En ce moment, le Xiaomi Notebook Air cartonnent chez les importateurs. Il est donc bien normal que cet ultrabook affiché à un prix qui effraie la concurrence nous intrigue : que vaut-il à l'usage ?

Les importations de produits chinois effraient souvent, que ces craintes soient justifiées ou non. Quand il s’agit d’un ordinateur portable, on se pose légitimement plusieurs questions : est-il fiable ? Ne va-t-il pas sortir dans une affaire de malware-espion dans quelques mois ? Comment est-ce que cela se passe pour la garantie si le produit est défectueux ? Est-ce que les composants sont de moins bonne qualité et vont mourir plus rapidement que prévu ?

Malgré tout cela, des entreprises comme Xiaomi proposent depuis quelques années des modèles qui, sur le papier, semblent imbattables. N’y allons pas par quatre chemins : l’argument principal des Xiaomi Notebook Air, c’est leur prix. À 717 €, un importateur comme Gearbest va proposer la configuration suivante :

  • Écran de 13,3 pouces IPS FHD (1 920 x 1 080 px)
  • Intel Core i5-7200U cadencé à 2,5 Ghz (3,1 en boost)
  • GPU Nvidia MX150
  • 8 Go de RAM
  • 256 Go de SSD
  • Wi-Fi a/b/g/b/ac
  • 1x HDMI, 2x USB A, 1x USB-C, 1x port jack
  • 9 heures d’autonomie sur batterie
  • Licence Windows 10

Le tout, dans un boîtier aluminium un brin épais, mais qui laisse tout de même l’ordinateur dans une gamme de poids décente, avec ses 1,3 kg tout mouillé (ne le mouillez pas). Que vaut tout ce beau monde en pratique ? Verdict dans notre test.

Prise en main

En termes de design, Xiaomi est rarement inspiré. Le Chinois s’est fait grand spécialiste du truc de base. Une mode se crée, un form-factor émerge, Xiaomi sait se l’approprier et en faire quelque chose proche de sa définition. Ici, on se retrouve donc avec un ordinateur portable en aluminium tout ce qu’il y a de plus sommaire.

Mais même sans excès ou découverte, l’assemblage du Xiaomi Notebook Air est bien exécuté. On se retrouve en effet avec un laptop qui semble robuste dès les premières prises en main, sans aucune fioriture à l’arrière qui viendrait gâcher le design sobre et épuré de la machine. C’est un objet passe-partout qui ressemble de loin à un MacBook qui n’aurait pas vraiment eu de valeur ajoutée sur son design.

Son épaisseur (1,48 cm sur un ultrabook) lui permet pourtant d’avoir quelques petites choses en plus par rapport aux laptops d’Apple de dernière génération : un port HDMI pour brancher un écran externe et deux ports USB-A pour vos souris et autres périphériques qui n’ont pas succombé à la mode de l’USB-C. Grosso modo, vous n’aurez jamais besoin d’un adaptateur si vous utilisez l’engin en mobilité — à part, peut-être, pour la prise Ethernet qui manque à l’appel.

Notez que le Xiaomi Notebook se charge avec un port USB Type-C qui se trouve sur la droite de l’appareil et qui peut accueillir, lui, un hub (testé avec le Hootoo que nous conseillons souvent dans ces colonnes). Le port HDMI du laptop est capable de sortir une image claire sur un écran 4K et permet un usage en écran déporté vraiment intéressant. Nous l’avons testé en 2,5K en bureautique et il faut reconnaître que le laptop ne rame pas le moins du monde sur la plupart des activités. Nous l’avons en revanche poussé dans ses retranchements en lui branchant plus d’un écran pour en faire une machine de streaming live. Là, on se souvient qu’il s’agit tout de même d’un ordinateur portable.

À l’usage

Tout cela est bien beau, mais qu’est-ce qu’une telle configuration nous permet de faire ? Eh bien tout d’abord, sachez que l’import d’un ordinateur Xiaomi passe par une phase pénible de reconfiguration. Nous vous expliquons tout dans ce tutoriel, mais sachez qu’il va falloir, en gros, faire une installation propre de Windows 10 et changer les touches du clavier pour avoir une disposition proche de l’Azerty. Certaines touches ne seront jamais les bonnes et il faudra s’y faire (ou coller des petits autocollants dessus). C’est l’un des désavantages de l’import, mais si vous arrivez à ne pas regarder votre clavier, vous arriverez sans mal à mémoriser un quasi-Azerty.

Contrairement au corps de l’ordinateur, les touches du clavier sont en plastique mat de très bonne qualité et la frappe est particulièrement douce. On est très proche des MacBook Air pour le coup et non des MacBook / MacBook Pro qui ont opté pour un système différent. La course est comparable à celle de nombreux laptops, mais les finitions sont bonnes : on peut taper sans risquer de faire remonter trop haut la touche et on n’imagine jamais qu’elle pourra se déloger un jour. À l’usage, c’est vraiment agréable — et notre profession nous amène à taper beaucoup de texte. Même remarque pour le pavé tactile qui est de très bonne facture — loin de la réactivité de celui d’un MacBook avec ses gestes tactiles incroyables, mais il est grand et agréable au toucher.

Grosso modo, si vous comptez utiliser le Xiaomi Notebook comme un ordinateur portable polyvalent dans le cadre de votre boulot, vous allez avoir du mal à lui trouver des défauts ou à le pousser dans ses limites. L’écran est vraiment agréable avec sa définition native Full HD qui correspond, sur cette diagonale, à une définition que Windows 10 gère plutôt bien (pas d’effet de flou ou d’icônes et polices trop petites). L’ensemble a une colorimétrie plutôt agréable à l’œil et la dalle est IPS, ce qui signifie notamment que les angles de vue sont très bons et vous pourrez utiliser l’ordinateur sans mal au milieu d’une table pour montrer vos travaux à vos voisins de gauche et de droite.

