Percuté en pleine nuit par une attaque criminelle, Manchester tente de se remettre d'une sombre soirée. Le Facebook Safety Check, malheureusement familier des Français ainsi qu'un hashtag #RoomForManchester ont fait leur apparition hier sur des réseaux sociaux sous le choc.

Douze années que l’Angleterre n’avait pas été touché par un attentat d’un tel souffle meurtrier. Ce matin, ce sont 22 décès qui étaient dénombrés par les autorités, et plus d’une cinquantaine de blessés. La soirée avait pourtant tout d’un moment de liesse adolescente, caractérisée par une joie propre aux concerts de la divertissante pop d’Ariana Grande, avant de basculer dans l’horreur, sous les yeux de 20 000 personnes.

Vers 22h30, une déflagration aurait été entendue à la fin du concert de la chanteuse américaine. Sur Twitter, on lit que l’explosion aurait démarré à l’extérieur de la salle, ou bien dans le hall d’accueil : les versions se précipitent et s’emmêlent, jusqu’à étirer toute la nuit durant la confusion qui règne sur l’attaque. Ce n’est que ce matin que Ian Hopkins, chef de la police local, a finalement précisé qu’il s’agissait d’une attaque commise par un homme seul, portant sa charge explosive à même le corps. L’assaillant est mort sur le coup, explique Scotland Yard.

Toute la nuit, #MissinginManchester a ainsi réuni des appels de détresse de parents et  enfants à la recherche de leurs proche. Encore ce matin, de nombreux fans manquent à l’appel, sans qu’il ne soit clair s’il s’agit de victimes de l’attaque ou si la cohue a séparé les familles.

Pour certains d’entre eux, parfois très jeunes, c’est sur #RoomforManchester que la solidarité s’est organisée dans l’urgence. De nombreux locaux ont offert, à la manière des parisiens après l’attentat du Bataclan, un toit pour la nuit et une ligne téléphonique pour joindre autorités et proches dans un climat d’horreur, bien loin de la joie festive d’un refrain d’Ariana Grande.

« Je suis à 5 minutes de l’Arena avec un canapé, un sol, des couvertures et du thé pour tous ceux qui en ont besoin #RoomforManchester »,« Canapé, couvertures, théière, à 3 minutes du la station Deansgate-Castlefield pour tous ceux qui ont besoin d’aide ou d’un endroit où dormir  »… les messages de soutien ont afflué sur Twitter, certains utilisateurs remerciant à leur tour les habitants qui offraient leur aide matérielle.

Un concert pour adolescents et enfants

Mais en dehors des considérations strictement policières et sécuritaires, l’attaque a propagé une onde de choc émotionnelle dans l’ensemble de Manchester. Dans cette grande agglomération du nord de l’Angleterre, berceau de la pop européenne, l’attaque d’un concert de pop juvénile apparaît comme un terrible symbole. Réunissant des enfants et de jeunes adolescents, le concert de cette chanteuse de Disney Channel apparaît comme une cible particulièrement cynique pour l’assaillant.

 

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