Quelques heures après la tuerie de Sutherland Springs, au Texas, une recherche Google sur le nom du présumé tueur mettait en avant de fausses informations tirées de sources complotistes. Le géant du web affirme travailler à l'amélioration de ses algorithmes, comme à chaque nouvelle occurrence de tels drames.

C’est devenu un problème récurrent : dans l’immédiat après-coup d’une tuerie de masse perpétrée aux États-Unis, Google met en avant, sur sa page de résultats liée aux mots-clé concernés, de fausses informations, souvent tirées de sources complotistes.

Le phénomène, qui a notamment pu être observé lors de la fusillade de Las Vegas le 1er octobre dernier, s’est de nouveau vérifié ce dimanche 5 novembre après qu’un tireur a tué au moins 26 personnes dans une église baptiste de Sutherland Springs, un petit village du Texas.

Dans les heures qui ont suivi le drame, une recherche Google sur Devin Patrick Kelley, du nom du suspect de 26 ans officiellement désigné par la police, affichait des allégations sans fondement. Dont de prétendues informations publiées sur Twitter par Paul Joseph Watson, une personnalité de l’extrême droite américaine à la tête du site complotiste Prison Planet, qui a récemment publié une vidéo au titre évocateur (« Ce qu’on ne vous dit PAS sur l’attentat de New York »).

Gizmodo

Google blâme de nouveau ses algorithmes

On pouvait aussi trouver, dans cet encadré dédié aux « résultats populaires sur Twitter », de prétendues informations sur ses liens avec le mouvement antifa (anti-fasciste), l’une des bêtes noires des médias d’extrême droite, ou encore sur sa conversion à l’islam. À ce stade, selon les informations parcellaires évoquées par le Washington Post, on sait seulement que le tireur présumé — qui a été retrouvé mort après la fusillade — était un ancien militaire de l’US Air Force et que les forces de l’ordre n’ont établi aucun lien avec des organisations terroristes.

Comme à chaque incident du genre, Google n’a pas manqué de blâmer ses algorithmes, comme le rapporte Gizmodo : « Les résultats de recherche en provenance de Twitter, qui fonctionnent sur nos algorithmes de classement, changent de seconde en seconde et représentent une conversation dynamique qui se déroule en quasi-temps réel. »

Le géant de Mountain View se défend par ailleurs en expliquant que ces éléments apparaissent seulement après les résultats d’actualité — ce qui les expose certes un peu moins mais leur offre tout de même le même degré de visibilité aux yeux des internautes les moins avertis.

Un élu a lui-même relayé une fake news

Google promet toutefois de « continuer à chercher des moyens d’améliorer le classement des tweets qui apparaissent dans les résultats de recherche », et affirme que les résultats de cet encadré se sont montrés plus précis au fil des heures, alors que de plus en plus de sources fiables relayaient les informations entourant le tueur présumé.

Les fausses informations qui pullulent dans ce genre de situation trompent même des hommes politiques, à l’instar de l’élu démocrate Vicente Gonzalez. Lors d’un direct sur la chaîne CNN, il a ainsi affirmé que le suspect de Sutherland Springs s’appelait Sam Hyde, en référence à une fake news récurrente créée sur 4chan qui accuse (à tort) ce comédien d’être l’auteur de la dernière tuerie perpétrée aux États-Unis. Et ce depuis 2015.

En octobre 2017, Google et Facebook s’étaient excusés d’avoir relayé des informations mensongères sur la tuerie de Las Vegas, en mettant notamment en avant des contenus qui accusaient à tort un homonyme du tueur. Dans la foulée, Google avait également modifié ses algorithmes sur YouTube pour éviter de promouvoir des vidéos complotistes sur le sujet.

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