Face aux périls encourus par les piétons qui utilisent leur smartphone en se déplaçant en ville, les municipalités peuvent suivre deux approches : adapter la ville à cet usage ou bien pénaliser les passants. À Honolulu, la mairie a choisi l'amende.

C’est un fait : de plus en plus de personnes ne sont plus guère attentives à ce qui se passe autour d’elles lorsqu’elles marchent dans la rue, elles qui sont trop occupées à rédiger un message sur leur smartphone. Résultat, elles risquent de marcher dans une flaque d’eau, de piétiner une déjection canine, de bousculer un autre passant ou, plus grave encore, de subir un accident de la route en traversant sans faire attention.

Forcément, l’attention de ces piétons est focalisée sur le texte qu’ils sont en train de taper et leur champ de vision est orienté plutôt vers le bas, parce que leur tête est penchée sur le smartphone, tout en étant plus resserré. Comment espérer, dans ces conditions, voir arriver le cycliste, le motard ou l’automobiliste ? Et le bus, le camion ou encore le tramway ?

Rue ville
CC Gratisography

Face à ce constat, que faut-il faire pour éviter des collisions qui peuvent entraîner des blessures ou même causer la mort ?

Faut-il transformer la ville, en inventant par exemple des signalisations spéciales qui projettent des informations au sol, c’est-à-dire là où le regard des accros du SMS est dirigé ? Quelques municipalités explorent cette idée, comme Bodegraven aux Pays-BasAugsburg en Allemagne ou Sydney en Australie. Londres va même plus loin, avec un passage piéton qui s’adapte à la présence des usagers de la route.

Ou bien doit-on plutôt pénaliser les usages nés avec le développement des nouvelles technologies, en infligeant des amendes aux gens qui circulent dans la rue ou qui traversent en écrivant un SMS — avec, en filigrane, l’objectif de les responsabiliser ? Aux États-Unis, l’envoi de SMS par les passants est depuis plusieurs années un motif de contravention, si ceux-ci mettent en danger leur sécurité.

À Honolulu, c’est l’amende

C’est cette deuxième réflexion qui a eu les faveurs de la municipalité de Honolulu, la capitale de l’État de Hawaï. À partir du 25 novembre, les administrés devront éviter de consulter l’écran de leur smartphone en traversant la route, sous peine de devoir payer une amende pouvant aller jusqu’à 35 dollars pour la première infraction, puis grimper à 75 puis 99 dollars en cas de récidive.

Deux exceptions sont toutefois prévues : les habitants peuvent toujours téléphoner quand ils traversent — partant du principe qu’ils ont la tête redressée pour voir les véhicules qui arrivent à gauche ou à droite — et ils peuvent aussi s’en servir comme ils l’entendent si une situation d’urgence le justifie. Pour le reste (écriture d’un SMS, consultation de l’écran, visionnage d’un contenu, etc), il faut s’abstenir.

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