Si vous comptez utiliser le Xiaomi Notebook Air comme un ordinateur dans le cadre de votre boulot, vous allez avoir du mal à lui trouver des défauts

Côté bureautique avancée, c’est assez clair, on reste sur un laptop. Ce n’est pas une machine de guerre et vous ne pourrez pas compter sur lui pour travailler au quotidien sur de gros rendus 3D ou des exportations de film.

Cela dit, grâce au GPU NVidia embarqué, vous pourrez clairement envisager le Xiaomi Laptop comme une machine d’appoint pour pas mal de tâches. Sur Blenchmark (rendu 3D sur Blender), le laptop a mis 5 minutes 52 à rendre l’image de test en CPU et 2 minutes 55 avec le GPU en CUDA. Pour vous donner une idée, on se situe ici :

Enfin, côté jeux vidéo, puisqu’il faut en parler,  sachez que la MX 150 se débrouille pas trop mal. Pas trop mal, cela signifie que vous ne pourrez pas profiter confortablement des derniers gros titres. Cela dit, une fois les pilotes mis à jour, vous pouvez laisser faire GeForce Experience pour trouver les bons réglages. Sur Overwatch, on arrive en résolution native (soit 1920 x 1080 pixels) à avoir du 60 images par seconde avec des baisses de framerate pendant les pics d’action. Cela n’ira pas à un progamer, mais à l’occasion, ce n’est pas désagréable.

Côté solo, nous avons un peu joué avec la bête en installant le dernier Wolfenstein qui ne se refuse pas grand-chose côté grand spectacle. Il a fallu trifouiller dans les réglages pour trouver quelque chose de décent en termes de framerate, mais tout en low et dans une résolution inférieure à celle de l’écran, on peut jouer. Pas s’éclater et y passer des heures sans rager sur des baisses de latence, mais jouer tranquillement le temps d’un voyage, par exemple.

Ce n’est pas une machine de joueur, mais une machine sur laquelle on peut éventuellement jouer

Si ces deux extrêmes en termes de besoin (latence et qualité des graphismes) réagissent comme cela, vous imaginez bien que tous les jeux moins gourmands peuvent tourner sur la bête. Des jeux plus lents, de gestion par exemple, pourront être un poil poussés dans les paramètres quand les jeux les plus rapides devront se contenter des réglages les plus faibles.

Encore une fois, ce n’est pas une machine de joueur, mais une machine sur laquelle on peut éventuellement jouer. Difficile de trouver beaucoup d’ordinateurs de 13 pouces sur lesquelles on peut faire les mêmes remarques. Un concurrent pourrait être ce modèle vendu par Asus 200 € de plus.

Où acheter le Xiaomi Notebook Air ?

Le Xiaomi Notebook Air 13 2017 est disponible à 717 € sur Gearbest avec un délai de livraison à 2 ou 3 semaines.

Est-ce que tout sera en chinois ?

Oui. Si vous craquez, nous avons un guide qui vous permettra de passer le Xiaomi Notebook Air en français — clavier inclus, dans la limite du possible.

Quid de la garantie ?

Les importateurs ne sont pas soumis aux règles européennes. Gearbest propose une garantie limitée d’un an en cas de produit défectueux et plusieurs garanties sur les pannes au déballage ou les renvois dans le cadre du délai de rétractation.

Sur le web, les expériences avec le SAV de Gearbest fluctuent — certains utilisateurs considèrent qu’ils achètent à ce prix-là un produit sans garantie. D’autres ont eu de bonnes expériences.

Est-ce que tous mes fichiers vont être analysés par les services secrets chinois ?

Quand on suit des formations pour du journalisme d’investigation en Chine, on entend souvent qu’il faut partir avec un laptop vide, un OS sécurisé, un accès à un VPN et ne pas accepter de clef USB ou d’examen de notre matériel. Ce n’est probablement pas surfait et la Chine n’est pas étrangère à ces pratiques qu’on retrouve parfois, plus simplement et sans entrer dans la conspi’ de bas étage, appliquées à la publicité. Vous ne pourrez pas lire dans ces colonnes que le risque est nul, mais le risque se mesure : si vous utilisez un Xiaomi Notebook, même dans le cadre de votre travail, vous ne risquez rien. Par excès de prudence, nous ne le conseillerions pas à une administration publique ou comme un écrin pour des fichiers ultra-confidentiels.

En bref

Xiaomi Notebook Air 13 (2017)

Note indicative : 4/5

Derrière ses allures de gros MacBook Pro, le Notebook Air 2017 cache de belles performances à un prix mesuré. Pour qui aime la sobriété et les looks un peu bruts, le Notebook Air pourrait être un allié de choix -- d'autant que la concurrence ne se bouscule pas au portillon pour rivaliser avec lui dans cette gamme. 

Au fond, le rapport qualité/prix étant imbattable pour un ordinateur de ce type, la seule question que vous aurez à vous poser est celle du risque de l'import. Pouvez-vous vous dire que les quelques centaines d'euros qui séparent le Notebook Air d'un concurrent valent la peine de risquer le SAV d'un importateur chinois et la phase de configuration de la machine ? Nous ne pouvons pas prendre cette décision à votre place. Mais si tout se passe bien, vous ne regretterez pas vos 700 €.

Top

  • Rapport qualité/prix
  • Finitions au top
  • Polyvalent

Bof

  • Configuration pénible
  • SAV des boutiques aléatoire
  • Clavier pas tout à fait Azerty

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