Le Parlement allemand a adopté une loi qui autorise les constructeurs automobiles à tester leurs voitures autonomes sur les routes du pays, sous certaines conditions. Un geste qui devrait faciliter l'essor de cette technologie dont la première commercialisation pourrait avoir lieu en 2020.

Les constructeurs automobiles allemands peuvent se réjouir : l’Allemagne a adopté, ce vendredi 12 mai, une loi qui les autorise à tester leurs voitures autonomes sur les routes du pays.

Élaboré dès l’an dernier, ce texte définit leurs conditions de circulation : dans l’immédiat, elles nécessitent donc une présence humaine au volant, pour s’assurer qu’un chauffeur puisse reprendre le contrôle en cas d’urgence. À l’exception de cette précaution de sécurité logique, les « chauffeurs » de supervision désignés par les constructeurs peuvent, dans les conditions de l’essai, consulter leur téléphone au volant lorsque la voiture est en train de conduire, afin justement de tester son efficacité.

Une boîte noire est aussi obligatoire à bord pour déterminer quelle partie du trajet a été réalisée de manière autonome ou par la voiture. La nuance est essentielle pour déterminer les responsabilités en cas d’accident : elle relève du conducteur s’il était en train de conduire et du constructeur automobile si elle est due à une défaillance du véhicule.

« La plus grande révolution de mobilité depuis l’invention de la voiture »

Cette question de la responsabilité était encore à trancher en février 2015, quand l’Allemagne avait créé un comité pour discuter des points majeurs en vue de la création d’une loi sur les voitures autonomes. L’an dernier, Angela Merkel avait promis aux constructeurs automobiles qu’ils pourraient bientôt tester leurs voitures sur les routes du pays, affirmant : « [Une loi à ce sujet] ne constitue pas un sujet de désaccord au sein de la coalition. »

L’Allemagne attend beaucoup des voitures autonomes : son ministre des Transports,  Alexander Dobrindt, y voit la « plus grande révolution en matière de mobilité depuis l’invention de la voiture ». Différents constructeurs nationaux — Volkswagen, BMW et Daimler — ont déjà investi beaucoup d’argent et d’effort dans cette technologie. La France et l’Allemagne ont par ailleurs annoncé, en février 2017, leur intention de créer un site expérimental transfrontalier dédié aux essais de la voiture autonome, situé entre Metz et la Sarre.

Signe que l’Allemagne s’aventure sur un terrain technologique en pleine mouvance et donc susceptible au changement, la loi sera révisée en 2019 pour se conformer aux éventuels évolutions technologiques observées pendant ces deux années d’essai. Hasard du calendrier, l’adoption de la loi se fait alors que l’État de New York vient d’ouvrir ses routes aux voitures autonomes et que Peugeot s’apprête à tester sa technologie à Singapour.

Le calendrier de commercialisation des voitures électriques reste difficile à établir avec précision : si la plupart des entreprises misent sur l’année 2020, certains, comme Elon Musk, font preuve de plus d’optimisme. Le patron de Tesla est en effet convaincu que les véhicules seront vendus au public dès 2019.

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