Malgré les nuances remarquées de Washington après les annonces d'Elon Musk au sujet d'un tunnel souterrain entre New York et Washington, la société Boring Company de l'entrepreneur américain n'a pas dévié de cap.

Les objectifs de la Boring Company, l’entreprise anti-embouteillages lancée par Elon Musk, restent inchangés : il est toujours prévu de construire dans les années à venir une ligne Hyperloop qui permettrait de relier Washington et New York en l’espace de 30 minutes, grâce à des capsules pressurisées propulsés dans un tube sous vide, à une vitesse pouvant atteindre une pointe de 1 200 km/h.

« Nous prévoyons de construire des tunnels à bas coût et rapides à creuser pour abriter de nouveaux systèmes de transport à grande vitesse. […] Pour les itinéraires interurbains en ligne droite, tels que New York vers Washington, il est logique d’utiliser des capsules sous pression dans un tunnel dépressurisé pour permettre des vitesses allant jusqu’à environ 965 km/h (alias Hyperloop) », explique un porte-parole.

Une capsule imaginée par Hyperloop One.

Les deux villes sont distantes d’un peu plus de 320 kilomètres à vol d’oiseau. Par la route, dans des conditions de circulation normales, il faut compter près de 4 heures de trajet pour parcourir les quelques 360 kilomètres séparant The Big Apple de la capitale américaine. La mise en place d’un Hyperloop transformerait la géographie de la côte Est des États-Unis.

Reste qu’entre la volonté affichée de la Boring Company de créer un réseau de tubes surélevés ou souterrains sur l’ensemble du territoire américain — ainsi qu’à l’étranger — et la mise en service effective d’un tel projet, il y a un monde. Un monde fait d’obstacles économiques, techniques, juridiques et administratifs. Même si tous les voyants étaient au vert dès demain, il faudrait des années pour construire un tel tunnel.

Un chantier pharaonique

Pour avoir un ordre d’idée, il a fallu 25 ans pour que la ligne à grande vitesse Sud Europe Atlantique, inaugurée début juillet, entre en service. Les étapes à franchir étaient multiples, allant de l’approbation du schéma directeur aux études préalables, en passant par les appels d’offres, les travaux, les débats publics ou encore les procédures administratives. Et tout ça pour un projet en surface et non souterrain.

Même en supposant qu’Elon Musk parvienne à aller deux, trois ou quatre fois plus vite (on peut toujours imaginer que le volontarisme américain, l’implication d’une entreprise privée, la simplicité administrative outre-Atlantique et divers autres facteurs influent positivement sur le calendrier final), il faudra quand même des années pour que la Boring Company donne corps à son rêve.

Une section à l’air libre d’un prototype de tunnel conçu par Hyperloop One.

Or pour le moment, l’entrepreneur américain doit pour l’instant… convaincre les autorités, ce qui est loin d’être le cas : en effet, il s’avère que Washington et Elon Musk n’ont pas tout à fait la même lecture de leurs échanges : si le second a affirmé avoir reçu l’accord oral de l’État pour une ligne Washington – New York, la Maison-Blanche a tempéré ses ardeurs en expliquant simplement avoir eu des échanges prometteurs sur le sujet.

En attendant, les tests autour de l’Hyperloop se poursuivent. Mi-juillet, l’une des sociétés impliquées dans le projet a fait circuler le prototype d’une capsule sur une piste à 309 km/h. Quelques jours plus tard, c’est Elon Musk qui a dévoilé le premier ascenseur de ses tunnels anti-embouteillage. Car la Boring Company ne mise pas que sur l’Hyperloop : elle a aussi en tête un projet pour propulser des voitures.

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