Après une excellente année 2016, les revenus du jeu mobile poursuivent leur progression en 2016. Et tout le monde veut sa part du gâteau à 46 milliards de dollars.

Dans son rapport du marché global du jeu vidéo, l’entreprise d’étude Newzoo estime que 2,2 milliards de joueurs pourraient rapporter 108,9 milliards de dollars de revenus en 2017. Ce chiffre représente une augmentation de 7,8 milliards de dollars, soit 7,8 %, par rapport à l’année précédente.

Parmi les plus nettes progressions du marché, celle du mobile est probablement la plus impressionnante. Les revenus des jeux smartphone et tablette augmentent de 19 % par rapport à 2016, pour s’établir à 46,1 milliards de dollars, ce qui représente 42 % du marché global. Il est ainsi estimé qu’en 2020 les jeux mobile représenteront plus de la moitié du marché total des jeux.

La Chine, première consommatrice de jeux mobile

La Chine représente à elle seule un quart des revenus globaux du marché. Elle connaîtra, au même titre que la région de l’Asie-Pacifique, la plus forte croissance dans ce domaine selon Newzoo. L’Asie-Pacifique générera déjà 51,2 milliards de dollars cette année, dont 27,5 milliards issus de la Chine seule. Ce chiffre dépasse les estimations faites pour les Etats-Unis qui sont de 25,1 milliards de dollars.

Cette incroyable expansion, la Chine la doit donc à ses revenus des jeux mobile, avec notamment les excellents chiffres des entreprises Tencent, numéro un mondial du secteur, et NetEase. Les revenus de jeux mobiles de ces deux sociétés ont totalisé un chiffre d’affaires de 7,7 milliards de dollars en 2016.

Une monétisation toujours plus forte

Dans une analyse de la société App Annie parue au mois d’août, l’étude démontrait que le chiffre d’affaires moyen par utilisateur (ARPU) a augmenté de manière significative dans certains des principaux marchés du jeu du monde.

« En 2014, les consommateurs dépensaient plus pour les apps de jeux que pour les jeux consoles et PC/Mac. Aujourd’hui, le jeu mobile renforce encore son avance. En 2016, son chiffre d’affaires dépassait de 25 % celui des jeux PC/Mac et de 100 % celui des jeux sur console » détaille l’étude.

Parmi les meilleurs élèves, on retrouve le Japon. En moyenne, les titres figurant au top 30 des jeux de l’archipel ont monétisé deux fois plus efficacement que le top 30 Etats-Unis. Ce sont les RPG qui rafflent tous les prix, en rapportant environ deux tiers du chiffre d’affaires du top 30 japonais.

Les plus grands éditeurs à l’assaut du mobile

Avec des sommes aussi mirobolantes, il y a de quoi faire tourner des têtes, et surtout inspirer les entreprises. Il n’aura échappé à personne que les plus grands éditeurs de jeux vidéo comme Ubisoft, Blizzard ou encore Nintendo se sont lancés dans la production de jeux mobile.

Le succès fulgurant de Pokémon Go durant l’été 2016, qui a généré 800 millions de dollars d’achats intégrés en 110 jours (fin 2016, ce chiffre avait dépassé les 950 millions), n’a été que la confirmation d’une nécessité pour les entreprises de se procurer le plus vite possible leur part du gâteau.

La société AppAnnie analyse les résultats de Pokémon Go

N’ayant pas nécessairement le bagage suffisant pour pénétrer efficacement le marché, les éditeurs de jeux console et PC font appel aux petits génies du mobile pour les aider à gagner leur place. Activision a ainsi fait appel à King (Candy Crush) pour développer une version mobile convaincante de Call of Duty.

De son côté, Ubisoft tente de harponner un gros poisson : la Chine. Le studio souhaite en effet mettre un pied dans ce très juteux marché avec sa franchise Might & Magic Heroes en juin prochain. Et pour ce faire, l’entreprise ne fait pas appel à n’importe qui, puisqu’elle s’est associée avec Tencent, le numéro un dont nous parlions plus haut.

Les meilleures ventes mobiles

Les applications de jeu sont également celles qui dominent le classement en termes de chiffres d’affaire sur les app stores, avec 75 % du CA total pour iOS et 90 % du CA total pour Google Play en 2016. Sur App Store iOS, la sous-catégorie Jeux de rôle a généré à elle seule la moitié de la croissance de chiffre d’affaires. On évitera de s’épancher encore des heures sur Pokémon Go, si ce n’est pour dire que son succès a beaucoup joué dans la balance.

En Europe, ce classement est légèrement différent si on l’analyse sous le prisme des revenus. Ici, les éternels Clash of Clans, Candy Crush Saga et consorts reprennent leurs droits sur Pokemon Go.

Enfin, le succès prometteur de la Switch de Nintendo semble asseoir de manière durable cette tendance pour les machines nomades. Une tendance que devront prendre en compte les constructeurs dans leur prochains projets, car celle-ci semble décidément inarrêtable.

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