même à ce genre de méthode en tant que hacker. Celui qui fut un des premiers investisseurs dans le réseau social ajoute que M. Zuckerberg, comme lui, ou encore Kevin Systrom d’Instagram, ont conscience de cette mécanique, et qu’ils l’ont fait «  malgré tout.  »