Les objets en lévitation sont à Kickstarter ce que les ordinateurs métalliques sont à Apple : une obsession design. Pour une centaine d'euros, ce n'est pas une platine, ni une lampe, ni une enceinte, mais un diffuseur que vous pourrez suspendre dans les airs. Mais de quoi cette lévitation-mania est-elle le nom ?

Les objets plus ou moins volants sont certes étonnants — du moins, ils l’étaient au début — mais demeurent l’innovation la plus scélérate de l’année passée, où ils ont été littéralement partout.

Nous les avons vus chez les grands constructeurs asiatiques et surtout chez les startups éphémères qui pullulent grâce aux plateformes de crowdfunding. Et en cela, la tendance est intéressante : elle est davantage représentée dans le financement participatif que du côté des projets venant des grands acteurs.

La lévitation serait-elle une tendance sur laquelle la demande dépasserait l’offre ?

Si l’on se penche sur les objets en lévitation mis en vente sur Kickstarter et concurrents, leur succès est souvent assuré rapidement, même lorsqu’il s’agit de produits coûteux comme la fameuse platine volante dont nous vous parlions il y a quelques mois. De facto, la demande commence à dessiner l’offre : alors qu’il y a quelques années, la lévitation n’était aucunement un sujet de design dans la tech, aujourd’hui, sans que la technique électromagnétique associée n’est évoluée, c’est un atout marketing qui fait naître des startups.

Actuellement, c’est donc un diffuseur d’encens volant, venu de Chine, qui passionne les backers. Et si l’on se penche sur le produit, il a peu d’intérêt technologique (voire aucun) en dehors de sa capacité à se suspendre au dessus de son socle sans le toucher, ce qui n’est pas vraiment un exploit technique.

Mais à la différence de nombreux autres produits volants ayant attiré l’attention  sur le web, le diffuseur de Yun — la société chinoise en question — assume son intérêt quasi nul. Là où les enceintes volantes devaient être plus fidèles selon leur vendeur, sans aucune logique technologique à cela, le diffuseur qui a déjà réuni 10 % de son budget total en une semaine est lui une plus honnête interprétation de la tendance : c’est un diffuseur mais il vole.

À l’évidence, cela ne sert à rien. Mais n’est-ce pas la finalité d’un objet que l’on veut volant alors qu’en réalité, ça ne change rien à son utilisation ?

Tendance esthétique plus que technologique, rendons à la lévitation son rôle premier :  être magique aux yeux des enfants, étonnant à ceux des badauds et puis c’est tout, et c’est déjà pas mal. La technologie a aussi le droit d’être seulement belle, à condition que cela soit clair pour tout le monde. Alors chers constructeurs et chers startups qui vous engouffrez dans le business du volant, un conseil : gardez les pieds sur terre.

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