Alors qu'Uber continue de se chercher un patron, une nouvelle affaire vient entacher l'image du service de VTC. À Singapour, l'entreprise a en effet loué consciemment plus de 1 000 voitures défectueuses à ses chauffeurs et a frôlé le drame lorsque le véhicule de l'un d'entre eux a pris feu.

Chez Uber, les problèmes s’enchaînent mais ne se ressemblent pas toujours. Après différentes accusations ces derniers mois, que ce soit au niveau des conditions de travail ou de la personnalité de son ancien — mais peut-être futur aussi — patron, Travis Kalanick, une nouvelle affaire vient entacher la réputation de l’entreprise de VTC.

En effet, d’après le Wall Street Journal, des managers Uber travaillant à Singapour ont acheté 1 000 SUV Honda Vezel afin de les louer — via l’entreprise de location Lyon City Rentals, affiliée à l’entreprise américaine — à ses chauffeurs, en sachant pertinemment que modèle a été rappelé par son constructeur en avril 2016 en raison d’un défaut au sein de son système électrique.

Résultat : en janvier dernier, un chauffeur a vu sa voiture prendre feu juste après avoir déposé un client, aucun des deux n’ayant heureusement été blessé.

Une nouvelle affaire qui aurait pu être évitée

Cet incident aurait donc pu être évité si Uber avait acheté des véhicules non défectueux. L’entreprise a réagi à l’affaire en affirmant : « Dès que nous avons appris qu’une Honda Vezel du service de location Lion City avait pris feu, nous avons pris des mesures rapides pour résoudre le problème, en étroite coordination avec les autorités de transport de Singapour ainsi que des experts techniques.  »

Uber ne reconnaît toutefois qu’à moitié la faute commise en expliquant qu’il aurait pu en « faire plus », avant de rajouter : « Et nous l’avons fait. » L’entreprise a par ailleurs refusé d’indiquer si elle savait que les véhicules loués étaient défectueux. En l’occurrence, Uber a recruté trois experts en interne afin de s’assurer de la réactivité de l’entreprise aux rappels de sécurité des constructeurs et éviter un drame avant qu’une nouvelle voiture ne prenne  feu.

Cette histoire pourrait freiner le développement d’Uber en Asie, où le service local Grab domine le marché puisqu’il représente près de 95 % des courses VTC et 71 % des chauffeurs privés dans la région. Dans le même temps, Uber doit faire face aux réticences  de certains pays comme le Japon, la Corée du Sud ou encore Taïwan, qui doutent de la légalité de l’application — des doutes qui concernent aussi l’Europe, où l’entreprise américaine est bien plus établie.

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