Confidentialité, anonymat et chiffrement : voici les maîtres-mots de Skred, spin-off de Skyrock d'après les mots de son fondateur, une nouvelle app de messagerie qui ne requiert aucun élément d'identité de la part de ses utilisateurs. Ni numéro de téléphone, ni adresse email.

Les « gens normaux » n’ont pas besoin de chiffrement, déclarait récemment une ministre britannique. Ce n’est pas le credo de Skred, une nouvelle application de messagerie chiffrée de bout en bout qui pousse son exigence de confidentialité jusqu’à n’exiger de vous ni numéro de téléphone ni adresse email.

Officiellement lancée le 25 septembre 2017, Skred se présente sur son site comme la « première messagerie libre et sécurisée », à la fois « simple n safe. » L’application est gratuite, anonyme et vous permet d’échanger par messages texte, audio et vidéo avec vos interlocuteurs — un seul par conversation. Ces discussions sont chiffrées de bout en bout.

Comme le laisse entendre le nom Skred, les notions de secret et de vie privée ont été pensées comme les fondements de cet outil. « J’ai le sentiment qu’il y a une perte de la notion de secret, qui est pourtant la garantie des libertés générales, nous raconte Jérôme Aguesse, créateur de l’app et directeur général de Skyrock. C’est pourquoi j’ai eu envie de créer une application qui redonne à la vie privée toutes ses lettres de noblesse. »

La confidentialité avant tout

Skred

Skred est lancée sous la forme d’un spin off de Skyrock — c’est-à-dire une entreprise indépendante, mais créée à partir de la branche d’activité principale du groupe. « Dans Skred, il y a une forme de continuité avec Skyrock, ne serait-ce que sur la question de la souveraineté numérique développée par Pierre Bellanger [ndlr : PDG de Skyrock] », poursuit Jérôme Aguesse.

Le créateur de Skred estime que le respect de la vie privée n’est pas total dans les applications de messagerie, certes sécurisées, qui demandent toujours au moins un numéro de téléphone ou une adresse email. « Notre application ne demande aucun élément d’identité pour préserver cette notion de confidentialité », affirme Jérôme Aguesse.

« Notre application ne demande aucun élément d’identité »

Cette exigence trouve cependant sa contrepartie au moment d’ouvrir pour la première fois l’application. En effet, nous avons fait le test ; une fois l’app téléchargée, se créer un compte est rapide comme l’éclair. Ensuite… il faut bien reconnaître que l’application est un peu vide au départ.

« Forcément, quand on télécharge Skred, on commence à vide au démarrage, sourit notre interlocuteur. Pour étoffer son carnet d’adresses, le plus simple est de partager directement son QR code avec quelqu’un de proche, qui se trouve à côté. Sinon, vous pouvez l’envoyer par sms aux contacts avec qui vous souhaitez échanger sur l’app. »

« Tout ce qui se passe sur Skred reste sur Skred »

Dans ce deuxième cas, — probablement le plus fréquent — l’application va vous adresser une petite alerte. « Dès que vous sortez de Skred, l’application vous avertit. L’idée de départ reste la suivante : tout ce qui se passe sur Skred doit rester sur Skred », note Jérôme Aguesse.

Pour aller jusqu’au bout de sa logique respectueuse de la vie privée, Skred n’intègre aucune publicité dans son application. « Pour nous financer, nous espérons pouvoir compter sur plusieurs éléments. D’abord, les dons des utilisateurs. Ensuite, nous développons une application professionnelle qui proposera un service similaire. »

Objectif 1 million d’utilisateurs

Il poursuit : « Lorsque le développement de Skred le permettra, nous envisagerons de vendre certains petits services. En effet, comme l’application fonctionne seule, si vous perdez ou changez votre téléphone, vous perdez aussi vos informations. L’idée serait alors de sauvegarder votre contenu dans un serveur sécurisé. »

Skred

En quelques jours, Skred a fédéré une communauté de 6 000 utilisateurs. « À court terme, nous visons un objectif de 300 000 utilisateurs, nous annonce Jérôme Aguesse. À moyen terme, nous espérons en obtenir 1 million. » L’application est disponible sur les stores du monde entier, en langues française et anglaise — d’autres langues comme le chinois ou l’espagnol pourraient bientôt venir compléter l’app.

L’astuce bonus : le Skredboard

Avant de clore la conversation, l’entrepreneur nous informe d’une petite manœuvre cachée sur Skred. La messagerie chiffrée permet en effet de créer des comptes parallèles, afin de ne pas regrouper toutes les conversations au même endroit.

« Pour atteindre le Skredboard, il faut swiper verticalement dans l’application. En choisissant un code, connu de vous seul, vous pouvez alors créer de nouveaux Skred pour former des niveaux étanches entre eux. Une petite astuce à connaître si vous ne voulez pas mélanger dans votre Skred les sphères intimes et professionnelles, par exemple », conclut Jérôme Aguesse.

Skred est désormais disponible sur iOS et Android.

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