Si Orange, SFR, Bouygues et Free communiquent souvent sur la couverture de la population en 4G, qu'en est-il de la couverture du territoire ? Les contrôles de l'Arcep ne sont pas très flatteurs pour les opérateurs.

On peut avoir tendance à l’oublier : en France, la 4G n’est pas qu’une affaire de déploiement d’antennes-relais, de lancement d’offres et de promesse de gros débits. C’est aussi une impitoyable bataille de communication entre les quatre principaux opérateurs de téléphonie mobile. Cette rivalité se voit par exemple au niveau de la couverture de la population en 4G.

Assez régulièrement, Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile donnent donc des nouvelles de la progression de leur réseau.

Le 18 janvier par exemple, Bouygues Telecom déclarait couvrir 85 % de la population au 1er janvier. Orange répliquait peu après en annonçant 88 %. Trois jours plus tard, SFR dévoilait un taux de couverture de 81 %. Free, lui, a attendu la présentation de son chiffre d’affaires pour le premier trimestre 2017 pour annoncer qu’il a dépassé les 80 % de la population couverte.

antenne4G

Mais il y a une information vis-à-vis de laquelle les opérateurs de téléphonie mobile se font nettement plus discrets : c’est celle de la couverture du territoire en 4G. Rien de bien surprenant : les taux qu’atteignent actuellement Orange, Bouygues Telecom, SFR et Free Mobile sont nettement moins flatteurs et peinent de facto à traduire les efforts qu’ils font pour déployer la 4G.

C’est donc en direction de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes qu’il faut se tourner. En effet, le régulateur fait régulièrement le point sur le respect des obligations issues des autorisations d’utilisation de fréquences des opérateurs 4G. Ce suivi vient de bénéficier d’une mise à jour en date du 19 mai, avec des statistiques s’arrêtant à avril 2017.

On apprend ainsi qu’Orange couvre 89 % de la population et 55 % du territoire. Il fait jeu égal, à quelques pourcents près, avec Bouygues Télécom (88 % de la population, 58 % du territoire) et SFR (88 % de la population, 59 % du territoire). Free Mobile est un peu en retrait, avec 80 % de la population et 45 % du territoire. Un retard qui s’explique : l’opérateur est arrivé tardivement dans la téléphonie mobile.

Quant au décalage entre la couverture de la population et celle du territoire, c’est simple à comprendre : il est plus aisé pour un opérateur d’apporter de la 4G dans une ville, qui occupe une superficie relativement réduite, qu’en rase campagne où la densité est beaucoup plus faible. En se focalisant sur Paris par exemple, un opérateur peut très vite atteindre 2 millions d’habitants intra-muros.

Paris aube

Comme il n’y a pas de répartition uniforme des Français et des Françaises sur le territoire, les opérateurs se concentrent en priorité, et assez naturellement, sur les zones densément peuplées. Ce qui explique pourquoi on observe un tel écart. Mais celui-ci est appelé à se résorber progressivement avec le temps. En tout cas, l’Arcep entend y veiller. Elle déclare ainsi :

« Les opérateurs déclarent désormais couvrir entre 80 et 89 % de la population en 4G. Toutefois, aucun ne couvre à ce jour plus des deux tiers du territoire avec cette technologie : l’Autorité veillera donc à ce que les opérateurs maintiennent leurs efforts afin que la 4G bénéficie au plus grand nombre sur l’ensemble du territoire ». Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free Mobile sont prévenus.

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