En cas d'apocalypse, pourrions-nous laisser une trace de notre passage ? Un gigantesque coffre-fort, situé dans le désert polaire norvégien, stocke déjà des ressources alimentaires. Les États qui le souhaitent peuvent à présent y sauvegarder aussi leurs données.

Imaginez un bunker géant, perdu quelque part dans un désert glacial, destiné à assurer la sécurité alimentaire mondiale. Cette installation anti-apocalypse existe déjà, et il faut se rendre dans l’archipel de Svalbard, à mi-chemin entre la Norvège et le pôle Nord, pour la trouver. Baptisé Global Seed Vault, ce coffre-fort stocke depuis fin février 2017 un échantillon de 50 000 graines différentes, venues du monde entier. L’objectif ? Stocker les plus importantes ressources alimentaires de la Terre, alors que l’évolution future du climat est incertaine.

Depuis deux semaines, cette chambre forte d’un genre particulier a ouvert une nouvelle section, World Artic Archive, consacrée à l’archivage et la sauvegarde des données importantes des États. Situé dans une mine de charbon abandonnée, proche de la Global Seed Vault, le coffre-fort doit accueillir tous les éléments que les pays jugent utiles pour laisser une trace de leur histoire et leur culture.

L’analogique, plus pérenne en cas d’apocalypse

La gestion de cette nouvelle aile est assurée par l’entreprise norvégienne Piql, qui convertit les données numériques pour les conserver sur des films analogiques photosensibles, à plusieurs couches. Le procédé doit permettre de conserver les informations pour une durée de 500 à 1 000 ans. Selon les informations recueillies par Gizmodo, le processus de transformation des données serait comparable au système des QR codes.

Crop Trust

Les pays qui en font la demande peuvent ainsi télécharger des contenus audiovisuels vers les serveurs de Piql, qui s’occupe de les transférer sur ce film spécial. Celui-ci est ensuite placé dans une boîte sécurisée, stockée à l’intérieur de la voute.

Si une catastrophe venait à modifier subitement le devenir des humains sur Terre, le stockage des données de manière analogique pourrait être plus pérenne que le format numérique. En effet, aucun codec, aucune mise à jour ou aucun système d’exploitation ne seraient nécessaires pour déchiffrer les informations contenues dans ce coffre-fort.

Deux pays ont déjà stocké des vestiges historiques

À plus court terme, l’arche pourrait servir aux gouvernements afin de stocker des données précieuses à l’abri des regards indiscrets. Pour l’heure, seuls le Mexique et le Brésil ont sauté le pas. Le premier a intégré des archives historiques, témoignages de la période Inca, tandis que le second y a sauvegardé sa constitution.

Quand au dépôt de graines, il a déjà été effectué par le Bénin, l’Inde, le Pakistan, le Liban, le Maroc, les Pays-Bas, les États-Unis, le Mexique, la Bosnie-Herzégovine, la Biélorussie et le Royaume-Uni. Au total, plus de 900 000 types de graines différents cohabitent dans la Global Seed Vault.

Ce n’est pas la première fois que les humains envisagent de recourir à la technologie en vue de laisser une trace de leur passage. L’année dernière, un groupe de chercheurs américains planchait sur la possibilité de stocker 360 To pendant 13,8 milliards d’années sur un support tenant dans une main. Plus facile à transporter qu’un énorme coffre-fort encerclé par la glace, mais sans doute plus fragile aussi.

Rendez-vous par ici pour une visite interactive à l’intérieur du bunker.

Partager sur les réseaux sociaux