Poursuivi par Apple depuis le début de l'année, Qualcomm a décidé de riposter devant les tribunaux. L'équipementier américain accuse notamment son partenaire de brider les composants qu'il fournit pour l'iPhone 7.

Rien ne va plus entre Apple et Qualcomm. Autrefois associés, le premier faisant appel aux composants du second pour équiper ses smartphones, au point d’être devenus au fil du temps des partenaires historiques, les deux géants américains se retrouvent aujourd’hui face-à-face devant les tribunaux.

Et comme toujours, ce sont des raisons de propriété industrielle qui ont conduit les deux entreprises à croiser le fer judiciaire.

C’est en début d’année que le conflit a éclaté, lorsque la firme de Cupertino a déposé plainte contre Qualcomm en lui réclamant pas moins d’un milliard de dollars au motif que des royalties — c’est-à-dire des sommes dues à l’inventeur lorsque des éléments brevetés sont utilisés par un tiers — ont été réclamés pour des technologies qui n’ont rien à voir.

L’action menée par Apple a très vite pris une dimension internationale avec le dépôt de deux recours en Chine, le premier accusant l’équipementier de téléphonie mobile d’avoir abusé de son influence dans l’industrie des puces tandis que le second affirmant qu’il n’a pas tenu ses promesses sur les « brevets essentiels », pour lesquels des tarifs préférentiels sont attendus du fait de leur importance critique.

Et ce qui devait arriver arriva : attaqué par Apple, Qualcomm a décidé de riposter. Dans un communiqué, le groupe détaille les différents arguments l’ayant conduit à mobiliser à son tour son département juridique. Parmi eux figure le fait que ses puces destinées à l’iPhone 7 n’ont pas été utilisées complètement, ce qui fausserait l’impression du consommateur sur leurs capacités réelles.

Problème de modem

« Apple a choisi de ne pas utiliser les performances complètes des modems Qualcomm dans l’iPhone, faussant la représentation de l’écart entre l’iPhone utilisant le modem de Qualcomm et ceux utilisant les modems fournis par des concurrents », écrit l’entreprise, qui ajoute qu’elle a été menacée par Apple de faire la moindre comparaison publique sur la performance supérieure d’un iPhone équipé par Qualcomm.

L’enjeu des modems figurant dans l’iPhone 7 est connu. Déjà en octobre 2016, il avait été constaté que les smartphones de la firme de Cupertino utilisant un modem Intel sont moins bons que ceux passant par un modem Qualcomm. Manque de chance pour les Français, le marché hexagonal est alimenté par des iPhone 7 embarquant un modem Intel.

Les autres griefs retenus par Qualcomm sont les suivants : Apple aurait enfreint et mal interprété des accords conclus avec Qualcomm, entravé les contrats passés avec des partenaires tiers fabriquant l’iPhone et l’iPad, et encouragé les actions réglementaires contre les activités de Qualcomm dans diverses juridictions du monde entier en déformant les faits et en faisant de fausses déclarations.

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