Tesla conçoit des camions électriques et autonomes, que le constructeur compte dévoiler en septembre. L'entreprise américaine entend les tester bientôt sur la route notamment dans une configuration de convoi.

En avril, Tesla a pris rendez-vous au mois de septembre pour dévoiler son camion 100 % électrique. Actuellement en cours de développement — Tesla dit d’ailleurs qu’il le conçoit avec ses futurs potentiels acheteurs pour qu’il réponde au plus près à leurs besoins –, le camion est également sur le point d’être testé sur la voie publique. C’est en tout cas ce que souhaite l’entreprise.

Selon les informations de Reuters, qui a pu consulter des échanges par mail, Tesla est en discussion avec les autorités du Nevada pour obtenir l’autorisation de faire circuler ses camions sur les routes de l’État américain. Celui-ci s’est doté dès 2012 de règles juridiques pour autoriser ces véhicules à rouler au sein du trafic, lui permettant d’être l’un des rares États disposant d’une réglementation accommodante.

Elon Musk, fondateur de Tesla.
CC Michelle Andonian

La technologie que développe Tesla doit permettre aux camions de se déplacer en file indienne. Celui en tête peut être conduit par un chauffeur professionnel tandis que tous les autres sont « esclaves » du « véhicule maître ». Ils le suivent en étant extrêmement proches les uns des autres, de sorte de former un convoi. Tous les camions sont synchronisés entre eux grâce à une liaison sans fil, des capteurs et une géolocalisation.

Cette approche n’est pas nouvelle : en Europe, des camions de plusieurs marques ont rejoint Rotterdam aux Pays-Bas après avoir parcouru 2 000 kilomètres et traversé pas moins de quatre frontières. Le trajet a été mené en partie automatiquement grâce au système de bord et a permis de constater quelques avantages de rouler à des distances resserrées.

Économie de carburant

Ainsi, en réduisant la distance de sécurité entre chaque véhicule, la résistance de l’air se fait moindre entre les camions et permet ainsi d’abaisser la consommation de carburant jusqu’à 15 %. En circulant en convoi, deux camions qui effectuent 160 000 kilomètres chaque année pourraient économiser 6 000 euros de carburant. Pour l’entreprise ayant une flotte de camions, l’intérêt économique est évident.

Reste une question : l’autonomie des camions électroniques de Tesla sera-t-elle assez élevée pour concorder avec les besoins du secteur ? Certes, les batteries de Tesla ont montré qu’elles pouvaient durer très longtemps (une voiture Model S a pu battre un record d’autonomie en une seule charge en roulant plus de 1 000 kilomètres, mais cela s’est fait dans des conditions de circulation très particulières).

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Les camions aussi devront recharger leurs batteries de temps à autre.

Au regard de l’usage qui est prévu pour ces camions électroniques, à savoir délivrer aussi vite que possible leurs cargaisons, il sera impossible de reproduire ces conditions, même en les adaptant aux spécificités des poids lourds (dans le cas du record, les conducteurs n’ont jamais utilisé la climatisation et roulé constamment à 40 km/h). Il faudra prévoir de grosses batteries pour les camions.

Or plus ces batteries sont grosses, plus la place pour embarquer une charge utile risque de diminuer… ce qui pourrait rendre ces camions moins attractifs. Or, des batteries à haute capacité seront requises pour que ces engins puissent parcourir des centaines, voire des milliers de kilomètres (ils devront en effet peut-être traverser les USA ou l’Europe).

Si la capacité de chargement du camion électrique est significativement diminuée par la place occupée par la batterie, quel intérêt ? En caricaturant un peu, l’idée n’est pas de créer des camions électriques transportent seulement leur propre batterie. Il reste à voir la façon dont Tesla va résoudre cette problématique.

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