L'Essential Phone est peut-être le smartphone le moins réparable jamais construit. iFixit a dû aller jusqu'à geler l'écran pour accéder aux composants.

Essential est un projet que nous ne pouvons pas encore juger de ce côté-ci de l’Atlantique : le smartphone d’Andy Rubin est alléchant, mais il est encore réservé aux États-Unis. Les annonces laissaient entrevoir un bel objet et les premiers tests de nos confrères américains sont plutôt positifs. Et avec la disponibilité de l’engin, vient nécessairement le travail du célèbre média iFixit pour décortiquer le smartphone.

Pour celles et ceux qui découvriraient iFixit, sachez qu’ils ont fait du démontage des objets technologiques une spécialité. Les ingénieurs qui travaillent avec le média ouvrent les smartphones ou les ordinateurs, publient des guides de réparation, nomment et listent les composants et attribuent une note de « réparabilité », qui indique la facilité avec laquelle on peut réparer un produit — que ce soit un particulier ou le SAV. Récemment, le Surface Laptop de Microsoft s’est fait démonter au sens propre comme au figuré à cause de sa coque en tissu qui doit être déchirée pour accéder aux composants.

L’Essential Phone n’est pas mieux loti : le smartphone d’Andy Rubin écope d’un 1/10, soit la pire note possible pour la réparabilité d’un smartphone. À titre de comparaison, un iPhone 7, réputé difficilement réparable par un particulier, obtient un 7/10 car il se répare facilement par le SAV d’Apple — comme un Google Pixel XL. Quant au Galaxy S8 de Samsung, il finit avec un 4/10. Le seul point positif relevé par iFixit sur l’essentiel est le fait que les vis sont des modèles standards de Philips, donc facilement enlevées. Le reste n’est que consternation.

En effet, iFixit a découvert que rien n’était accessible depuis l’arrière du smartphone. Tous les composants doivent être changés par l’avant, c’est-à-dire en enlevant l’écran. Et ce n’est pas en grattant un peu que iFixit est parvenu à surmonter cet obstacle : l’écran de l’essentiel Phone doit être gelé au sens littéral du terme pour être enlevé. Ce qui signifie, pour les équipes d’iFixit, qu’aucune réparation n’est possible sans détruire complètement l’écran dans le processus… même par un SAV expérimenté.

Cette étape est suffisamment éloquente en elle-même pour faire tomber la note, mais la suite n’est pas mieux : on trouve pêle-mêle un port USB-C soudé à la carte mère, des adhésifs et de la colle invisible un peu partout qui rendra toute réparation quasi impossible sans dommage ou encore, le fait que les hauts parleurs sont dans le même composant que la caméra avant… impossibles à changer séparément.

Bref, iFixit estime qu’il s’agit d’un smartphone qui a été construit pour ne pas être réparé. Difficile de soutenir ce genre de conception en 2017.

Partager sur les réseaux sociaux