Les nouveaux smartphones Android purs de Google sont surnommés parfois « iPhone de Google » dans la mesure où ils font figure de fer-de-lance pour la génération à venir. En 2017, Pixel 2 et Pixel 2 XL sont de petits objets vraiment élégants, puissants et bardés de fonctionnalités toutes plus séduisantes les unes que les autres.

Les Google Pixel 2 et Pixel 2 XL ne devraient pas sortir en France pour l’instant — Google n’a aucune feuille de route ni prévision à nous communiquer. Cependant, nous avons eu la chance de pouvoir prendre en main les deux modèles lors de l’événement londonien organisé par le géant américain et nous ne vous cachons pas que cette indisponibilité nous chagrine.

Et si elle nous chagrine, c’est parce que le Google Pixel 2 XL est vraiment un smartphone attirant. La première prise en main de l’objet est un coup de cœur immédiat : ses lignes sont gracieuses, les courbes de l’écran font plaisir à la rétine et les matériaux de l’appareil le rendent doux en main — on a l’impression d’avoir un Nexus de la grande époque (lire : un Nexus One) entre les doigts. Suit immédiatement une impression de légèreté. En effet, le smartphone de Google est grand (6 pouces tout de même pour l’écran seul), mais bien plus léger en mains que les derniers iPhone d’Apple, par exemple.

Cette impression se poursuit quand on parcourt l’interface : Android 8.0 dans sa version « pure » proposée par Google est une expérience qui est maintenant vraiment attirante, fluide et ergonomique. Le système d’exploitation réagit au doigt et à l’œil et les couleurs à l’écran, OLED cela va de soi, éclatent véritablement. On ne se lasse pas de le regarder, même éteint : le smartphone continue en effet de donner l’heure et les notifications grâce aux possibilités de l’OLED de n’allumer que certains pixels individuellement.

Viennent ensuite les fonctionnalités propres aux deux smartphones et, au centre de l’expérience, ce que Google nomme l’intelligence artficielle. C’est un crédo qui se remarque dans tous les recoins du système d’exploitation. Vous « pressez » le smartphone (comme sur le HTC U11) et Google Assistant apparaît pour vous répondre. Vous pointez la caméra vers un objet avec Google Lens et des informations contextuelles viendront s’afficher directement à l’écran. Le smartphone sait par exemple reconnaître le fameux pont du Golden Gate et vous donner sa date de construction et d’autres petites infos en temps réel. Mais il peut aussi reconnaître une marque de chaussure et vous proposer une boutique en ligne qui les vend. Bref, vous visez, Google fait le reste.

On retrouve cette couche d’intelligence artificielle dans le nouveau mode Portrait, qui emprunte son nom à celui de l’iPhone. Mais là où Apple va travailler sur un calcul entre deux focales pour distinguer la profondeur de champ, Google se targue d’arriver au même résultat uniquement grâce à son logiciel et de l’apprentissage machine en reconnaissance d’image. Google n’a donc besoin que d’une caméra quand Apple a besoin de deux objectifs — les deux smartphones n’ont d’ailleurs pas succombé à la mode du double capteur. Le résultat est bluffant, mais vous ne pourrez pas le prévisualiser comme sur un iPhone : tous les calculs se font a posteriori.

L’appareil photo qu’on nous dit encore meilleur que celui de l’an passé n’a pas pu être testé par nos soins comme il se doit dans l’environnement sombre d’un espace de test, mais les clichés en basse luminosité que nous avons vus semblent vraiment bons.

Après les critiques dithyrambiques de nos confrères américains au sujet du capteur du premier Google Pixel, on n’a pas trop de mal à croire Google sur ce point — ou tout du moins, à laisser au géant le bénéfice du doute.

Enfin, on trouve désormais une véritable cohérence à l’écosystème Google sur Android : les Pixelbook (un ordinateur portable sous Chrome) et les Pixel Buds (des écouteurs équipés d’Assistant) viennent en effet compléter intelligemment la gamme Pixel. Les Buds sont d’ailleurs particulièrement impressionnants : Google a en effet implanté une version de Google Traduction qui permet la traduction en temps réel et à la volée d’une conversation. Les démonstrations faites dans la salle sont bluffantes, les appareils traduisant 40 langues sans sourciller et sans latence. On se retrouve à quelques enjambées d’un traducteur universel qui briserait à jamais la barrière des langues. On en rêve depuis si longtemps et pour la première fois, une démonstration nous a été faite de son existence dans un format non contraignant.

À l’autre extrémité, le Pixel 2 classique est moins impressionnant. Son design ne nous tape pas dans l’œil avec ses grosses bordures en haut et en bas, mais la copie a été soignée : on retrouve l’élégance et la légèreté du gros modèle dans un corps plus petit et donc plus facile à prendre en main. Le format effilé ravira celles et ceux qui n’ont pas des mains qui ont grandi exponentiellement — contrairement aux smartphones ces dernières années.

Bref, on se retrouve avec un Pixel 2 convaincant et un Pixel 2 XL, coup de cœur, vraiment alléchant. On en veut donc d’autant plus à Google de snober la France cette année encore… à moins que les plans de Mountain View soient révisés d’ici quelques mois : il est à peu près sûr qu’il n’aura pas de concurrent incroyablement plus performant sous Android avant le renouvellement de tous les gros constructeurs.

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