Dans le quartier de Brownsville, à Brooklyn, les habitants peuvent contribuer aux projets municipaux en envoyant leur suggestions par SMS. Une méthode participative qui a fait ses preuves depuis son lancement il y a un an.

À Brownsville, un quartier très pauvre de Brooklyn, les habitants ont une façon bien à eux de contribuer à la vie de leur quartier : ils transmettent leurs suggestions et demandes à la municipalité par SMS. Quand certains proposent des initiatives culturelles, d’autres préfèrent demander l’ouverture d’une banque ou d’un fast-food.

Cette initiative de consultation directe des habitants n’est pas totalement nouvelle : on connaît notamment, à Paris, le budget participatif. Mais son originalité tient au support d’utilisation : les smartphones. Concrètement, dans les stations de métro, les rues ou sur la devanture des commerces de Brownsville, des messages incitent les habitants à s’investir en leur posant des questions : « Qu’aimeriez-vous voir à cet emplacement ? », « Il fait sombre ici… comment rendre [cette rue] plus sécurisée et chaleureuse ? ».

Une fois que l’habitant(e) a envoyé sa suggestion, il ou elle reçoit une réponse qui lui permet ensuite d’être informé(e) sur sa progressions ou les activités organisées à ce sujet.

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Une plus grande accessibilité

Le fait de recourir aux SMS permet d’impliquer un maximum de personnes, sans nécessiter d’accès à Internet, comme l’explique Giovania Tiarachristine, très impliquée dans la vie de quartier : « L’idée de réunir des informations par SMS est excellente — elle les rend accessibles, particulièrement pour celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre à des réunions de groupe parce qu’ils sont obligés de rester chez eux ou font des heures supplémentaires. Il est impossible d’ériger un tel plan en s’appuyant uniquement sur une implication en ligne. »

Débutée en juillet 2016, l’initiative a fait ses preuves en près d’un an d’existence. Les retours de plus de 500 habitants sur les infrastructures manquantes, recueillis pendant 6 mois, ont été retranscrits sur une carte en ligne, sur laquelle s’appuie le département new-yorkais en charge du logement et de l’aménagement (le HPD). Le système fonctionne notamment à l’aide de la plateforme en ligne coUrbanize.

Le recours des municipalités aux données est appelé à s’accroître au fil des années, alors que les villes commencent déjà à se réinventer pour lutter contre le réchauffement climatique ou le manque d’espace. Karin Brandt, co-fondatrice de coUrbanize, en sait quelque chose : «  Il devient de plus en plus banal pour les villes d’intégrer la tech et les données dans leurs projets de développement. Elles ont désormais beaucoup d’intérêt pour la gestion des données. »

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