Le créateur du casque de réalité virtuelle Oculus Rift, qui a quitté Facebook fin mars, vient de verser 2 000 dollars à ReVive, un logiciel qui permet aux possesseurs du casque concurrent HTC Vive de jouer à des titres exclusifs à Oculus.

La dernière donation en date de Palmer Luckey, le controversé prodige de la réalité virtuelle qui a quitté Facebook en mars dernier, doit-elle être perçue comme une forme de rancœur à l’égard de son ancien employeur et de sa propre création, le casque de réalité virtuelle Oculus Rift ?

Le jeune homme qui envisage de se reconvertir dans les technologies de surveillance, vient de faire don de 2 000 dollars à la campagne en cours pour soutenir ReVive, un outil qui permet de jouer à des jeux exclusifs à l’Oculus Rift  sur le casque concurrent, le HTC Vive.

Le geste n’est visiblement pas ponctuel puisque le système de financement de la page Patreon consiste à verser les sommes promises chaque mois, comme l’explique Jules Blok, créateur de ReVive : « Grâce à [la plateforme] Patreon, je peux obtenir un revenu mensuel sans avoir à consacrer du temps à la recherche de boulots en freelance. […] L’objectif principal est de couvrir les coûts de développement de ReVive. » L’argent récolté lui sert notamment à acheter les nouveaux titres Oculus.

palmer luckey

« Merci Palmer ! »

C’est sur cette même page de financement que Jules Blok a remercié Luckey dans une publication dédiée intitulée «  Merci Palmer pour la promesse de 2 000 $ ! » : « Comme certains d’entre vous le soupçonnaient, le soudain bond dans la valeur des promesses de financement est bien dû à Palmer Luckey. Je tiens à le remercier pour [sa donation] et pour tout ce qu’il a fait pour le monde de la VR en général. »

Jules Blok précise sur sa page pourquoi le montant total obtenu (1 983 dollars) reste inférieur à la donation de Palmer Luckey : «  En raison de la part touchée par Patreon et des taxes, le montant total reçu est inférieur à la promesse de Palmer. Il suffit de quelques donations supplémentaires pour atteindre la somme complète. »

Lancé en 2016, Revive avait déjà amené Oculus à manifester son opposition par le passé : « Il s’agit d’un piratage que nous n’approuvons pas. Les utilisateurs doivent s’attendre à ce que les jeux piratés ne fonctionnent pas indéfiniment. Les mises à jour régulières du logiciel, des jeux, des applis et de notre plateforme ont de grandes chances de [mettre fin] à ce piratage. » ReVive s’est vu bloquer l’accès à Oculus peu après, mais la situation a depuis été rétablie, et Oculus travaillerait même à améliorer la compatibilité de telles extensions, à en croire les propos tenus par un responsable de l’entreprise.

Départ ou licenciement ?

Quoi qu’il en soit, Facebook semble déjà suffisamment occupé par les demandes de plus en plus gourmandes de ZeniMaxvainqueur de sa première procédure juridique contre Facebook/Oculus — pour se soucier d’une éventuelle revanche de Palmer Luckey.

La chute du créateur de l’Oculus Rift a commencé en septembre 2016, après la révélation de son don de 10 000 dollars au groupe Nimble America, qui menait campagne pour Donald Trump à grand renfort de messages racistes et misogynes sur les réseaux sociaux.

Facebook est resté flou sur les conditions de son départ, qu’il a annoncé fin mars 2017 en des termes laconiques : « Palmer nous manquera beaucoup. Son héritage va bien au-delà d’Oculus. Son esprit inventif a permis de lancer la révolution moderne de la VR et de construire cette industrie. Nous le remercions de tout ce qu’il a fait pour Oculus et lui souhaitons le meilleur pour la suite. »

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